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    À la Une: la lutte ne faiblit pas en Algérie

    Des milliers d'Algériens ont manifesté à Alger pour le 25e vendredi consécutif, le 9 août 2019. RYAD KRAMDI / AFP

    Avec tout d’abord ce dessin de Dilem dans le quotidien Liberté. On y voit un homme qui vient d’égorger un mouton et qui brandit une pancarte où l’on peut lire : « silmiya », pacifique, l’un des slogans criés par les manifestants qui ont encore envahi les rues du pays vendredi pour la 25e fois consécutive… Et ce commentaire au-dessus du dessin : « un Aïd el-kebir pas comme les autres… »

    En effet, cette fête du mouton est placée sous le signe de la contestation en Algérie. Et les manifestants sont toujours aussi nombreux et déterminés, malgré la chaleur, relève le site d’information TSA : « le mouvement populaire est en passe de réussir l’épreuve la plus difficile à laquelle il fait face depuis son début il y a bientôt six mois, celle des vacances et de la canicule aoûtienne. Même sous 40 ou 45 degrés à l’ombre, les Algériens continuent à sortir dans la rue pour porter la même revendication qu’au premier jour, soit le démantèlement du système politique en place. (…) Cela augure de la reprise des manifestations monstres dès la rentrée et le retour de la fraîcheur, poursuit TSA. En résistant à toutes les épreuves, notamment la canicule des deux premiers vendredis d’août, le hirak a définitivement montré son invincibilité, ne laissant guère le choix au pouvoir qui voit ses solutions rejetées systématiquement et par la rue et par la classe politique. »

    Un mouvement qui va encore durer…

    « Le long souffle de la protestation », renchérit El Watan. « Le hirak a résisté aux aléas du temps, de la période des vacances et du climat. (…) Il se poursuit sereinement et pacifiquement. Personne ne pouvait miser, le 22 février dernier, pointe le journal, que ce mouvement allait durer aussi longtemps. D’un rejet du '5e mandat', exprimé lors du premier vendredi de protestation, les Algériens sont passés à un rejet de tout le système. Dans la foulée, ils ont fait annuler à deux reprises l’élection présidentielle (le 18 avril et le 4 juillet). Aujourd’hui, ils ne sont pas prêts, selon toute vraisemblance, d’accepter un simple 'remodelage du système' avec le changement de sa façade. Alertes et plutôt bons élèves, ayant apparemment tirés les leçons du passé, ils ont pu résister aux multiples manipulations et manœuvres dont l’objectif était d’affaiblir ce mouvement populaire. »

    Un pouvoir sourd

    On revient à Liberté qui s’agace dans son éditorial : « faut-il inventer un registre linguistique spécifique pour que les tenants du pouvoir puissent comprendre le langage pourtant clair et simple du peuple ? À moins d’être 'sourd', rien ne peut justifier, dans le contexte actuel et la conjoncture régionale, leur entêtement à vouloir contourner la contestation par des manœuvres 'vieux modèle' et en versant dans le populisme primaire. L’Algérien lambda, pour avoir subi leur politique inhumaine pendant des années, sait déchiffrer leurs desseins. Et ils continuent sur la même voie, avec les mêmes méthodes, les seules d’ailleurs qu’ils savent appliquer, dans l’espoir, non pas comme avant, de faire taire les voix discordantes, mais de sauver quelque meuble de leur système en faillite. »

    Et dans le même temps, « le panel de dialogue tâtonne… », constate Le Matin. « Ce 25e vendredi dans la plupart des régions d’Algérie, les protestataires ont malmené ce panel de dialogue et ont catégoriquement refusé sa médiation qu’ils considèrent fomentée par le président par intérim Abdelkader Bensalah pour mener des consultations sur les modalités de la future présidentielle. »

    Censurés sur le net !

    Enfin, plusieurs sites d’information dénoncent la censure dont ils sont l’objet de la part des autorités…

    « L’un après l’autre, les accès aux journaux électroniques sont bloqués », s’insurge Algérie-Focus. Impossible en effet de se connecter désormais en Algérie sur des sites comme TSA, Maghreb Emergent, Le Matin, Algérie 360°, ou encore ObservAlgérie, autant de sites que nous citons régulièrement dans cette revue de presse.

    ObservAlgérie qui crie au scandale : « l’équipe d’ObservAlgérie est indignée par cette censure et dénonce une atteinte grave à la liberté de la presse, à la liberté d’expression et à la liberté d’entreprendre. Le pouvoir a eu recours à une méthode radicale digne des régimes dictatoriaux. L’Algérie rejoint ainsi, déplore encore le site, une liste de pays dictatoriaux, habitués à ce genre de pratiques liberticides, à l’image de la Corée du Nord, de la Chine, de l’Égypte et de l’Arabie Saoudite. »

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