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    Caster Semenya: «Mon silence ne signifie pas que j'accepte la décision»

    La Sud-Africaine Caster Semenya. REUTERS/Athit Perawongmetha

    La longue bataille judiciaire qui a opposé la fédération internationale d’athlétisme à l’athlète sud-africaine Caster Semenya a pris fin il y a deux semaines. La médaillée olympique du 800 mètres ne pourra pas prendre part aux Mondiaux de Doha en septembre et défendre son titre de championne du monde. En cause, son taux de testostérone, jugé trop élevé par les instances de l’IAAF. La championne sud-africaine prenait la parole publiquement pour la première fois la semaine dernière à Johannesburg depuis cette décision. L’occasion pour la championne de revenir avec notre correspondant, Noé Hochet-Bodin, sur ces derniers mois, sur et en dehors de la piste.

    RFI : Caster Semenya, vous avez été assez discrète et silencieuse depuis quelques semaines, depuis la bataille judiciaire qui vous a opposée à la fédération internationale d’athlétisme. Comment avez-vous traversé cette période, personnellement ?

    Caster Semenya : Mon silence ne signifie pas que j’accepte la décision. Je n’ai jamais été quelqu’un qui parle beaucoup en public d’habitude. Mes actions valent plus que mes paroles. Je ne peux pas trop m’exprimer sur l’affaire qui m’oppose à l’IAAF (fédération internationale) car c’est une question juridique.

    Avez-vous, à l’heure actuelle, une idée précise de vos futures batailles judiciaires face à la fédération internationale ?

    En termes de bataille judiciaire, je ne peux rien dire pour le moment. Ce que je peux vous dire en revanche, c’est que je suis en pleine forme physique, je fais mes courses de mon côté. J’échange beaucoup avec mes avocats. On progresse bien et on croit en notre cause. Pour ce qui est de moi en tant que cliente, on m’a conseillé de rester le plus discrète possible et de me concentrer sur mes entraînements.

    Dans une interview, récemment, vous avez parlé d’une obsession de la fédération internationale d’athlétisme à votre encontre. Qu’est-ce que vous entendez par obsession ?

    Lorsque vous êtes la meilleure coureuse au monde, ils sont obsédés par ce que vous faites. Ils pensent que j’ai un avantage particulier par rapport aux autres. Mais la vie, ça ne fonctionne pas comme ça. S’ils veulent se débarrasser de moi, ils doivent le dire honnêtement. Au lieu de ça, ils trouvent des arguments comme faire des analyses statistiques sur comment mon corps réagit, sur mon physique ou sur mes performances. Ils disent que j’ai un avantage à cause de mon taux de testostérone. Oui, bien sûr que j’en ai un. Et alors ?

    Vous continuez donc à vous entraîner sur l’Afrique du Sud, malgré le fait que vous n’allez pas concourir lors des Mondiaux de Doha. Est-ce que vous adaptez finalement votre entraînement aux nouvelles règles de la fédération ?

    Ma façon de m’entraîner ne pourra jamais changer. Le seul changement possible, c’est votre intensité dans la préparation avant les compétitions. Je suis une spécialiste du 800 mètres, du 1 500 mètres et aussi du 400 mètres. Je ne peux pas changer d’entraînement comme ça, en fonction de l’évolution des règlementations.

    Dans l’hypothèse où il serait impossible pour vous de recourir sur la distance de 800 mètres, est-ce que vous avez d’autres distances en tête ?

    Je n’ai pas encore décidé quoi que ce soit à propos de changer de sport ou de distance. Je me considère encore comme une coureuse de 800 mètres. Je voudrais en profiter pour dire que mes adversaires sur 800 mètres ne m’ont pas soutenue suite à ma suspension. Selon moi, nous sommes toutes des athlètes. On devrait plutôt se soutenir les unes les autres, dans la défaite ou dans la victoire. Lorsque l’on entre sur la piste, on sait bien qu’il y aura une première et une dernière. C’est le sport. Je ne comprends pas comment on peut faire du sport et ne pas être fair-play.

    Au milieu de toute cette tourmente judiciaire, de toutes ces polémiques, comment, justement, trouvez-vous les ressources pour continuer à vous entraîner, pour continuer à vous battre ?

    C’est très simple. On a tous une famille. Je pense que sans sa famille, on n’est rien. Ma force provient avant tout de l’amour et du soutien de ma famille, de ceux qui m’entourent.

    Pendant ces longs mois de démêlés avec la justice, de différentes décisions de justice, est-ce que vous vous êtes sentie soutenue en Afrique du Sud par les Sud-Africains, mais aussi par les autorités sud-africaines ?

    Dans ce genre de situation, lorsque vous dites que vous soutenez quelqu’un, vous devez le prouver. Si c’est pour se contenter d’écrire un message de soutien sur les réseaux sociaux ou faire une conférence de presse, ça ne signifie rien pour moi.

    Peu à peu, vous êtes aussi devenue une égérie du féminisme dans le sport. Pensez-vous encore qu’aujourd’hui, dans l’athlétisme et le sport en général, les athlètes femmes ne sont pas considérées comme les athlètes hommes ?

    Si les autorités internationales ne veulent pas de femmes dans le sport, il faut qu’elles le disent. Qu’elles ne viennent pas avec leurs inepties et de taux de testostérone anormal. Elles ne catégorisent pas les athlètes masculins, ne disent pas « Oh, cet homme a trop de testostérone ou des jambes trop longues ». Elles disent plutôt : « Waouh, cet athlète est phénoménal, il est le plus talentueux que nous n’ayons jamais vu. » Et si une femme a les mêmes performances, ils vont dire « Ah non, elle doit avoir un avantage quelconque. » Je ne vais pas vous mentir, ce genre de discours me rend folle.

    Depuis toutes ces polémiques et ces batailles judiciaires, vous êtes peu à peu devenue un modèle pour beaucoup de jeunes athlètes en Afrique. Quel est votre message pour eux, aujourd’hui ?

    Ils doivent croire en leurs rêves. Ils doivent suivre leur cœur, peu importe leur passion. Ils doivent y croire et conquérir le monde.


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