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    À la Une: la rencontre entre Macron et Poutine, symbole de la «realpolitik» à la française

    Le président russe Vladimir Poutine a reçu au Kremlin le chef d'État français Emmanuel Macron, avant la finale de la Coupe du monde 2018, le 15 juillet 2018. Sputnik/Alexei Nikolsky/Kremlin via REUTERS

    Emmanuel Macron reçoit son homologue russe aujourd'hui au fort de Brégançon, la résidence d'été des chefs d'État français. Le choix du lieu n'est d'ailleurs pas anodin, estime Le Monde. Il vise « à donner un caractère plus personnel à cette rencontre », signe de « l'amorce d'un réchauffement » entre les deux pays. La date, elle aussi, fait sens, explique le quotidien. « À cinq jours de l'ouverture à Biarritz du G7 réunissant les chefs d'État et de gouvernement des principales puissances économiques démocratiques (...) le président français veut ainsi souligner l'importance de consultations sur les grands dossiers internationaux avec la Russie, sans pour autant la réintégrer dans cette instance dont elle a été exclue en 2014 après l'annexion de la Crimée et son soutien aux rebelles de l'est de l'Ukraine ».

    La Croix abonde dans ce sens : « Lorsque, comme actuellement, les relations internationales sont marquées par l'instabilité et la tension, il est indispensable d'entretenir des canaux de communication avec tous les acteurs. » « Plutôt que de braquer Vladimir Poutine, nous dit Le Courrier picard, Emmanuel Macron tente de garder le contact avec un pays incontournable sur la scène internationale. »« Ainsi fait parfois la maîtresse de maison, ironise Libération. Ne pouvant convier un invité mal vu à la table d'honneur, elle le reçoit quelques jours plus tôt dans son boudoir pour panser sa blessure de vanité. »

    Pour Libération toujours, le dialogue entre les deux pays est « légitime », « tant les dossiers brûlants s’accumulent sur la table de négociation ». Mais il faut rester « lucide ». « Il s’agit en effet de parler dans un cadre intime avec un ennemi déclaré. Poutine ne fait pas mystère de sa volonté de disloquer l’Union européenne ni de son mépris abyssal pour les sociétés démocratiques, à ses yeux décadents et faibles. » Libération prévient : « Se mettre autour d’une table ? Certes. À condition de ne pas passer dessous. »

    À lire également dans Libération ce lundi, le témoignage du coordinateur de l'ONG française SOS Méditerranée

    Nicholas Romaniuk se trouve en ce moment à bord du navire humanitaire Ocean Viking. Avec lui, 356 personnes, sauvées des eaux alors qu'elles tentaient de trouver une vie meilleure en Europe. Mais voilà, l'Europe leur a fermé ses portes. Le navire, parti de Marseille le 4 août dernier, est donc contraint de « naviguer au ralenti dans les eaux internationales, entre Malte et l'Italie, en attendant qu'un pays sûr accepte d'ouvrir un port pour y faire débarquer les rescapés ».

    Nicholas Romaniuk raconte à Libération comment s'organise la vie à bord. Le réveil « avec le soleil car il y a peu d'endroits ombragés » sur le bateau. Les équipes de SOS Méditerranée et MSF « sur le pont vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour préparer à manger, proposer des jeux de cartes, d'échecs, et tenter de distraire les gens, mais aussi de les rassurer ».

    L'écoute est très importante pour ces femmes, ces hommes et ces enfants qui ont traversé l'horreur. Ils « parlent de torture, d'exploitation, de travaux forcés, de violences sexuelles » subis pendant leur périple. Certains doivent d'ailleurs « être pris en charge par des médecins à terre », ou d'autres sont « atteints de maladies chroniques comme le diabète » et « ont besoin d'un traitement adapté ». Malgré tout, Nicholas Romaniuk se veut optimiste. « On espère qu'une solution va apparaître », dit-il, « tout est entre les mains de politiciens en Europe » désormais.

    Et pendant ce temps, en France, une centaine de jeunes migrants se retrouvent à la rue

    Cela se passe à Orléans. La Croix nous apprend que 140 jeunes étrangers, qui viennent d'avoir 18 ans, ne seront plus pris en charge par le Conseil départemental. Avant leur majorité, ils étaient nourris et logés par le département, grâce à leur statut de « mineur isolé étranger ». Mais « depuis 2014, le Loiret a mis fin aux contrats jeunes majeurs, qui permettent de prolonger l'accompagnement, mais aussi le logement des enfants placés, étrangers ou non, au-delà de 18 ans ».

    « Le département a décidé de le remplacer par une aide financière (...), sans droit à hébergement. » Une aide de 450 euros par mois. « Comment voulez-vous qu'ils fassent ? », proteste Marie-Noëlle Vitry, membre de la Cimade, une association d'aide aux immigrés. « Il faut qu'ils trouvent un logement, se nourrissent, s'habillent, paient leur transport et leurs affaires scolaires. »

    Ségolène Petit, du collectif de soutien aux jeunes isolés étrangers du Loiret, est elle aussi très inquiète. « S'ils n'ont pas d'hébergement, il y a un grand risque qu'ils abandonnent l'école et que tout leur parcours d'insertion soit détruit. » Ce risque, Larry y pense chaque jour. Il est venu du Bangladesh pour étudier et « avoir un avenir ». Aujourd'hui, il est le premier de sa classe de CAP agent polyvalent en restauration. « Je n'ai pas besoin d'argent, assure-t-il, j'ai juste besoin de compléter mon diplôme pour pouvoir travailler, mais si je n'ai pas d'endroit où dormir ; comment faire pour aller à l'école ? »

    Encore une question dont la réponse se trouve entre les mains des politiques.


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