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    [Portrait] Hong Kong: Mike, jeune activiste anti-Pékin

    Mike devant le slogan favori des manifestants: «Reprenons Hong Kong. Révolution de notre temps». De quoi irriter Pékin. Aabla Jounaïdi/RFI

    Mike (son nom a été changé), comme beaucoup de jeunes qui peuplent les manifestations à Hong Kong, dénonce l’influence de Pékin sur la politique de ce territoire semi-autonome. Le projet de loi (pour l’heure suspendu) qui aurait permis d'envoyer des personnes sur le territoire chinois pour y être jugées est au centre des protestations. Lassé des méthodes de mobilisation qui ne donnent pas de résultats, il a rejoint les « frontliners », des activistes vêtus de noir qui partent en première ligne face à la police pour la provoquer. Le 28 juillet dernier, il a été arrêté, mais se dit innocent du délit dont la justice l’accuse (participation à une émeute). RFI l’a rencontré sur son campus universitaire.

    De notre envoyée spéciale à Hong Kong,

    Ce 28 juillet, Mike, 22 ans et un physique d’adolescent, repère sur l’application Telegram le lieu de la prochaine action. Il s’agit du bureau de liaison du gouvernement central chinois dans le nord de l’île de Hong Kong. La façade avait été vandalisée quelques jours auparavant par d’autres activistes. Mais ce jour-là, le dispositif policier avait été renforcé.

    « Pour nous, c’était comme les autres jours, raconte le jeune homme. On a acheté quelques bouteilles d’eau, des choses comme ça, et on s’est rendus là-bas, en première ligne des affrontements. Mais d’un coup, il y a eu les gaz lacrymogènes et j’ai perdu de vue mes amis. C’est là que je me suis fait arrêter. »

    Frappé à coups de matraque, puis emmené au commissariat, il passera deux jours à l’hôpital avant d’être relâché. Avec une quarantaine d’autres personnes arrêtées ce jour-là, il encourt 10 ans de prison pour « participation à une émeute ». Une décision qui a provoqué plusieurs manifestations de soutien. Le gouvernement hongkongais rejette les accusations selon lesquelles Pékin influencerait directement ou non la qualification des violences du 28 juillet. Mike est convaincu du contraire.

    « Vingt personnes ont été arrêtées pour les incidents à Yuen Long où un groupe de bandits ont frappé des manifestants, grince-t-il. Aucun n’a été inculpé. Est-ce que la justice a fait son travail ? Clairement, non. Elle a décidé de ne pas les inculper. Ça nous pose des questions et ça nous incite à penser que les juges ne sont pas impartiaux. »

    Nourri aux livres de Rousseau et John Mill sur les libertés politiques, Mike a vu le jour en 1997, l’année où Hong Kong a été rétrocédé au gouvernement chinois par Londres en l’échange d’un statut provisoire spécial. Il sera encore un homme actif lorsque Hong Kong retournera complètement dans le giron chinois en 2047. Une perspective difficile à imaginer pour lui.

    « Même si je sais qu’il y a une forte demande d’ingénieurs en informatique et que je trouverai facilement du travail à Hong Kong, explique Mike, je pense que je ne serai jamais satisfait si je vois se réduire les violations des libertés à Hong Kong. »

    Comme beaucoup de jeunes dans sa situation, Mike avoue sa sympathie pour les partisans de la cause indépendantiste. Ainsi d'Edward Leung, l’un des chefs de file du mouvement, qui purge une peine de six ans pour son rôle dans les violences de 2016. Condamné l’an dernier avec d’autres militants, il a écopé des peines les plus sévères infligées à des manifestants pro-démocratie depuis la rétrocession de Hong Kong.

    De son côté, Kim continuera de manifester, mais seulement aux rassemblements autorisés. En attendant sa comparution devant le juge en septembre prochain.


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