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    À la Une: DJ Arafat, la profanation...

    Funérailles de DJ Arafat au stade Félix Houphouet-Boigny à Abidjan, en Côte d'Ivoire le 31 août 2019. REUTERS/Thierry Gouegnon

    Stupeur et colère ce matin dans la presse ivoirienne et au-delà après la profanation samedi matin de la tombe du chanteur ivoirien DJ Arafat quelques instants après son inhumation.

    « Hommage grandiose et… désolation », s’indigne Fraternité Matin. Il y avait foule, relate le journal, devant le cimetière de Williamsville à Abidjan. Des milliers de fans venus rendre un dernier hommage à leur artiste. « À l’entrée, les premiers fans, vêtus pour la plupart de tee-shirt blanc à l’effigie du disparu attendaient la dépouille, dans une atmosphère de recueillement. "On veut Daïshi, on veut Daïshi (l’un des surnoms de l’artiste)", scandaient, ses fans surexcités, qui n’ont pu avoir accès au cimetière, en raison du caractère privé de l’inhumation. Face à la foule de plus en en plus nombreuse et euphorique, la police a usé de gaz lacrymogène pour la disperser, créant une débandade dans le périmètre. » Mais peine perdue, soupire le journal, « peu après le départ des officiels, des individus surexcités ont profané la tombe du chanteur du coupé-décalé [...]. »

    Tué une deuxième fois

    L’Infodrome raconte la scène surréaliste : « jusqu’à l’inhumation de leur idole, ces chinois (comme on appelle les fans d’Arafat) croyaient qu’il était toujours vivant. Et qu’il s’agissait d’un buzz, comme l’artiste aimait à en faire de son vivant. Et ils ont poussé le bouchon très loin, jusqu’à aller profaner sa tombe pour vérifier si c’était bien lui qui était couché dans le cercueil. Ils ont franchi la ligne rouge, s’exclame L’Infodrome, en enlevant les vêtements de leur idole, couchée, inerte. Comme si cela ne suffisait pas, ils voulaient voir les signes distinctifs de Yorobo, ses tatouages et autres. "C’est pas Yoro, ce n’est pas lui", scandaient les Saint Thomas. Et pourtant, la vérité est là, cruelle et implacable, soupire encore le site d’information ivoirien. Ces fans ont tué Arafat une deuxième fois, malgré les nombreux messages lancés la veille par la Yoro Gang les appelant à rester dignes dans la douleur. »

    « DJ Arafat : ils ont osé te faire ça ! », renchérit L’Intelligent à Abidjan. L’Intelligent qui s’adresse directement au chanteur décédé : « Nous savons bien que cette poi­gnée de violents ne repré­sente pas tous les "Chinois". Ils ne représentent nulle­ment la jeunesse ivoirienne. Ils ne représentent rien, même s’ils se sont arrogé le droit de profaner ta tombe et de te déterrer afin de vé­rifier qu’il s’agissait bien de toi. Instrumentalisés par les théoriciens du complot, ils constituent les éléments d’un futur tragique, d’un re­tour dans les ténèbres de l’ignorance. Ce n’est pas acceptable ! Nous quittons le territoire de l’amour que peuvent te porter des fans même de façon excessive parfois, pour pénétrer dans celui d’un nouvel Enfer. »

    « Fanatisme de pacotille »

    L’indignation est grande également dans la presse de la sous-région…

    « Jusqu’au bout de la bêtise ! », s’exclame Le Pays au Burkina. « Il y a lieu de s’interroger sur l’avenir de la Côte d’Ivoire, affirme le journal, où l’on semble avoir atteint le dernier sous-sol de la décrépitude morale, et de situer au plus vite les responsabilités afin de mettre définitivement fin à cette bêtise humaine qui n’a que trop duré dans ce pays. »

    L’Observateur Paalga pour sa part dénonce ce « fanatisme de pacotille dont ont fait preuve une escouade d’inconditionnels sans scrupule de l’artiste. [...] Le scepticisme avec lequel certains "Chinois" ont accueilli l’annonce de la mort de leur président ne saurait justifier l’insoutenable scène de la nécropole de Williamsville. [...]En s’abattant sur sa dépouille, comme des bêtes sur une charogne, ils l’ont tué une deuxième fois. Et ce crime, puisque la profanation en est un, ne devra pas rester impuni. »

    Trop de démesure ?

    Enfin, s’interroge Wakat Séra, « et si les politiciens avaient laissé les "chinois" porter le "Daïshikan" dans sa dernière demeure, selon les rites et codes qui leur sont propres ? A défaut de laisser le cadavre du "Commandant Zabra" entre les seules mains de sa famille naturelle et celles de la rue, et si le gouvernement s’était impliqué de façon plus soft, et surtout moins exhibitionniste dans ses funérailles ? Et si au lieu de faire autant dans la démesure dans l’organisation des obsèques de "Yorobo", les hommes politiques s’étaient montrés plus discrets? DJ Arafat, qui a eu une vie mouvementée ici-bas, aurait peut-être pu espérer, pointe Wakat Séra, le repos éternel après son enterrement, et sa tombe à peine fermée n’aurait peut-être pas subi la profanation. »

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