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    Le «mercato» du foot européen et ses vertigineux contrats

    Le Parisien Neymar détient le record du transfert le plus cher de l'histoire. REUTERS/Benoit Tessier

    Le « mercato » estival du football européen est terminé depuis hier soir minuit. Cette année encore le transfert de joueurs a donné lieu à des contrats vertigineux se chiffrant en dizaines, voire en centaines de millions d’euros.

    Le record absolu détenu par le PSG pour le rachat de Neymar, 222 millions d’euros, reste en vigueur mais le mercato continue à grossir en valeur. Les plus gros acheteurs, les Anglais et les Espagnols, ont dépensé encore plus que l'an dernier. Depuis 2004, le montant du plus gros contrat a été multiplié par quinze. Une inflation qui n'a plus grand chose à avoir avec le sport selon l'un des meilleurs joueurs d'Europe, le portugais Cristiano Ronaldo. D'après lui, « n’importe quel joueur peut aujourd’hui être transféré pour 100 millions d’euros, même sans avoir rien fait. »

    Qu’est-ce qui fait monter les prix ?

    Ce qui compte désormais autant, voire plus que le potentiel sportif, c’est le potentiel commercial des joueurs. Quand un Ronaldo ou un Neymar font un post évoquant un produit qu’ils apprécient, c'est l'équivalent d'un espace publicitaire valant 500 000 euros à 1,5 million d'euros précise le consultant Vincent Chaudel, fondateur de l’observatoire du sport business. « Ces top joueurs sont devenus des super connecteurs » poursuit-il, très recherchés par les clubs. Mais cela ne concerne que la crème de l'équipe. Le marché est devenu très polarisé souligne Vincent Chaudel, avec d'un côté les méga contrats qui font sensation et ceux dont on parle très peu, les joueurs valant quelques millions d’euros. Aussi indispensables que les stars sur le terrain, il faut toujours onze joueurs pour former une équipe, mais parfois difficiles à transférer car dépourvus de ce pouvoir d’attraction commerciale, et donc moins rentables dans la nouvelle économie du football.

    La fin des quotas limitant le nombre de joueurs étrangers a déclenché cette frénésie ?

    C'est effectivement à partir de 1995 et l'arrêt Bosman que le marché s'emballe ; la globalisation du football est en marche. L’argent à gogo dont dispose les clubs anglais rachetés par des investisseurs multimillionnaires a aussi dopé le marché. C’est la logique « dis-moi combien tu as d’argent » qui devient le faiseur de prix. L'envolée des droits télé et maintenant internet tombant dans l’escarcelle des clubs contribue également à cette hausse vertigineuse.

    Comment résistent les clubs moins bien lotis ?

    En devenant vendeurs des jeunes talents qu'ils ont détectés. On vend aujourd'hui très cher des joueurs encore jeunes, avec un palmarès encore limité. C’est ce que font les clubs des petits pays, les Portugais ou les Néerlandais. Mais aussi certains clubs français. On appelle cela le trading de joueur. Le club de Monaco est un expert. Une démarche non sans risque, sans résultat, la cote des joueurs en souffre et quand on est éliminé du championnat européen, ce qui lui est arrivé la saison dernière, on perd une vitrine pour exposer ses produits. L'Ajax d'Amsterdam a développé une logique plus artisanale : le club forme des joueurs qu'il vend au plus offrant. Cette année il a ainsi financé son budget en cédant deux footballeurs pour un total de 150 millions d'euros.

    Quelle est la limite de ce marché ?

    Le pouvoir d'achat des clubs. C'est ce qu'a démontré cette année le feuilleton Neymar. Le Barça qui a pourtant un budget record, a finalement renoncé à racheter le Brésilien au PSG. Il a déjà emprunté pour s'offrir Antoine Griezman, difficile d'aller au-delà. Le mercato a pourtant encore une belle marge de progression en valeur avec deux turbos prêts à alimenter la machine selon Vincent Chaudel : les Gafa qui s'intéressent maintenant aux droits de diffusion sportifs, et les Chinois de plus en plus fans de football, voilà de quoi décupler les prix pratiqués sur le marché.

    EN BREF

    En Argentine la mise en oeuvre du contrôle des capitaux a provisoirement enrayé la chute du peso. Il a regagné 5% face au dollar. Mais il faut attendre l'ouverture de la Bourse américaine fermée hier pour vérifier cette tendance. Ce contrôle s'applique aux entreprises comme aux particuliers.

    Aramco, le géant saoudien du pétrole, a un nouveau patron pour préparer son introduction en Bourse. Yassir al-Roumayyan, ancien dirigeant du fonds souverain, un proche de Mohammed ben Salmane a été nommé hier pour remplacer le ministre de l'Énergie qui cumulait les deux casquettes. Ce dernier paie le retard pris dans le processus de cotation de l'Aramco et surtout la baisse des cours du pétrole dont il est tenu en partie pour responsable.


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