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    Le pape vient soutenir les évêques locaux engagés dans la proximité de l’église

    Le pape Francis (G) salue la foule aux côtés du président mozambicain Felipe Nyusi à son arrivée à l'aéroport international de Maputo le 4 septembre 2019 à Maputo, au Mozambique. GIANLUIGI GUERCIA / AFP

    Le pape François est arrivé hier mercredi 4 septembre à Maputo au Mozambique, première étape d'une tournée africaine qui le conduira également à Madagascar ainsi qu'à l'île Maurice. Ce voyage est le deuxième du chef de l’Église catholique en Afrique subsaharienne en un peu plus de six ans de pontificat. Quels sont les objectifs d'un tel déplacement ? Au-delà de sa dimension religieuse, comment s'inscrit-il dans la nouvelle géopolitique religieuse africaine et la diplomatie du Vatican ? François Mabille, chercheur au CNRS, spécialiste des questions religieuses, est notre invité.

    RFI : Le pape François démarre son deuxième voyage pontifical en Afrique subsaharienne. Il va faire escale au cours de ce voyage au Mozambique, à Madagascar et à Maurice. Que sait-on des raisons pour lesquelles ces trois pays ont été choisis ?

    François Mabille : Ce sont des pays qui correspondent finalement aux grands enjeux de la pastorale que souhaite mettre en place le pape au niveau international. C’est-à-dire une pastorale qui est tournée vers les questions de justice sociale, de paix et bien évidemment des questions environnementales. Donc le pape se rend dans ces pays sans enjeu politique particulier. Je pense que ce sont plutôt des enjeux à la fois sociétaux et sociaux qui seront évoqués. Et puis il y a - comme toujours dans la pastorale des souverains pontifes - des enjeux purement religieux. Ce sont des pays qui sont des pays chrétiens, mais où le catholicisme est quand même menacé par la concurrence du protestantisme ainsi que par la montée de l’Islam.

    Et cette dimension - notamment celle qui concerne la croissance du protestantisme - est une dimension qui est présente, selon vous, dans l’esprit des papes quand ils se rendent en Afrique ?

    Oui. C’est effectivement désormais un enjeu et je dirai d’autant plus pour le pape actuel qu’il provient d’un continent, l’Amérique latine, où le protestantisme a supplanté le catholicisme dans certains de ses bastions. Je pense notamment au Brésil. On retrouve exactement la même situation en Afrique où les églises protestantes sont plus dynamiques, je dirai moins conservatrices dans leur approche territoriale. Si l’on résonne en pure part de marché, ce que l’on voit et que l’on peut constater sur place, c’est effectivement la vitalité de ces églises.

    L’objectif est donc de recréer de la proximité en venant sur le terrain à la rencontre des fidèles ?

    Exactement ! Je vais faire une comparaison avec le Brésil et l’Amérique latine. On a maintenant des études où l’on voit très bien que ce qui a été fait sous Jean-Paul II, comme marginaliser la théologie de la libération, a eu un impact sur la proximité pastorale des évêques et de l’Église catholique auprès des plus pauvres. La situation en Afrique est un peu identique. Le pape vient démontrer la proximité de l’Église catholique dans son universalité… et bien évidemment soutenir également des pasteurs locaux, des évêques locaux qui sont engagés dans cette approche-là.

    Comment l’Église africaine accueille-t-elle le pape François ? On se souvient qu’il avait eu des désaccords assez virulents avec le cardinal guinéen Robert Sarah qui était partisan d’une ligne conservatrice. Est-ce que la hiérarchie catholique et les fidèles ont la même distance vis-à-vis du pape ?

    Je dirai d’abord qu’il n’y a pas une Église en Afrique, mais des Églises en Afrique qui ont chacune leur profil et qui peuvent être du reste divisées au sein de chaque pays. Il y a effectivement des oppositions au pape sur ce continent comme sur les autres. Vous avez évoqué la figure du Cardinal Sarah qui est la grande figure africaine d’opposition au pape. Une opposition qui est marquée, revendiquée et publique donc il n’y a aucun doute là-dessus. Ensuite, la situation est beaucoup plus nuancée lorsque l’on évoque un certain nombre d’évêques ou même d’autres cardinaux. Je pense en RDC au cardinal Monsengwo par exemple qui a été, lui, un soutien du pape depuis son élection. Je pense que l’intérêt de ce voyage pour le pape c’est également de bien marquer le type d’évêque et donc de pastorale qu’il souhaite. C’est-à-dire une pastorale sociale, une pastorale marquée par la proximité auprès des différents peuples. Plus qu’une Église catholique dirigée des intellectuels ou des théologiens.

    Vous évoquez la figure du cardinal Monsengwo en République Démocratique du Congo. L’Église catholique s’est fortement engagée dans ce pays dans le déroulement du processus électoral. Peut-on imaginer que sous le règne du pape François, d’autres églises africaines s’engagent en politique face à des situations de crise ?

    Bien sûr en sachant que, contrairement à une image trop répandue, la curie romaine et la diplomatie pontificale ne peuvent pas agir seules. Si l’on fait la comparaison entre la Colombie et le Venezuela, au Venezuela la hiérarchie catholique est totalement opposée au régime de Chavez et de ses successeurs et donc la médiation du pape n’a pas pu se faire. Le pape a battu en retraite et a finalement aligné sa position sur celle de l’Église locale. En Colombie, le pape a renforcé un processus qui existait déjà depuis une quinzaine ou une vingtaine d’années. En Afrique, c’est la même chose, le pape a appuyé des politiques locales ou a pu éventuellement les infléchir. Mais il est beaucoup plus difficile de créer une dynamique qui soit totalement séparée des initiatives locales. C’est ce qui s’était d’ailleurs passé lorsque la diplomatie pontificale avait fait une médiation au Mozambique en 1992. Elle l’avait pu parce qu’une ONG catholique, la communauté Sant’egidio, était investie de longue date au Mozambique qui y jouait un rôle particulier, notamment dans la lutte contre la pauvreté. Et donc c’est à partir de l’action de Sant’egidio et d’autres ONG catholiques que la diplomatie pontificale avait pu se déployer. Il faut toujours une articulation entre le positionnement de l’Église locale, son type d’activité et ce que peut faire la diplomatie pontificale.


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