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    Autriche: vers l'interdiction des mouvements identitaires?

    Sebastian Kurz. REUTERS/Leonhard Foeger

    L’Autriche s’interroge sur une possible interdiction des mouvements identitaires dans le pays. Le débat est relancé en pleine campagne électorale à cause de la participation d’une élue d’extrême droite à un défilé polémique le weekend dernier.

    Alors que des élections législatives anticipées doivent se tenir à la fin du mois, les mouvements identitaires sont de nouveau au centre de l’attention en Autriche. Car Ursula Stenzel, une élue FPÖ de Vienne, a participé et prononcé un discours le weekend dernier à un défilé organisé par une association liée aux identitaires, défilé qui visait à commémorer la bataille qui mit fin au siège de Vienne par les Turcs en 1683. Sa présence a été vivement critiquée par la quasi-totalité des partis politiques, les conservateurs et les sociaux-démocrates ont même demandé sa démission.

    Mais Ursula Stenzel a répliqué qu’elle ignorait que des identitaires seraient présents à ce rassemblement. Difficile à croire pour ses opposants mais pas pour le FPÖ : le parti d’extrême droite a en effet choisi de soutenir publiquement son élue.

    Une énième affaire embarrassante pour le parti d’extrême droite

    À moins de trois semaines des législatives, le FPÖ tente de lisser son image. Le parti veut apparaître moins sulfureux pour montrer aux conservateurs qu’il a changé et ainsi les convaincre de gouverner à nouveau de concert à l’issue des élections. Ce lien avec les identitaires resurgit donc au mauvais moment pour le FPÖ, d’autant qu’il avait déjà mis le parti dans l’embarras il y a quelques mois.

    En effet, en mars dernier, une enquête avait été ouverte contre le chef des identitaires autrichiens, Martin Sellner car ce dernier avait reçu un don de Brenton Tarrant, l’auteur de l’attentat contre deux mosquées à Christchurch en Nouvelle-Zélande. Or, à ce moment là, le FPÖ était au pouvoir et les nombreux liens du parti avec les identitaires avaient été mis au jour. Le jeune conservateur Sebastian Kurz, alors chancelier, avait publiquement sommé son partenaire de prendre ses distances avec cette mouvance. Mais la participation, ce weekend, d’une élue d’extrême droite à un défilé des identitaires semble montrer que cela n’est pas le cas.

    Sebastian Kurz veut faire interdire le mouvement identitaire autrichien

    Les conservateurs veulent déposer une proposition au parlement pour modifier la loi sur les associations, en donnant aux autorités la possibilité de dissoudre une association qui propage une idéologie extrémiste ou hostile à l'État.

    Ils espèrent obtenir le soutien du parti social-démocrate. Mais une interdiction pure et simple est-elle seulement possible ? Certains juristes s’interrogent dans la presse autrichienne, notamment Thomas Höhne, spécialiste de cette question, qui explique que pour interdire une association, il faut des faits qui doivent être évalués selon des critères de droit pénal. Si l’opinion devenait un critère, cela pourrait être dangereux selon lui. Le FPÖ, qui est contre cette interdiction, a aussitôt pointé le risque d’une « dictature de l’opinion ». Même le maire social-démocrate de Vienne a émis des doutes. Pas sûr donc qu’une interdiction telle qu’elle est proposée par les conservateurs soit possible.


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