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    Julia Cagé: l'intellectuelle de gauche qu'elle voulait être

    Julia Cagé aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, juin 2019. RFI/David Baché

    L'économiste Julia Cagé s'intéresse aux liens entre finance, médias et politique. Engagée, elle a notamment participé à la campagne présidentielle du candidat socialiste Benoît Hamon, en 2017. Ses travaux montrent comment le bien public est capturé, dans les démocraties dites modernes, par les plus riches.

    Pianiste, elle a fait 25 ans de conservatoire et continue de jouer ça et là. Coureuse, elle est capable de boucler un marathon... en 4h10.... Julia Cagé est habituée à plus d'excellence, mais cela en dit long sur sa capacité de travail et sa persévérance. Des qualités nécessaires pour cette économiste, professeure à Sciences Po Paris, qui s'intéresse dans ses recherches au rapport entre économie et démocratie, au vote, à la construction des opinons...

    Elle consacre ainsi quatre années de thèse et un livre au financement des médias et à leur « capture » par des groupes privés. « Pour la plupart des médias, c'est relativement difficile d'être rentable d'un point de vue économique, pose-t-elle d'emblée, mais pour moi ce n'est pas un problème car les médias produisent un bien public. Ils n'ont pas fondamentalement pour but d'être lucratifs, mais la question essentielle c'est : comment on les finance ? Dans mon livre Sauver les médias j'ai proposé un modèle que j'ai appelé la Société de médias à but non lucratif, qui est vraiment à l'interaction entre la fondation et la société par actions, avec des droits de vote pour les lecteurs et des droits de vote pour les journalistes. » Bonne intuition : quatre ans après, des médias novateurs comme Mediapart ou Disclose lui emboîtent le pas avec des modèles qui s'inscrivent dans cette démarche.

    Macron, ses financeurs, sa politique

    Déjà réputée dans le petit monde des économistes de gauche, Julia Cagé, 35 ans aujourd'hui, gagne en notoriété fin 2018, lorsqu'elle met en évidence, au lendemain de l'arrivée à l'Élysée d'Emmanuel Macron, le lien direct entre l'argent mobilisé pour les campagnes et le succès électoral, dans son livre Le prix de la démocratie. « Quand j'ai commencé à l'écrire, Macron n'existait pas politiquement, rappelle l'économiste, pour préciser que son travail n'est pas une charge ad hominem, mais il vient confirmer des choses que j'avais écrites avant. C'est vrai que je m'interroge sur le lien entre les financements de la campagne d'Emmanuel Macron, qui se sont faits auprès de riches individus privés, et les politiques mises en œuvre. Il n'y avait même pas encore eu les « gilets jaunes » (au moment de la sortie du livre, NDLR), ces citoyens d'origine modeste qui ne se sentent plus du tout représentés face à un président qui a mené des politiques économiques et fiscales uniquement en faveur des plus favorisés, qui l'avaient fait élire. »

    Le modèle de l'intellectuel engagé

    Petite-fille de réfugiés espagnols ayant fui la dictature de Franco, Julia Cagé possède la double nationalité. Son enfance se partage entre Metz, Toulouse, Bordeaux, puis Marseille. Julia Cagé est deux fois docteure en économie, après des thèses à l'EHESS, à Paris, et à Harvard, aux Etats-Unis. Mais il fut un temps où elle préférait la littérature et la philosophie... C'est d'ailleurs dans ces matières qu'elle s'était inscrite à la prestigieuse Ecole normale supérieure. « Je fantasmais complètement l'image des intellectuels engagés, se souvient-elle, comme en rougissant mais avec une pointe de fierté et d'émotion, j'avais un poster de Sartre sur le toit de Normal Sup et c'est ça qui me faisait rêver ! Si on m'avait demandé ce que je voulais faire plus tard, j'aurais dit : "intellectuelle engagée!" Je voulais écrire une thèse ou quelque chose, mais avec cette idée d'être engagée dans le débat public, de faire de la recherche qui change les choses, et donc je me suis mise en économie sur un coup de tête ! »

    Quelques coups de tête plus tard, Julia Cagé est devenue cette intellectuelle engagée qu'elle rêvait d'être. En 2012, elle soutient la candidature du socialiste François Hollande - elle s'en dit aujourd'hui extrêmement déçue. En 2017, elle se charge du programme économique du candidat Benoît Hamon, et porte notamment l'idée d'un revenu universel d'existence. Un engagement personnel et familial, puisqu'elle participe à cette campagne présidentielle avec sa sœur jumelle, Agathe, énarque passée par plusieurs cabinets ministériels, et avec son mari, l'économiste mondialement reconnu Thomas Piketty, qui partage sa vie depuis près de dix ans.

    Gauche trop divisée

    La politique c'est mieux en famille. Sauf lorsque la famille se déchire. En 2017, Benoît Hamon incarne l'aile gauche et vivante du Parti socialiste. Aujourd'hui, il incarne surtout le début de la fin du parti, l'homme trahi, isolé, contraint de se mettre en retrait. Julia Cagé reste son « amie », mais elle n'est plus militante, ni dans le parti qu'il a créé depuis, ni dans aucun autre. « Je n'arrive pas à m'engager dans une de ces forces de gauche complètement divisées, reconnaît-elle avec une déception qui confine à la colère. Le PS, le PC, EELV, LFI, Générations... je ne vois pas la logique, à part à un suicide politique ! Si ça continue comme ça, ils vont refaire la même chose en 2022 et ils ne seront à nouveau pas au second tour ! C'est vrai que je ne comprends pas cette logique. Il y a un problème d'ego qui n'est pas propre à la gauche mais qui là, poursuit-elle avec un rire amer, est particulièrement visible à gauche... ça m'attriste énormément, et c'est pour ça que je ne suis engagée nulle part. »

    En attendant de pouvoir à nouveau s'investir activement en politique, Julia Cagé continue de creuser les liens entre argent et démocratie. Ses prochains travaux porteront sur la philanthropie. Après les médias et les élections, ce sera le troisième volet de ses recherches sur la capture du bien public par les plus riches.


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