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    Irlande: campagne de recueil d'ADN pour les survivants de la maternité de Tuam

    Irlande: stèle à Tuam (comté de Galway) en mémoire des quelque 800 bébés et enfants de l’orphelinat catholique du Bon Secours (illustration de 2014). L'identification des restes est en cours. AFP PHOTO/PAUL FAITH

    C’est une victoire pour les survivants de la maternité de Tuam, près de Galway en Irlande : une campagne de recueil de leur ADN va être lancée. Dans ce couvent pour mères célibataires tenu par des sœurs de l’ordre du Bon-Secours, près de 800 bébés ont été enterrés dans une fosse commune entre 1925 et 1961… Le scandale a été révélé en 2014. Émeline Vin, cette semaine un rapport ouvre la porte à un recueil de l’ADN des familles.

    de notre correspondante à Dublin,

    À la lecture du rapport, la ministre irlandaise de l’Enfance, Katherine Zappone, s’est dite « pleine d’espoir » pour que la collecte de l’ADN des familles des bébés de Tuam commence rapidement. Le gouvernement avait commandé ce rapport pour évaluer la possibilité d’identifier les restes trouvés dans le couvent. Il a été confié au professeur Geoffrey Shannon, spécialiste du droit de l’enfant et de la famille.

    Il est selon lui légalement possible de recueillir l’ADN des proches des bébés sans attendre que le gouvernement légifère. Il faut passer par un mécanisme sur la base du volontariat et du consentement éclairé. La campagne va concerner les personnes nées à Tuam et qui ont survécu, ainsi que les descendants des femmes internées à Tuam et qui pourraient avoir un frère ou une sœur inhumée là-bas. La banque d’ADN ainsi créée sera sous l’autorité de la police. Les participants pourront retirer leur accord à n’importe quel moment et les échantillons devront être alors détruits.

    À terme, cette banque ADN doit permettre de restituer les corps des bébés de Tuam à leurs familles.

    Les noms de ces quelque 800 enfants sont connus : les sœurs de la Mother and Baby Home tenaient un registre des décès. Mais ils ont été enterrés dans un ancien bassin pour eaux usées, une sorte de fosse commune, et n’ont pas de sépulture digne et individuelle. Grâce à cette campagne, les restes des enfants doivent être restitués aux familles.

    Mais cela viendra dans un second temps : le gouvernement doit encore légiférer pour autoriser l’exhumation des bébés et l’analyse des corps. Le projet de loi est attendu pour la fin octobre… Le début des prélèvements ne devrait donc pas débuter avant l’année prochaine.

    La campagne de recueil de l’ADN était une demande de longue date des survivants et des familles

    Depuis la révélation de l’affaire, il y a cinq ans, les survivants et les familles des « bébés de Tuam » maintiennent la pression sur le gouvernement : il y a urgence à prélever des échantillons ADN. Ceux qui n’ont pas succombé à la dénutrition et aux maladies qui proliféraient dans le couvent, les survivants de Tuam, ont plus de 60 ans, tout comme les frères et les sœurs des bébés inhumés là-bas. Leur santé décline, il faut donc aller vite pour prélever leur ADN et pouvoir en disposer quand la loi permettra la comparaison avec les restes. Certains ont d’ailleurs perdu l’espoir de vivre jusqu’à là.

    Plus le temps passe, plus les dépouilles se détériorent, elles aussi. Des médecins légistes interrogés par la presse irlandaise s’inquiètent de la qualité des futurs échantillons et s’interrogent sur leur exploitabilité. Cette campagne de recueil d’ADN qui s’annonce ne porte par conséquent aucune garantie de réussite.

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