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    Raser les murs… ou collaborer

    Jean-Baptiste Placca. (Photo : Claudia Mimifir)

    Alors que la tension semble avoir quelque peu baissé dans la violence contre les étrangers en Afrique du Sud, une vidéo, devenue « virale » semble vous inciter à l’optimisme. Pourquoi et comment une simple vidéo résoudrait un problème sur lequel les politiques, depuis des années, ont visiblement échoué ?

    Ce n’est pas précisément la vidéo, mais le message qu'elle véhicule qui laisse penser que les mentalités à l'origine de ces violences sont condamnées à être de plus en plus minoritaires dans ce pays. En l’occurrence, le jeune rappeur qui se met en scène dans la vidéo a eu le courage de dire à son peuple en face ce que les dirigeants politiques n’ont, durant toutes ces années, pas osé lui dire.

    Peut-être faut-il commencer par préciser que la vidéo date de 2015. Le jeune Cool Zet, candidat dans une de ces compétitions nationales de performances musicales à la mode, annonce que sa prestation sera du rap, qu’il dédiait à son ami Alain, originaire de RD Congo, qui avait dû quitter l’Afrique du Sud, à la suite de la dernière épidémie de… xénophobie.

    La performance est excellente, le texte, d’un très haut niveau, et le message, d’une puissance comme on aimerait en trouver plus souvent chez les dirigeants politiques. Cool Zet, le jeune rappeur, avait alors 15 ans. 15 ans ! Il ne devrait donc être âgé, aujourd’hui, que tout au plus de 19 ans. A son ami Alain, par les ondes, il redit son amour fraternel, et dit ne pas douter de la réciproque. Puis, fixant son peuple dans les yeux, il lui rappelle que, jusqu’à la fin de l’apartheid, en 1994, eux, Sud-Africains, avaient vu les autres nations du continent leur ouvrir les bras, pour les accueillir et les aider à vaincre l’apartheid.

    Sans quoi, faut-il comprendre, ils seraient encore sous le joug du régime raciste. Si les Zambiens, les Zimbabwéens, les Mozambicains et toute l’Afrique s’étaient comportés comme nous nous comportons aujourd’hui à l’égard des Nigérians et d’une multitude d’autres nationalités africaines... bref, comprenne qui veut !

    RFI : La faute n’incombe-t-elle pas plutôt aux leaders ? Les auteurs de ces violences ne sont pas exactement la partie la plus éclairée de l’opinion

    Bien évidemment ! Mais, ceux-là ne sont pas pour autant tous des demeurés. Certains d’entre eux (ou leurs parents) ont vécu en exil, en Zambie, au Mozambique, au Zimbabwe et ailleurs. Un chef d’Etat mozambicain a même payé de sa vie le soutien de son pays à l’ANC. La branche armée de l’ANC, le « MK » était basée à Lusaka. Vous imaginez ? Un pays vous donne asile et vous autorise à entretenir une armée sur son sol ! Ce serait un paradis pour opposants !

    Ce que ce jeune adolescent disait clairement et qu’il fallait un jour ou l’autre dire à tous ces Sud-Africains qui trouvent que les étrangers viennent polluer leur beau pays, c’est qu’ils seraient encore des sous-citoyens, sans aucun droit, ou alors en prison ou en exil, si les autres Africains s’étaient comportés à leur égard comme ils le font aujourd’hui vis-à-vis des Nigérians, des Congolais, et de tant d’autres. Cool Zet a eu les mots justes, un message d’une rare puissance, pour condamner ce qui doit l’être. Pour rappeler à son peuple ses devoirs de gratitude vis-à-vis de l’Histoire, vis-à-vis du reste de l’Afrique.

    Croyez-vous sérieusement que cela suffira ?

    Peut-être pas. Mais il faudra sans cesse rappeler certains leaders politiques à leurs devoirs. Et l’on ne peut se borner à accabler les Sud-Africains, en oubliant que d’autres Etats du continent, au fil des décennies, se sont abaissés à cette indignité anti-panafricaine, au gré de leurs intérêts du moment. La Côte d’Ivoire, avant l’indépendance, a expulsé par deux fois les Dahoméens et les Togolais, qui constituaient pourtant, à cette époque, et jusque dans les années soixante-dix, le vivier des enseignants. Le Ghana a expulsé dans les années 70. Le Nigeria a expulsé dans les années 80, tout comme les Mauritaniens, qui ont même expulsé leurs propres ressortissants, en prétextant qu’ils étaient Sénégalais. Même le panafricaniste Kadhafi a expulsé, au gré de ses humeurs.

    Voilà qui nous ramène au problème de fond. Les pères de l’indépendance ont, quelque part, échoué, en créant, en 1963, l’Organisation de l’unité africaine, au lieu des Etats-Unis d’Afrique, une nation à la dimension des plus brillants, des plus talentueux et des plus déterminés de ses fils. La conséquence est que l’élite africaine en est réduite à subir une espèce d’émulation dans la médiocrité, les médiocres étant, dans certaines nations, rois et tenant le haut du pavé, tandis que les meilleurs, souvent, devaient raser les murs, ou alors collaborer.

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