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    Affaire Borrel (Djibouti): pour Me Morice, «la famille est déçue et en colère»

    Le juge Borrel, ici avec un de ses enfants, a été retrouvé mort en 1995 à Djibouti. © FAMILLE BORREL/AFP

    Notre invité ce lundi matin est maître Olivier Morice, avocat de la famille de Bernard Borrel, ce juge français assassiné à Djibouti en 1995. La famille Borrel est « déçue et en colère », selon lui, après le refus cet été du le ministère français des Armées de déclassifier des documents de la DGSE demandée par le juge d’instruction. Il en appelle particulièrement à une réaction du président de la République, Emmanuel Macron, dont il dénonce le « double discours », alors que ce dernier a refusé de recevoir sa cliente.

    RFI : Le ministère français des Armées a confirmé avoir suivi l’avis de la commission du secret de la défense nationale et donc de refuser la déclassification d’un document demandé par le juge d’instruction l’année dernière. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    Olivier Morice : Un aveu implicite. Le fait que l’État ne fera rien pour faciliter la recherche de la vérité dans le cadre de l’assassinat de Bernard Borrel, le troisième magistrat français à avoir été assassiné dans l’exercice de ses fonctions depuis le début de la Ve République. C’est non seulement pour madame Borrel et ses enfants une grande déception, mais cela génère aussi beaucoup de colère. Parce qu’en fait au plus haut sommet de l’Etat, il y a un double discours, le fait que notamment dans les affaires qui concernent la Francafrique, on aurait la volonté de pouvoir lever le secret de la défense nationale au motif justement de pouvoir permettre aux victimes de connaitre la vérité. Je pense notamment, par exemple, à la volonté affichée de monsieur le président Macron dans l’affaire de Sankara de vouloir à tout prix déclassifier des documents. Je pense qu’aussi, encore plus récemment, au fait que le président Macron ait sommé parait-il le ministre des Armées de bien vouloir faire en sorte que ce soit déclassifié, toutes les informations qui concernent le crash de la Caravelle qui allait d’Ajaccio à Nice. Alors pour autant nous ne désespérons absolument pas, parce que l’instruction est active. Le magistrat instructeur qui est en charge de ce dossier a sollicité par l’intermédiaire des autorités françaises, de pouvoir retourner à Djibouti dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, afin de pouvoir réaliser toute une série d’actes extrêmement importants. La réponse de Djibouti, aujourd’hui, elle est totalement silencieuse. Alors que les États français et djiboutiens se félicitent d’une coopération mutuelle, notamment par exemple en matière judiciaire, je vous rappelle qu’il y a quelques mois, le juge Tournaire était à Djibouti dans le cadre de l’exécution d’une commission rogatoire internationale, dans le cadre du financement libyen que l’on appelle le financement Kadhafi, c’est-à-dire que le juge Tournaire a pu se rendre à Djibouti. Là en l’espèce, c’est un silence total.

    On va revenir sur l’État actuel de l’instruction. Je voudrais revenir une seconde sur ce document qui avait été demandé par le juge. Selon ce que vous savez à quelle question est-ce que ce document aurait pu apporter une réponse ?

    Alors vous savez le juge d’instruction dans le cadre de la demande de déclassification, il a sollicité de nombreux documents. Il a non seulement sollicité des documents qui pouvaient être compromettants et qui auraient été recherchés au moment au Bernard Borrel a été découvert, puisque les autorités françaises savaient que Bernard Borrel était en possession d’un document et il fallait à tout prix récupérer ce document. Mais le juge d’instruction, qui fait un travail remarquable, a aussi sollicité toute une série d’informations et de documents sur les circonstances de la découverte du corps de Bernard Borrel.

    Oui parce qu’il faut préciser que d’après les auditions il semble que le deuxième bureau à Djibouti aurait été au courant de la mort du juge Borrel avant même la découverte de son corps, c’est ça ?

    Exactement, c’est-à-dire qu’en fait l’État français a joué une mascarade qui est reconnue aujourd’hui en favorisant la thèse du suicide pendant de très nombreuses années, il a fallu qu’avec madame Borrel nous nous battions de façon acharnée pour faire reconnaitre l’assassinat de Bernard Borrel à deux reprises. Mais là, en l’espèce ce qui est intéressant, c’est qu’il y a une volonté de ne rien transmettre du côté du ministère des Armées à la justice française pour pouvoir élucider ce crime. Ce qui signifie à l’évidence que l’on cache un certain nombre d’informations pour pouvoir permettre au magistrat instructeur de poursuivre son travail.

    S’agissant de ces documents, est-ce que vous disposez aujourd’hui d’un recours ou est-ce que c’était une péripétie de l’instruction qui va continuer malgré ce refus du ministère des Armées ?

    Nous examinons la possibilité de recours, mais en fait au-delà de la faculté de mettre en œuvre des recours, il faut une volonté politique, il faut que le président de la République, qui a refusé de recevoir madame Borrel, lui qui est ouvert au dialogue parait-il, ce n’est pas possible de continuer comme ça…

    C’est le sens de votre message aujourd’hui, vous appelez le président de la République à revenir sur sa décision et à recevoir madame Borrel ?

    Qu’il y ait une cohérence. Non seulement qu’il reçoive madame Borrel. Qu’il puisse lui expliquer le sens de sa démarche dans ce dossier, et qu’il puisse aussi lever les obstacles pour faire en sorte que le ministère des armées déclassifie tous les documents. Il peut passer outre un avis de la commission consultative, il peut passer outre à la décision du ministère des Armées de ne pas déclassifier. Nous ce que nous demandons à monsieur le président de la République, d’une part, c’est de recevoir madame Borrel évidemment, mais c’est surtout et qu’enfin il soit tu cette omerta du pouvoir français dans les circonstances de l’assassinat de Bernard Borrel.

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