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    Idleb au menu du sommet Erdogan, Poutine et Rohani à Ankara

    Des centaines d'habitants de la province d'Idleb au nord-est de la Syrie manifestent le 30 août 2019, près de la ville d'Atme où les forces turques ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. RAMI AL SAYED / AFP

    Le président turc accueille ce lundi 16 septembre à Ankara ses homologues russe et iranien pour un nouveau sommet consacré à la Syrie. L’enjeu est de taille pour Recep Tayyip Erdogan, qui va tenter de sauver l’accord signé l’an dernier au sujet de la province d’Idleb, le dernier grand bastion aux mains des groupes rebelles et jihadistes.

    de notre correspondante à Istanbul,

    Recep Tayyip Erdogan reçoit chez lui, mais il n’est pas en position de force. En septembre 2018, il s’était engagé – sans trop savoir comment – à évacuer d’Idleb les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham, ancienne branche syrienne d'al-Qaïda, en échange d’un report de l’offensive prévue par le régime de Bachar el-Assad et son partenaire russe. Un an plus tard, les jihadistes contrôlent l’essentiel d’Idleb et les avions syriens et russes bombardent cette province qui abrite trois millions de civils.

    L'urgence à Idleb

    Recep Tayyip Erdogan demande l’arrêt des attaques, qui mettent en danger la vie des soldats turcs déployés à Idleb. Mais l’équation est insoluble : le président voudrait à la fois maintenir son armée sur place tout en empêchant une confrontation avec l’armée syrienne, endiguer un nouvel afflux massif de réfugiés tout en évitant que les jihadistes ne se retournent contre Ankara. Il s’accroche à un espoir : le souhait du président russe Vladimir Poutine de garder de bonnes relations avec lui. À Idleb, Recep Tayyip Erdogan négocie en effet avec son homologue russe. Mais ailleurs en Syrie, il coopère avec les Américains.

    En discussion aussi la situation dans le nord de la Syrie

    Pour les deux offensives que l’armée turque a menées dans le nord de la Syrie ces trois dernières années, Tayyip Erdogan avait reçu le feu vert de Vladimir Poutine dont la stratégie principale, en ce qui concerne la Turquie, est de l’éloigner le plus possible du camp occidental, des États-Unis en particulier. Cela a plutôt bien fonctionné, d’autant que dans le même temps, Washington s’est allié avec les forces kurdes pour combattre Daech alors qu’Ankara les perçoit comme un groupe terroriste.

    Mais pour empêcher que ces forces kurdes ne s’implantent durablement aux frontières de la Turquie, à l’est du fleuve Euphrate, Recep Tayyip Erdogan n’a d’autre choix que de s’entendre avec les États-Unis, qui ont des soldats sur place aux côtés des combattants kurdes. Le mois dernier, Ankara et Washington se sont mis d’accord sur la création d’une zone dite « de sécurité » dont les contours restent flous et la mise en pratique... pour le moins compliquée.

    Les menaces d'Erdogan 

    Le président turc est donc contraint au grand écart diplomatique. Mais pour ne pas apparaître en position de faiblesse, il multiplie les menaces et a recours au chantage. Face aux Américains, il agite la menace d’une offensive militaire contre leurs alliés kurdes si la fameuse zone de sécurité n’est pas en place d’ici la fin du mois. Aux Européens, il promet de laisser passer des centaines de milliers de réfugiés, et donc de recréer la crise qui avait donné lieu à l’accord migratoire de mars 2016 avec l’Union européenne. Le vice-président turc Fuat Oktay l’a dit sans ambages la semaine dernière : « Si la crise à Idleb se poursuit et provoque un nouvel afflux de réfugiés, l’Europe n’a aucune chance d’y échapper. »


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