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    Amin Nasser, le très discret directeur général de Saudi Aramco

    Amin Nasser. AFP/Karim Sahib

    Depuis une semaine, la compagnie pétrolière saoudienne Saudi Aramco est dans la tourmente après l'attaque de drones perpétrée contre ses deux grands sites pétroliers. Son patron, Amin Nasser, d'habitude très discret, se retrouve sur le devant de la scène. Qui est ce patron à la tête du fleuron national saoudien ? Quel rôle a-t-il à jouer dans la stratégie officielle du pays ?

    Cheveux gris, lunettes à monture fine, moustache impeccable... Quand il se présente à l'occidental ou en habit saoudien traditionnel, l'homme dégage une certaine froideur. Peu d'informations ont filtré sur ses débuts. On sait toutefois qu'il doit toute sa carrière à Saudi Aramco.

    L’homme du sérail pétrolier

    Amin Nasser rejoint le fleuron national il y a trente-sept ans, diplôme d'ingénieur de l'Université du Roi Fahd du Pétrole et des Mines en poche. Il gravit les échelons et devient en 2015 le directeur général. Un parcours classique pour un homme du sérail. Comme le témoigne sa prestation lors d’un sommet sur l’énergie organisé en avril 2017 à l'Université de Columbia : « Nos investissements s'avèrent toujours bons à long terme. Peu importe les variations de l'offre et de la demande. Nous les avons connus tout au long de notre histoire. Le monde aura toujours besoin de nos produits à moyen et à long terme. Et nous y sommes préparés. »

    Le développement dans la continuité

    Et comment Amin Nasser dirige-t-il le groupe ? Le mot d'ordre est la continuité, estime Francis Perrin, chercheur associé au Policy Center for the New South à Rabat et directeur de recherche à l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) à Paris : « Il n’y a pas, à mon sens, un style Amin Nasser qui se distingue. Saudi Aramco est un monstre. On parle de la plus grande entreprise pétrolière mondiale, contrôlée jusqu’à présent à 100 % par l’Etat saoudien. C’est comme un supertanker. On ne lui fait pas faire une cabriole à 180° par rapports à des stratégies qui ont été déterminées il y a de nombreuses années. Il accentue seulement un certain nombre de tendances stratégiques qui ont été engagées par ses prédécesseurs. »

    Dans le royaume saoudien il vaut mieux ne pas avoir de doutes sur la ligne officielle du régime. Amin Nasser le sait. Rappelons qu’au début du mois de septembre, un changement a été opéré à la tête du Conseil d’Administration de Saudi Aramco. Amin Nasser est resté le directeur général de l’entreprise, mais c’est Yassir al-Roumayyan, le patron du Fonds d'investissement public, qui est venu remplacer Khaled al-Falih, l’ancien ministre de l’Energie, sur le poste du président du Conseil. Un changement orchestré par Mohammed ben Salman, dit MBS. Il semblerait que l’opposition de Khaled al-Falih au projet d’introduction en bourse de Saudi Aramco ait fini par agacer le prince héritier.

    Saudi Aramco remplirA sa part du contrat

    Depuis des années, Saudi Aramco a mis le cap sur le développement du raffinage et de la pétrochimie. S'ajoute à cela l'internationalisation du groupe, notamment en ce qui concerne l’exploration du gaz en dehors des frontières saoudiennes, mais aussi l’adaptation du groupe aux contraintes climatiques, et par exemple le développement de l'énergie solaire. L'économie saoudienne doit se diversifier et le géant national doit y jouer un rôle majeur. Son directeur général, Amin Nasser, le dit clairement dans une interview diffusée sur TRT World, une chaîne d’information internationale turque, en octobre 2016 : « La Vision 2030 va créer la diversification, avec plus de secteur privé et plus d'emplois. Beaucoup de choses sont à venir. Et Saudi Aramco remplira sa part du contrat. »

    Mais là encore, la mission d'Amin Nasser est de traduire en actes la stratégie officielle, note Francis Perrin : « Les autorités saoudiennes, en particulier le prince héritier Mohammed ben Salman, ont mis en place un plan Vision Arabie saoudite 2030 qui implique une diversification importante de l’économie saoudienne. Amin Nasser est le directeur général de Saudi Aramco qui est une compagnie pétrolière et gazière nationale. Il n’a pas à se prononcer là-dessus. Par ailleurs, le projet de l’ouverture au capital, conçu là aussi par le prince héritier, est destiné à dégager beaucoup de recettes pour l’État saoudien pour ensuite investir dans la diversification de l’économie du pays. Donc, là encore, il ne peut dire qu’il est pour. Aucun responsable ne peut dire non à son actionnaire unique. Sinon, il ne restera pas longtemps à ce poste-là. »

    Saudi Aramco devrait faire ses débuts sur le marché local, avant d'entrer en Bourse à l'international, probablement à Tokyo. Une opération censée rapporter, selon les plans de Mohammed ben Salman, quelques 100 milliards de dollars aux coffres du royaume.

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