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    Centrafrique: «L'avenir du pays dépend des enfants»

    Un soldat du contingent tanzanien de la mission de maintien de la paix de l’ONU en Centrafricaine (Photo d'illustration). AFP / Florent Vergnes

    En Centrafrique, les récents affrontements à Birao, début septembre, puis à la mi-septembre, ont poussé plus de 13 000 personnes à fuir leurs foyers. Elles ont trouvé refuge aux abords d’un camp des Nations unies sur place. La Minusca, l'Union africaine et la Communauté économique des États d'Afrique centrale ont dénoncé une « violation flagrante » de l'accord de paix signé à Khartoum. Les responsables humanitaires s'inquiètent d'une reprise des combats, mais également des conditions de vie des personnes déplacées. Denise Brown, la coordonnatrice humanitaire des Nations unies en Centrafrique témoigne des conséquences des combats à Birao.

    RFI : Les derniers combats à Birao depuis une semaine déjà ont poussé 13 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, à fuir la région. Vous étiez là récemment. Qu’avez-vous vu ?

    Denise Brown : J’étais là-bas 48 heures après les premiers affrontements, donc il y a deux semaines. Et donc j’ai vu une scène chaotique : des femmes, des enfants avec des valises, avec des cartons, des sacs qui étaient en train de quitter la ville, en masse, pour aller chercher refuge à côté de la base des Nations unies à Birao. Ce qui m’a marquée, c’est cette peur parmi surtout les femmes, les enfants.

    À quoi elle se voit cette peur ? Qu’est-ce qui vous a fait dire, ces gens-là ont peur ?

    Ils me l’ont dit. J’ai discuté avec les femmes, j’ai discuté avec les imams. Ils m’ont dit qu’ils voulaient être chez eux, rentrer à la maison, mais les maisons ont été incendiées. Donc, ils ont dit, on ne bouge pas tant que cette situation n’est pas réglée. Et aussi, je dirais que ça se voyait sur les visages. On voit quand les personnes n’ont pas dormi, quand ils gardent les enfants proches d’eux.

    J’ai commencé à discuter avec une jeune femme, et ce que je ne voyais pas, c’est qu’elle avait un bébé avec elle. Et ce bébé avait trois jours. Le conflit avait démarré le dimanche, le bébé était né le samedi. Et un jour plus tard, ce pauvre bébé est emmené par sa maman pour prendre refuge à côté d’une base de soldats des Nations unies. Bienvenue au monde ! Cette histoire m’a marquée parce que l’avenir de ce pays va dépendre des enfants, sur ce qu’ils voient, sur ce qu’ils veulent vivre. Et cela n’est pas un bon début.

    Chaque semaine, il y a trois vols qui apportent des vivres et des médicaments à Birao en ce moment. Est-ce que cela suffit ?

    Il y en a plus. On a deux, trois rotations par jour, tous les deux jours. Donc, il y en a plus que trois. Pour le moment, on a suffisamment de stocks, mais le problème que nous avons avec le deuxième affrontement du samedi 14 septembre, on a d’autres personnes qui sont venues dans le camp. C’est ça en fait les difficultés que nous avons, le mouvement de la population continue.

    Et on parle de combien de personnes dans le camp en ce moment ?

    Entre 13 000 et 15 000. Pour nous, Nations unies, ce n’est pas un grand nombre, ce n’est pas ça. C’est la complexité de la situation. C’est une population qui a fui un conflit actif. Ce conflit continue et nous travaillons dans une ville très loin de la capitale [environ 1 000 kilomètres ndlr]. Et le seul moyen d’avoir accès est par la voie aérienne. Donc, ça nous a rendu la tâche très compliquée.

    38 personnes ont été tuées jusqu’à maintenant. Des locaux d’ONG sur place ont été pillés. À quel moment, pourriez-vous dire, que la situation est trop dangereuse pour permettre à des humanitaires de rester ?

    Je me pose cette question tous les jours. Je ne crois pas que ce conflit est terminé. On vit tous, la population, les acteurs humanitaires avec cette menace. Mais on assume parce que ça, c’est notre responsabilité.

    Près de trois millions de personnes en Centrafrique ont besoin d’aide humanitaire en ce moment. Les Nations unies avaient demandé 431 millions de dollars. Vous en avez obtenu 208 millions jusqu’à maintenant. Les bailleurs de fonds n’ont pas compris la gravité de la crise ou ils sont un peu lassés d’entendre parler de la Centrafrique ?

    C’est pour ça que je suis en Europe cette semaine. C’est pour rappeler au gouvernement que c’est quand même une situation très précaire en Centrafrique. La situation à Birao nous montre cela. Donc, il ne faut pas qu’on abandonne la population. Il y a un accord de paix qui n’est pas parfait, mais il est là. Il y a beaucoup d’acteurs qui sont investis dans cet accord de paix. Nous, on a besoin de soutenir la population. L’accord de paix est pour la population. La population a besoin de notre assistance. Les deux vont ensemble.

    Ce sont même deux signataires de l’accord de paix de Khartoum du 6 février qui s’affrontent à Birao, le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) et le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC). Est-ce que la violence pourrait remettre en cause l’accord de Khartoum ?

    Moi, je fais de l’humanitaire. Je m’occupe de la population. Tout ce qui est politique, je laisse les politiciens, le gouvernement et les garants de l’accord décider. Tout ce que moi je peux vous dire est qu’il faut qu’on soit préoccupés par la situation de la population de la Centrafrique.

    On a vu qu’au premier semestre de cette année, les violences ont eu tendance à baisser, si on compare à l’année précédente. Est-ce que les affrontements à Birao pourraient marquer un revirement ?

    On espère que non et donc on fait tout dans les communautés autour pour appuyer la médiation et pour calmer les choses. On ne peut pas se permettre de faire marche arrière, on ne peut pas. Il faut comprendre que la paix ne viendra pas ni dans un mois ni dans un an. Cela va prendre du temps.


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