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    Finance climatique : pourquoi la pression commence à payer

    Des enfants assistent à une manifestation appelant les autorités à prendre des mesures d'urgence contre le changement climatique, à Paris (France), le 21 septembre 2019. REUTERS / Charles Platiau

    Un sommet sur l'urgence climatique se tient ce lundi 23 septembre à l'ONU. Énième sommet pour sauver l'accord de Paris. Comment financer la lutte contre le réchauffement ? Sous la pression de la jeunesse et parfois des actionnaires, les promesses se multiplient.

    C’est donc reparti pour une ribambelle d'engagements. Les dirigeants politiques vont se succéder à la tribune. Pas de Donald Trump ni de Jair Bolsonaro, mais les représentants de la Chine, de l'Inde, de l'Allemagne, de la France, et bien d'autres. Tous vont affirmer mordicus qu'ils préparent la neutralité carbone dans les 30 ans qui viennent, et surtout qu'ils ne vont pas que replanter des arbres, mais qu'ils vont surtout y mettre les moyens financiers. « Si vous avez de mauvaises nouvelles, ne venez pas! », a prévenu le secrétaire général de l'ONU, Antonio Gutteres.  L'Allemagne a anticipé en annonçant dès vendredi un énorme plan d'investissements pour verdir son économie. La Norvège a annoncé dimanche à New York un accord original avec le Gabon (basé sur 10 ans). Libreville va être payé (150 millions de dollars) pour ne pas détruire ses immenses ressources forestières et ainsi réduire les émissions de carbone.

    Le gouffre se réduit

    Le problème, c'est qu'il faut tenir ses promesses. Car les tenir pour chez soi, c'est une chose. Les tenir pour les autres en est une autre. Les pays industrialisés se sont engagés à verser 100 milliards de dollars par an aux pays en développement. Un objectif qui a maintenant 10 ans, c'était à la Cop 15 de Copenhague. Où en est-on? Dernier chiffre disponible, celui de 2017: un peu plus de 71 milliards de financements publics, de crédits à l'exportation et de financement privés. 100 moins 71, il reste un écart d'environ 30 milliards. Un gouffre aux yeux des écologistes, mais il faut reconnaître aussi qu'il se réduit d'année en année. La prise de conscience existe dans les pays riches. Est-elle à la hauteur? L'avenir le dira. Alors que le ralentissement de la croissance économique traumatise les dirigeants des plus grandes puissances, peut-être peut-on douter de leur réelle volonté à réduire les émissions de CO2.

    Patrons convertis

    D'autant que pour répondre à l'urgence, les besoins sont colossaux ! D'où la nécessité de mobiliser aussi les entreprises. Et de ce point de vue, on constate là aussi un frémissement. À l'occasion de ce sommet à l'ONU, un groupe de 87 grosses entreprises, comme Danone, Nestlé, L'Oréal, Deutsche Telekom, Ikea s’engagent à viser 1.5°C d'augmentation des températures et non 2°C. Et surtout ce qui est intéressant, c'est que cet engagement est piloté par un comité d’experts scientifique (la science based targets) dont fait partie par exemple le WWF, le fonds mondial pour la nature. Il faut rester prudent, mais cette démarche collective est nouvelle. Les patrons de ces multinationales ne se sont pas convertis à la défense de la planète par magie. Les actionnaires, qui sont aussi des citoyens, n'hésitent plus à poser des vétos lors d'assemblées générales quand on leur demande de valider une décision qu'ils considèrent dangereuse pour la planète.

    La finance sous pression

    Même pression accrue chez les acteurs de la finance, chez les assureurs en particulier. Les dégâts liés aux catastrophes naturelles leur coûtent de plus en plus cher. Plusieurs milliards de dollars par exemple récemment aux Bahamas, d’autres désastres comme celui du Mozambique. Les assureurs des assureurs, ceux qu'on appelle les réassureurs promettent des hausses de tarifs dans les mois qui viennent. Et puis il y a les banques: 130 banques vont signer une déclaration « pour une activité bancaire responsable ». En clair, ne pas investir dans les industries polluantes, écarter les clients peu vertueux sur le plan environnemental. On verra ce que ça donnera, mais là aussi, des experts indépendants seront chargés de faire le travail de vérification, ce qu'on appelle le reporting climat. Le résultat de deux ans de discussions au sein de l'ONU. Notez que toutes les banques n'ont pas signé, et surtout pas les banques américaines.

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