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    À la Une: l'ouverture du procès de Saïd Bouteflika en Algérie

    Le président algérien Abdelaziz Bouteflika (G) souriant, lors de son arrivée avec son frère Said Bouteflika (D) au département de la communication de sa campagne lors d'une visite surprise à Alger, Algérie, en 2009. Reuters/Zohra Bensemra

    C'est devant le tribunal militaire de Blida que les audiences ont débuté hier « dans une ambiance particulière », écrit El Moudjahid en Algérie, avec « un impressionnant dispositif sécuritaire quadrillant littéralement les alentours du tribunal dès les premières heures de la matinée ».

    Il faut voir les noms des quatre accusés. Saïd Bouteflika donc, le frère de l'ancien président, entendu aux côtés de Mohamed Mediène et d'Athmane Tartag, deux ex-responsables des services de renseignement, et enfin Louisa Hanoune, la secrétaire générale du Parti des travailleurs.

    Le journal rappelle que « les quatre accusés sont poursuivis pour atteinte à l’autorité de l’Armée et complot contre l’autorité de l’État ». En cause, la participation à des réunions fin mars à la suite d'une déclaration du chef d'État major, Ahmed Gaïd Salah, appelant au départ d'Abdelaziz Bouteflika.

    C'est « un procès historique », assure Slate Afrique. « Conséquence directe du mouvement de contestation né le 22 février » et qui se poursuit aujourd'hui. Le journal en ligne donne d'ailleurs la parole à des habitants d'Alger. « Je ne pensais pas assister un jour à la chute de Saïd (Bouteflika) et de ces puissants généraux », dit l'un d'eux, immédiatement temperé par un autre : « Ce n'est peut-être que du cinéma pour calmer la rue. »

    D'ailleurs, de nombreux journaux s'interrogent Alexis : à quoi ce procès va t-il servir ?

    « Un procès sur fond d'interrogations », titre El Watan. Qui avait connaissance de la feuille de route de Saïd Bouteflika ? Les réunions en question, étaient-elles vraiment secrètes ? Dans une villa truffée d’équipements d’écoute et de télésurveillance, avec des militaires qui veillent à sa sécurité tout au long de l’année.

    « Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce procès des proches de Bouteflika n'est qu’une stratégie de diversion de Gaïd Salah pour éluder les revendications de la rue », renchérit Le Pays au Burkina. « Mais on peut se demander si les Algériens avaleront la pilule aussi facilement que l’a administrée le général Gaïd. »

    « Est-ce un procès cathartique ou un trompe-l'oeil pour amuser la galerie et détourner les "vendredisards", dont les rangs ne font que se massifier chaque jour qui passe dans les rues d'Algérie ? », se demande Aujourd'hui au Burkina. « Gaïd Salah solde ses comptes et joue sa survie. »

    « S’il lâche, il est un homme fini. Seul le peuple algérien pourrait avoir le dernier mot », assure Aujourd'hui. La rue algérienne justement, El Watan lui rend hommage : « Ce qui se joue depuis le 22 février ne peut être réductible à une manœuvre politicienne, encore moins à une obscure opération de conspiration. Dans leurs marches, les Algériens formulent un projet, une aspiration à l'émancipation, un désir d'avenir. »

    À la Une également, une tribune pour défendre les droits des femmes au Maroc

    « Nous, citoyennes et citoyens marocains, déclarons que nous sommes hors-la-loi. » C'est le titre de cette tribune lancée par les écrivaines Leila Slimani et Sonia Terrab, signée par plus de 470 personnes, c'est à lire sur le site du Monde, et sur celui de l'hebdomadaire Telquel.

    « Nous avons eu des relations sexuelles hors mariage. Nous avons subi, pratiqué ou été complices d’un avortement. » Les signataires demandent un débat national sur les libertés individuelles au Maroc pour une société qu'ils disent « mûre pour le changement pour que soient enfin entérinés le respect de la vie privée et le droit de chacun à disposer de son corps » à l'heure où se déroule le procès de la journaliste Hajar Raissouni pour « avortement » et « relations sexuelles hors mariage ».

    En France, Le Monde pointe l'hypocrisie d'un système « obsédé par la virginité » où « la liberté des mœurs sert de prétexte à des règlements de comptes » politiques.

    L'Économiste explique qu'au Maroc, « 14 500 personnes ont été poursuivies l'an dernier dans le royaume pour relations sexuelles hors mariage ». « 3 000 personnes ont été incarcérées pour adultère, et quelque 600 à 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour. »

    Cette démarche, elle rappelle « Le Manifeste des 343 » publié par Le Nouvel Observateur en 1971. « Précurseur de la loi Veil sur l'IVG en France », nous dit Aujourd'hui au Burkina. « Mon corps m’appartient, il n’appartient ni à mon père, ni à mon mari, ni à mon entourage, et encore moins à l’État », écrivent les signataires. Un cri de liberté, qui « vaut toutes les plaidoiries ».

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