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    De mauvaise réputation, les marins monténégrins ont du mal à trouver du travail

    La ville de Kotor au Monténégro (photo d'illustration). PxHere/CC0

    Au Monténégro, les milliers de marins de ce minuscule pays des Balkans de 650 000 habitants naviguent sur les mers du monde, mais ils pourraient perdre leur travail à cause du trafic international de cocaïne.

    Avec notre correspondant à Belgrade,

    Les marins monténégrins sont en train d'acquérir une bien mauvaise réputation : celle de trafiquants de drogue. À l'origine de cette stigmatisation, la multiplication des saisies à bord de navires sur lesquels ces marins travaillent. Il y a eu deux cas récents très emblématiques : d'abord la saisie, en avril en Turquie, de 60 kilos de cocaïne sur le Jadran, qui n'est autre que le navire-école de la marine nationale monténégrine, mais surtout, la police américaine a effectué une saisie record sur un porte-conteneurs dans le port de Philadelphie en juin, de 18 tonnes de cocaïne. Là encore, des marins monténégrins ont été arrêtés. Trop c'est trop. L'administration américaine aurait fait savoir aux compagnies maritimes que les marins monténégrins étaient désormais indésirables dans les ports de marchandise des États-Unis.

    La méfiance autour des marins monténégrins ne se limite pas à l'Amérique du Nord

    D'après Janko Milutin, de l'association des capitaines de marine du Monténégro, la mauvaise réputation des marins monténégrins a déjà gagné le Pacifique. Milutin cite même une compagnie de transport maritime qui aurait récemment licencié tous ses employés monténégrins. Pour l’instant, c'est un cas isolé, car les autres compagnies n'ont pas suivi, mais le risque est très grand pour le petit pays de 650 000 habitants, car des milliers de ses ressortissants font vivre leur famille en navigant.

    Le problème est qu'une infime minorité nuit à tout un corps de métier. Les raisons en sont simples : le Monténégro et la Serbie voisine abritent de gros clans du trafic de cocaïne en Europe. Pour ces clans, les marins sont des contacts intéressants, tandis que pour le travailleur de la mer, la tentation peut être très forte. Une cargaison de cocaïne peut rapporter aux passeurs de quoi mettre sa famille à l'abri du besoin pendant plusieurs années dans ce pays très pauvre.

    Dans le droit de la mer, le capitaine est responsable de ce qui se passe sur son bateau

    Il y a eu des cas où, pour des stupéfiants trouvés à bord, tout l'équipage s'est retrouvé accusé, voire emprisonné. C'est un risque énorme pour une compagnie maritime, d'autant que les marins n'ont aucun moyen de se protéger de ce type d'agissement. Dans un contexte où le trafic maritime connaît un ralentissement, et où certains pays de tradition maritime d'Asie et du Pacifique peuvent fournir une main-d’œuvre bon marché et qualifiée, la tentation peut être forte pour un armateur de sacrifier les marins monténégrins pour assurer l'activité de ses navires.


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