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    Tchad: «Pas de législatives dans la précipitation» pour Saleh Kebzabo

    L'opposant tchadien Saleh Kebzabo. RFI/Christophe Boisbouvier

    Au Tchad, le président Déby a ordonné à la Commission électorale d'organiser les élections législatives avant fin janvier 2020 au plus tard. Une échéance électorale plusieurs fois repoussée depuis 2015. Mais pourra-t-il tenir les délais ? Et si oui, à quel prix ? Le député d'opposition Saleh Kebzabo dénonce la précipitation du pouvoir, au micro de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Le président Idriss Déby veut des législatives avant la fin de l’année, est-ce que vous êtes prêt à y participer ?

    Saleh Kebzabo : Je crois que l’ensemble des partis politiques sont prêts, personne ne peut dire qu’il n’est pas prêt après cinq ans de retard, nous exigeons tout simplement qu’il n’y ait pas de précipitation, parce que le système de Déby c’est toujours faire dans la précipitation pour prendre tout le monde de court, mal faire et ensuite tomber dans des résultats qui vont être contestés, c’est cela que nous voulons éviter.

    Après 15 mois de blocages, les restrictions sur les réseaux sociaux ont été levées en juillet dernier, est-ce que c’est un bon signe pour la suite ?

    Je suis un peu dubitatif, je ne pense pas que ce soit l’essentiel, mais c’est toujours ça de gagné pour les libertés, pour le respect des droits. Cela dit, je pense que ce n’est pas ça l’essentiel, l’essentiel c’est la volonté politique d’aller à des élections transparentes où les normes doivent être respectées.

    Donc en fait, vous êtes ouvert à une discussion avec le pouvoir au sein du CNDP (le cadre national de dialogue politique) ?

    Oui je pense qu’au niveau du CNDP et même en dehors du CNDP, il faut qu’il y ait un débat très large, un débat approfondi, pour discuter de toutes les conditions qui nous amènent à une élection transparente. Et à ce moment-là, je pense qu’on aura fait un grand pas en avant, mais même cela, ce que j’appelle un dialogue a minima, même cela ne convient pas au président Déby qui a ses conditions à lui, qui est de prendre tout le monde de court, de se précipiter, de faire n’importe quoi et ensuite de chercher à valider des élections qui n’en sont pas.

    Et si ces législatives ont bien lieu avant la fin de cette année, est-ce que vous irez, ou est-ce que vous les boycotterez ?

    Elles ne peuvent pas avoir lieu à la fin de l’année, ce n’est pas possible, techniquement, financièrement, humainement, rien n’est en place, on est à 3 mois de la fin de l’année et je ne pense pas qu’on puisse avoir tant d’irresponsabilités pour faire n’importe quoi. Donc le problème ne se pose même pas pour nous, d’y aller ou de ne pas y aller, elles ne peuvent même pas avoir lieu en janvier. Je pense qu’il faut qu’on s’asseye tous, et qu’on voit comment on peut aller à des élections qui ne vont pas souffrir de trop de fraudes.

    À la suite d’un conflit meurtrier entre éleveurs et agriculteurs dans l’est du Tchad, les autorités ont instauré l’état d’urgence dans les provinces du Ouaddaï, du Sila, du Tibesti, est-ce que vous comprenez cette mesure ?

    Nous ne la comprenons pas et nous l’avons rejetée, et nous disons que, si on veut aller à des élections, il faut qu’on lève l’état d’urgence. D’abord, nous pensons qu’il n’est pas fondé, parce que le pays n’est pas en guerre. L’état d’urgence est une situation de non-Etat, c’est-à-dire de non-droit. À supposer même que l’état d’urgence soit contenu uniquement dans ces trois régions, comment est-ce qu’on va y battre campagne ? On ne peut pas aller à des élections sans campagnes électorales normales, c’est pour cela que nous contestons l’état d’urgence. Nous pensons qu’il faut le lever immédiatement, ce sera une des conditions pour aller à des élections rapidement.

    Après une baisse en 2017, l’économie tchadienne connait à nouveau la croissance, un taux de plus de 2% l’année dernière, on espère encore plus de deux pour cent cette année, n’est-ce pas une bonne nouvelle pour vous tous ?

    Ce serait une bonne nouvelle si tout cela pouvait se traduire par un mieux dans les plats des ménagères tchadiennes, en ce sens que si le pouvoir d’achat pouvait s’améliorer, si les prix pouvaient baisser, si l’école, la santé pouvaient aller un peu mieux, je dirais oui, les points de croissance sont effectivement intéressants. Mais pour le moment en tout cas, on n’en voit pas les effets dans la vie de tous les jours. Effectivement, les recettes par exemple du pétrole ont augmenté, et ont même presque doublé, depuis au moins un an, mais on n’en voit pas les effets, on ne voit pas où va cet argent. Il y a un léger mieux sur le plan des recettes d’Etat, donc il faut un léger mieux dans la vie quotidienne des Tchadiens.

    Vous dénoncez le soutien militaire de la France au régime tchadien, c’était contre la colonne rebelle qui a été bombardée en février dernier, mais contre le terrorisme, est-ce que le Tchad n’est pas une digue qui protège toute l’Afrique centrale, comme le dit Idriss Déby ?

    On aurait pu le penser à un moment donné, lorsqu’au début, le Tchad a joué effectivement un rôle essentiel dans une situation comme celle que le Mali a connue. Aujourd’hui je ne sais pas si c’est toujours la même chose. Le fonds de commerce de Déby est de se faire valoir, par rapport à cette situation et de chercher toujours à avoir l’appui exclusif des puissances occidentales sous le prétexte que lui seul est champion de la lutte contre le terrorisme. Mais voilà ce champion qui s’est retrouvé lui-même face à une situation intérieure qu’il n’a pas su bloquer, il a fallu qu’il appelle les troupes françaises à la rescousse pour être maintenant au pouvoir. Je ne vois donc pas où est le vœu de champion qu’il exhibe chaque fois.

    Comment avez-vous réagi à cette frappe de l’aviation française contre cette colonne de Timan Erdimi ?

    On a été choqués, parce que ce sont des centaines de Tchadiens qui ont été tués, sans qu’on connaisse le bilan à ce jour. Parce qu’aussi sur le plan politique, c’est une nouvelle intervention militaire française dans notre pays, la première a eu lieu il y a 50 ans, 50 ans après la France intervient toujours, ça veut dire que nous sommes dans un pays complètement bloqué où rien ne marche.

    Depuis une décision de la Cour suprême en avril dernier, vous êtes destitué de votre statut de chef de file de l’opposition, au profit de Romadoungar Félix Nialbé de l’URD, n’est-ce pas le signe que votre parti UNDR est en perte de vitesse, faute de députés suffisamment nombreux à la chambre ?

    Oh, ce serait un débat assez long. On a perdu un député, ça ne veut pas dire qu’on n’a pas de député. Ce débat veut tout simplement dire que le Tchad n’est pas un pays de droit, parce que la Cour suprême a pris cette décision en dépit du droit qui dit que le chef de l’opposition est en place pour la durée de la législature, il n’y a pas de comptabilité à faire chaque fois qu’il y a quelqu’un qui part ou qui meurt, et donc je crois que c’est le pouvoir qui a engagé cette décision pour me destituer. Elle allait dans une direction qui lui convenait mieux et pour préparer les élections peut être dans des conditions meilleures.

    Mais en soutenant un chef de file de l’opposition contre un autre, est-ce que le pouvoir ne réussit pas à diviser cette opposition ?

    C’est ça qu’il faut regretter et moi je me bats de toutes mes forces depuis quelque temps pour éviter cette division artificielle et pour demander aux partis politiques de s’unir pour aller à l’essentiel, aller ensemble aux élections afin de combattre le MPS. Je pense qu’on va réussir cela, je crois que tout le monde comprend, et entre le nouveau et l’ancien chef de file de l’opposition, il n’y a absolument pas de problème, et s’il y a quelques ombres actuellement, ce sont des nuages qui vont être dégagés pour faire place à une entente afin d’aller dans une direction qui est la bonne, c’est-à-dire unir nos forces face au pouvoir en face.

    Mais ne soupçonnez-vous pas le nouveau chef de file de l’opposition Romadoungar Félix Nialbé d’être trop complaisant à l’égard du régime ?

    Je n’ai pas à le faire puisque je n’ai pas vu d’acte qu’il ait posé qui soit contraire aux intérêts de l’opposition. Moi je veux juger sur pièce, je ne veux pas accuser de façon légère. Romadoungar a été un député qui a été élu dans le cadre du parti URD, celui de l’ex-président Kamougué qui est décédé. C’est donc un parti d’opposition jusqu’à preuve du contraire.

    Et vous restez unis face au pouvoir ?

    Je pense qu’on devrait l’être, c’est dans cette direction qu’on va inviter Félix Romadoungar à agir. Je crois qu’il est disposé à le faire, les résultats se feront sentir dans les jours qui viennent.


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