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    Un automne irakien ?

    Des jeunes manifestent dans les rues de Bagdad, le 4 octobre 2019. REUTERS/Alaa al-Marjani

    Retour sur les manifestations massives de la jeunesse irakienne, violemment réprimées par les autorités. Comment expliquer cet embrasement social à Bagdad et dans le sud chiite du pays ?

    Comme souvent dans ce genre de mouvements, il y a un facteur déclencheur. En l’occurrence, c’est la décision du gouvernement irakien de limoger Abdel-Wahab Al-Saadi, héros de la lutte contre le groupe État islamique, qui a mis le feu aux poudres. Le renvoi de cet homme, respecté par des millions de jeunes irakiens, a été interprété comme la nouvelle manœuvre d’une classe politique corrompue. À cela s’ajoute un terreau social qui est explosif depuis des années en Irak. Il y a eu d’ailleurs de fortes manifestations déjà en 2015 et 2016, puis à l’été 2018.

    C’est toujours la même situation qui est dénoncée : la corruption des hommes politiques, accusés de servir leurs intérêts personnels plutôt que celui du pays. Et puis leur incapacité à mener à bien les réformes nécessaires pour venir à bout des maux qui minent l’Irak depuis la chute de Saddam Hussein en 2003 : des infrastructures hors d’âge, des services publics déficients, notamment pour l’accès à l’eau potable et à l’électricité.

    Des manifestants issus de la jeunesse du pays

    Ce sont surtout les jeunes qui manifestent. Un peu une génération post-Saddam Hussein, qui est née quelques années avant la chute du dictateur irakien et qui aujourd’hui a vingt ans. Elle n’a pas connu la main de fer de Saddam Hussein, mais a subi les troubles qui ont suivi l’intervention américaine. Notamment les luttes interconfessionnelles entre la majorité chiite, qui a récupéré une grande partie du pouvoir, et une minorité sunnite qui regrette le bon vieux temps de Saddam Hussein, quand elle dirigeait l’Irak. Et puis la lutte aussi contre l’occupant américain, les attentats réguliers et meurtriers, et enfin l’émergence de l’organisation sunnite de l’État islamique, qui a fait régner la terreur sur un tiers du territoire pendant trois ans, entre 2014 et 2017.

    ► À écouter aussi : Vers la fin de l'organisation État islamique ?

    Ayant grandi dans un tel environnement, elle voudrait au moins avoir sa place dans la société irakienne. Alors que le chômage des 18/30 ans atteint les 25 %. D’où cette explosion soudaine et violente. Cette confrontation brutale et parfois meurtrière avec les forces de l’ordre.

    Un pouvoir irakien dépassé par ce mouvement

    Alors, jusqu’où peut aller ce face-à-face ? Difficile à dire, mais en quatre jours les choses sont allées très vite. Malgré la répression, malgré le couvre-feu instauré à Bagdad et dans plusieurs villes du sud du pays, et en dépit de la coupure quasi totale du réseau internet, les manifestations se poursuivent. La Zone verte, le cœur névralgique du pouvoir, qui venait juste d’être rendue accessible au peuple, a été de nouveau bouclée.

    Le Premier ministre Adel Abdel Mahdi, en fonctions depuis 11 mois à peine, assume, mais dit également comprendre les demandes légitimes de cette jeunesse très en colère. En fait, on sent bien que le pouvoir navigue à vue et se trouve un peu dépassé par ce mouvement d’une jeunesse éruptive, qui, outre ses revendications sociales, réclame de plus en plus la chute d’un régime qu’elle estime pourri - et trop inféodé au grand frère iranien.

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