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    Incendie de Lubrizol à Rouen, vrais et faux dangers

    La fumée monte d'un incendie dans une usine de Lubrizol à Rouen, France, le 26 septembre 2019. Blas Garcia/REUTERS

    Que s’est-il passé à Rouen dans la nuit du 25 au 26 septembre ? Comment l’information ou le manque d’informations ont-ils été gérés au lendemain de la catastrophe de Lubrizol ?

    Entre les photos de la colonne de fumée noire et la diffusion de la liste des produits concernés par l’incendie, les infox ont tourné à plein régime sur les réseaux sociaux, relayées parfois avec une certaine malveillance.

    Il y a une grosse différence entre l’expression de craintes légitimes, les appels à la vigilance, le questionnement des experts et des élus sur la toxicité des fumées qui ont survolé Rouen et sa région, et le torrent de fausses informations qui s’est déversé sur internet, dans le but d’attiser le malaise, voire provoquer la panique ou la colère des riverains de l’usine, avec des infox répandues jusque sur les bancs de l’assemblée.

    Exemple : « Dans l’usine se trouvait de l’acide chlorhydrique, principe actif du gaz moutarde connu depuis la première guerre mondiale. Oui ou non ce produit a-t-il brûlé dans l’incendie. Oui ou non ? » C’était mardi à l'Assemblée nationale, extrait de l’intervention de François Ruffin du groupe La France Insoumise.

    Tout à fait légitime, la volonté d’en savoir plus sur la réalité des dangers potentiels, alors que la liste des produits présents sur le site de l’incendie n’avait pas encore été publiée. L’argument se fait néanmoins tendancieux lorsqu’il s’agit de convoquer le souvenir de la Première Guerre mondiale et l’emploi du gaz moutarde, pour faire peur, alors que l’acide chlorhydrique, s’il entre dans la composition du gaz moutarde, il y en a aussi dans beaucoup des produits de notre quotidien : nettoyants, décapants, produits pharmaceutiques, et même certains additifs alimentaires, d’ailleurs notre propre estomac en sécrète, il y en a dans les acides gastriques.

    Alors, « oui ou non » les autorités ont-elles voulu cacher la vérité sur les dangers encourus, les risques sanitaires, car c’est bien ce que suggère le député Ruffin lorsqu’il commence son intervention en disant : « Depuis vendredi vous savez, messieurs les ministres » ?

    L’exploitation des doutes et la fabrique de la peur

    Depuis Tchernobyl, les populations ont retenu qu’officiellement on avait tenté de leur faire croire que les effets de l’accident nucléaire s’arrêtaient aux frontières, ce qui explique désormais en partie la méfiance face aux catastrophes technologiques et au récit officiel.

    En l’occurrence à Rouen, on sait désormais que 5 253 tonnes de produits chimiques ont été détruites dans l’incendie, la préfecture a publié 479 fiches de produits avec leurs caractéristiques et risques associés.

    Mais ce souci de transparence affiché ne règle rien, comme le soulignent les experts. La question demeure quant aux effets de la combustion simultanée des produits, qui peut donner des mélanges dont on ne connait pas la nature. Ce que les autorités reconnaissent parfaitement, d’ailleurs. Et donc les analyses sont encore en court.

    Du coup, les déclarations rassurantes du gouvernement paraissent incohérentes. On affirme d’un côté que les premiers tests sur la qualité de l’air révèlent un état habituel, de l’autre, on applique le principe de précaution en empêchant les agriculteurs d’écouler leurs marchandises.

    À l’heure actuelle, rien ne permet pourtant de suspecter une volonté délibérée de cacher la vérité, mais c’est la connaissance même de cette vérité qui pose encore problème pour le moment, et rend la gestion de la crise particulièrement difficile. D’où la tentation qu'ont certains d’en rajouter… au-delà du raisonnable. Il est aussi paradoxal de dénoncer des « vérités cachées » sur les dangers encourus, et de reprocher l’application d’un principe de précaution qui permet précisément de minimiser les risques au cas où.

    Photos recyclées et fausses alertes

    D’autres exemples d’infox circulent sur les réseaux, qui alimentent les doutes, sans que leurs auteurs ne réalisent l’impact de la diffusion de ces fausses nouvelles.

    On a vu la photo de deux pigeons morts, retweetée, et se multiplier sur facebook avec des commentaires selon lesquels des milliers d’oiseaux seraient morts suite à la catastrophe. Le photographe surpris par le succès de son cliché a jugé bon de rectifier le tir. En fait, il ne savait même pas depuis quand ces cadavres de pigeon se trouvaient là, aucun lien avéré avec l’incendie.

    Une autre photo d’oiseaux morts sur une autoroute, a été également utilisée. Une simple recherche d’image inversée permet de constater que la scène remonte à l’année 2011 et se déroule en Louisiane.

    On a aussi vu aussi s’exprimer des inquiétudes concernant l’eau du robinet. Certaines alimentées par un article en ligne sur le « monoxyde de dihydrogène décelé dans l’eau du robinet »… l’infox émane d’un site « Science info » qui porte mal son nom puisque c’est un site parodique, et qui prévient lui-même (si l’on fouille un peu) : « Ne croyez pas tout ce que l’on vous raconte ».

    Ce site recycle la vieille blague des milieux scientifiques sur le monoxyde de dihydrogène, molécule potentiellement mortelle que l’on retrouve dans l’eau du robinet à Rouen. Le monoxyde de dihydrogène, c’est H2O, c’est-à-dire en fait, la formule de l’eau tout simplement. On en trouve donc à la sortie des robinets à Rouen comme ailleurs. Elle peut s’avérer mortelle, mais dans certains cas seulement, la noyade par exemple. En réalité, rien d’inquiétant n’a été décelé à Rouen à ce stade, concernant l’eau du robinet. Elle reste potable.

    [Vidéo] Tout savoir sur le monoxyde de dihydrogène

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