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    À la Une: les nerfs à vif dans la «capitale» Baoulé

    Patrouille des forces de sécurité ivoiriennes à Bouaké, mardi 23 mai 2017, après les incidents survenus le même jour autour d'une manifestation d'ex-rebelles démobilisés (image d'illustration). REUTERS/Abdul Fatai

    La ville de Bouaké et sa région sous haute tension en Côte d’Ivoire après la condamnation, hier, du chef local du PDCI, Jacques Mangoua. Un militant du PDCI tué par les forces de l’ordre.

    Il s’appelait Romaric Kouassi N’Guessan, il avait 32 ans, il a été tué hier à Djénéboua, au sud de Bouaké, sur la route de Tiébissou. Un mort « par balle », signale l’Agence de presse africaine.

    Le PDCI condamne les « tirs à balle réelle effectués par les forces de l’ordre contre les paisibles populations venues apporter leur soutien au président du Conseil de leur région », complète l’APA, en citant un communiqué du PDCI, le parti fondé par le « père » de la nation ivoirienne Félix Houphouët-Boigny.

    « Bouaké et sa région en ébullition », lance la Une du journal Notre Voie, sur laquelle des jeunes gens, sur un barrage routier, alimentent au moyen d’un pneu de poids-lourd un brasier qui crache une épaisse fumée.

    « Mort et blessé grave à Bouaké, hier », précise en manchette Soir Info, alors que « Mangoua et son chargé de mission (ont été) condamnés lourdement », énonce ce quotidien indépendant ivoirien.

    « Le procès de la honte ! », s’indigne Le Nouveau Réveil. À la Une de ce quotidien proche du PDCI, Me Luc Adjé relève que « le procureur a évoqué la question politique ».

    Et c’est une sorte de « j’accuse » digne de l’écrivain français Emile Zola que cet avocat lance à la Une de L’Inter. Lequel quotidien indépendant signale que cette figure du barreau ivoirien dénonce un « procès politique ».

    De son côté, Le Quotidien d’Abidjan fait état d’un survol des manifestations par des hélicoptères de combat. « Le régime lance ses MI-24 contre les manifestants », affirme la manchette de ce quotidien proche de l’ex-président de la République Laurent Gbagbo.

    Et le journal Générations nouvelles avertit que le « V baoulé » se dresse « devant Ouattara ».

    Au Cameroun, dialogue national rime avec liberté pour 333 prisonniers

    C’est ce matin que s’achève le « grand dialogue national » au Cameroun. En signe d’apaisement, le président Paul Biya, qui l’avait initié, a ordonné la libération de 333 prisonniers. Ils avaient été arrêtés pour délits commis dans le cadre de la crise anglophone.

    Au Burkina faso, le journal Le Pays apprécie « un geste qu’il convient de saluer à sa juste valeur, car il participe de l’apaisement (…) Cette libération de prisonniers vise à apporter du fuel pour que la machine puisse continuer à fonctionner », formule ce quotidien ouagalais. Lequel estime que « Biya vient de réussir un coup politique (même s’il) se demande si la libération de ces prisonniers suffira à satisfaire l’opposition ».

    Le plan com’ de l’armée camerounaise

    Pendant ce temps, dans le nord du Cameroun, le pouvoir communique pour redorer l’image de l’armée, gravement mise en cause ces derniers temps pour des exactions commises dans le cadre de sa lutte contre l’organisation terroriste Boko Haram.

    Reportage du journal français Libération dans l’Extrême-Nord du Cameroun, dans les cantines du BIR, le Bataillon d’intervention rapide, ce corps d’élite de l’armée camerounaise. Après cinq années de combats contre Boko Haram, l’armée « espère pacifier le Nord et regagner les cœurs », constate sur place Libé. Une gageure car, comme le rappelle ce journal, les forces armées déployées dans la région « ont multiplié les exactions et les exécutions sommaires ».

     

    Résultat : « Entre la population et les forces armées, la défiance est mutuelle et permanente », constate Libé. « C’est vrai que la stratégie du tout-militaire fut une erreur », concède à Libération le colonel Albert Bias, commandant du BIR dans la région de l’Extrême-Nord.

     

    « Les forces n’étaient pas préparées à l’arrivée de Boko Haram. Elles ne maîtrisaient pas l’environnement et les codes culturels du Sahel, admet cet officier en poste sur place depuis dix ans. Mais le gouvernement implique désormais les chefs traditionnels et la population à travers les comités de vigilance », complète-t-il, et les militaires camerounais sont davantage mobilisés pour des « actions humanitaires ».

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