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    Deux mandats? Largement suffisants!

    Jean-Baptiste Placca. (Photo : Claudia Mimifir)

    Le leadership nouveau qu’attendent fébrilement les Africains passe nécessairement par la clarté du verbe, la lucidité et le courage du discours.

    ►Alexis Guilleux : en ouverture d’un forum organisé à Niamey par le NDI (National Democratic Institute), le chef de l’État nigérien Mahammadou Issoufou a tenu, cette semaine, devant un parterre d’anciens chefs d’État et de gouvernement africains, de chercheurs et de praticiens du droit constitutionnel, un discours dont vous dîtes qu’il est du genre à revigorer les peuples africains, qui ne l’oublient pas. En quoi était-ce si revigorant ?

    Parce que c’est un discours de vérité, qui tranche avec l’hypocrisie générale, y compris de démocrates qui n’osent pas trop indisposer leurs pairs, accrochés au pouvoir. Ecoutez donc : « Le pouvoir engendre la volonté de s’y maintenir (…) et les détenteurs du pouvoir sont portés à en abuser d’autant plus que leur présence aux affaires se prolonge indéfiniment. (…) L’usure du pouvoir peut conduire au despotisme, au clanisme et à l’inefficacité. »

    Ce forum, faut-il le souligner, avait pour thème : « Le constitutionnalisme pour la consolidation de la démocratie et le transfert pacifique du pouvoir en Afrique. » Le leadership nouveau qu’attendent fébrilement les Africains passe nécessairement par la clarté du verbe. La lucidité et le courage dans le discours, pour fixer un cap précis, et ensuite les populations surveillent les actes, pour s’assurer que les leaders agissent en conformité avec ce qu’ils proclament. Dans le cas d’espèce, c’est un chef d’État qui dénonce la tentation de la présidence à vie, et qui a d’ores et déjà pris les dispositions pour rendre lui-même son tablier, dans un an. C’est ce leadership nouveau qui vaut aussi au Ghanéen Nana Akufo-Addo l’admiration du continent tout entier. Car il ne se contente pas de dire que l’Afrique doit assumer elle-même ses responsabilités, au lieu de tout le temps appeler l’extérieur à la rescousse. Il joint le geste à la parole, en libérant son pays de l’encombrante tutelle du FMI.

    Il est, ainsi, des discours qui restent à jamais dans les mémoires, et d’autres qui s’oublient avant même d’avoir été prononcés. Celui de Nana Akufo-Addo à la 3e Conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation, en février dernier à Dakar en était. Et il y a tout lieu de penser que celui de Mahammadou Issoufou, ce début octobre, à Niamey, entrera dans ces discours mémorables.

    En quoi est-ce si mémorable ?

    Dans un contexte sous-régional, où la mode consiste à ruser pour s’autoriser un troisième mandat, sinon la présidence à vie, il n’y a rien de tel qu’un engagement ferme à respecter la Constitution et à s’en aller au terme de son second mandat, pour conforter son image de démocrate d’un chef d’État.

    Mais que dit Mahammadou Issoufou de si gênant pour certains de ses pairs ?

    En Afrique, le débat sur la consolidation de la démocratie et le transfert pacifique du pouvoir se concentre surtout sur un point essentiel : celui de la limitation du nombre de mandats. S’appuyant sur des exemples historiques de limitations de mandats, le chef de l’État nigérien décrit ce en quoi la tentation de la présidence à vie est inhérente à la nature même du pouvoir politique.

    « En France, a-t-il affirmé, la dernière limitation de mandat date du 23 juillet 2008. Mais la Constitution de la Deuxième République française, celle de 1848, prévoyait l’élection du président de la République pour un mandat de quatre ans et une réélection après un intervalle de quatre ans. Le premier président élu pour un mandat de quatre ans qui ne pouvait être renouvelé qu’après une interruption de quatre ans, Louis Napoléon Bonaparte, tenta vainement de faire modifier la Constitution. N’ayant pu aboutir à ses fins par les voies légales, il organisa un coup d’État et se proclama empereur sous le nom de Napoléon III. » Cet exemple montre, comme beaucoup d’autres, que le pouvoir engendre la volonté de s’y maintenir. Mahammadou Issoufou affirme queles détenteurs du pouvoir sont portés à en abuser.Et c’est un chef d’État africain qui parle ! Rien qu’entendre cela fait du bien !

    Quelles conclusions tire-t-il de tous ces constats ?

    Le peuple, de son point de vue, aspire au changement de manière périodique et la limitation de mandats lui offre cette opportunité.Et ce serait, selon lui, le système démocratique le plus répandu au monde, y compris en Afrique. Où 35 pays limitent les mandats, 12 n’ont aucune limitation, six ont aboli la limitation, et deux ont modifié la limitation. Et de rendre un hommage appuyé à Nelson Mandela qui, malgré les pressions, a décidé de ne faire qu’un seul mandat, alors qu’il était le mieux fondé à réclamer une présidence à vie.

    Il ne risque pas de se faire beaucoup d’amis parmi ses pairs, avec un tel discours…

    Il en gardera toujours quelques-uns, et pour bien plus longtemps que ce que valent les amitiés de despotes. Mais il y va de temps à autre avec prudence, et pose des questions, avant de demander aux chercheurs de trancher. Par exemple entre les droits de l’homme politique à briguer des mandats sans fin, et les droits de l’électeur (qui est aussi homme), à respirer un peu, de temps à autre.

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