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    À la Une: l’hommage et le trouble

    Emmanuel Macron lors de l'hommage aux policiers tués. REUTERS

    C’est le grand titre du Figaro ce matin et il résume bien le sentiment général parmi les commentateurs. Certes, Emmanuel Macron a prononcé hier matin un vibrant hommage aux 4 fonctionnaires tués la semaine dernière, mais « les mots ne suffiront pas », pointe Le Figaro, « les mots justes du président ne sauraient à eux seuls dissiper la stupeur - l’indignation - provoquée par la nouvelle attaque que vient de subir notre pays. »

    En effet, relèvent Les Echos, « en parlant, sous la pluie, dans la cour de la Préfecture de police, Emmanuel Macron a eu hier, de toute évidence, cette contradiction en tête. Il signifie sa détermination à agir, mais les mots sont usés, c’est surtout l’échec que l’on retient. Un terroriste islamiste a prospéré et opéré en plein cœur de l’antiterrorisme français. »

    « C’est en réalité un terrible constat que fait le président, pointe L’Opinion. C’est l’aveu de la faiblesse des institutions face à cette hydre, de leur impuissance à lutter efficacement. »

    La République des Pyrénées s’agace : « il est tout de même effarant que dans un pays qui a compté 263 morts et des centaines de blessés depuis 2012 du fait d’attentats islamistes, l’on doive encore en appeler à une "société de vigilance" comme l’a fait hier le président de la République [...]. Comme si le combat contre "l’hydre islamiste" n’était pas une telle évidence de salut public qu’il soit sans cesse nécessaire de réveiller les mémoires et ranimer la citoyenneté. Une sidération compréhensible, pointe encore le quotidien béarnais, quand dans l’enceinte d’un des bâtiments les mieux protégés de France, un informaticien employé dans un service de renseignement réputé ultra sécurisé a pu échapper à toute vigilance interne malgré une radicalisation religieuse, moteur de ses futurs crimes." »

    Quels autres méfaits ?

    Et « après la courte parenthèse de l’hommage aux quatre victimes, les questions ont repris de plus belle, relève Libération, sur les failles qui ont conduit, jeudi dernier, à la tuerie de la préfecture de police de Paris. »

    Et elles sont nombreuses ces questions, pointe Libération. « Que contient la clé USB retrouvée au bureau du tueur ? L’ensemble des fichiers emmagasinés a-t-il été sciemment enregistré à des fins personnelles ? L’informaticien circulait-il librement ? Participait-il, comme l’affirme Le Canard Enchaîné dans sa dernière édition, à des opérations de renseignement ? A-t-il pu capter l’identité des infiltrés dans les réseaux islamistes ? Enfin, ultime question capitale : a-t-il transmis des données à d’éventuels complices ? C’est peu dire que l’enquête menée par la police judiciaire met la DRPP (la Direction du renseignement de la préfecture de police) sens dessus dessous… »

    Au total, révèle Le Parisien, pas moins de « 160 enquêteurs sont mobilisés pour exploiter les supports informatiques de Mickaël Harpon. Et plus particulièrement cette fameuse clé USB de 64 Go saisie à son bureau. Les 160 enquêteurs s’attachent donc à éplucher document par document, mail par mail, afin de vérifier que Mickaël Harpon les a bien extraits dans un but professionnel et non à des fins criminelles. Avec la difficulté que certaines données sont couvertes par le secret- défense. Chaque policier a 600 données à traiter en moyenne ! En parallèle, pointe encore Le Parisien, l’enquête judiciaire se poursuit pour déterminer comment cet agent administratif bien noté a basculé dans l’islam radical et s’il a bénéficié de complicités intellectuelles et logistiques. »

    En attendant, « c’est un moment très difficile pour les musulmans de France, affirme La Croix. Attaqués de l’extérieur par des polémistes d’extrême droite, ils se trouvent, en quelque sorte, attaqués aussi de l’intérieur par l’homme, converti à l’islam, qui, jeudi, a tué quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris. Fanatisme inouï [...]. Dès lors, poursuit La Croix, les musulmans doivent s’interroger sur ce qui peut conduire quelqu’un à perpétrer des actes d’une telle barbarie au nom de leur religion. Cet effort de réflexion est indispensable pour que les fidèles pratiquant pacifiquement leur foi ne se trouvent pas assimilés à des terroristes. Si ce travail d’introspection n’est pas mené de l’intérieur, il sera imposé de l’extérieur, avec les risques d’excès que cela induit. »

    Trump : le rétropédalage

    À la Une également, la volte-face de Donald Trump…

    « Face au tollé, notamment dans son propre camp, causé par l’annonce du retrait américain du nord-est de la Syrie, le président américain a fait marche arrière dans la confusion », constate Le Figaro.

    « Les dégâts créés par cette volte-face sont considérables, poursuit le journal. Les Américains étaient parvenus ces derniers mois à faire baisser la tension dans la zone frontière en mettant en place des patrouilles conjointes avec l’armée turque. » Peine perdue… Par ailleurs, « la décision de Trump, qui semble avoir été prise après un coup de téléphone avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, a semé la confusion chez les alliés des États-Unis, dont la France. »

    Le Monde ne mâche pas ses mots : « Le tollé provoqué par l’annonce de ce retrait précipité a été tel que Donald Trump a été contraint de rétropédaler, ajoutant la confusion à l’ineptie. Même si le président, plus tard, ne parlait plus que du départ de quelques dizaines de membres des forces spéciales, le mal est fait sur le plan diplomatique. La séquence a obligé le Pentagone à affirmer qu’il ne cautionnait pas l’intervention turque dans le nord de la Syrie, évoquant une opération aux "conséquences déstabilisatrices" pour la région. Ce rappel à l’ordre du ministère de la défense à son président en dit long sur le chaos provoqué à Washington. »

    Par ailleurs, « l’embarras de Paris, pointe encore Le Monde, la capitale occidentale la plus engagée aux côtés des Kurdes, n’en est que plus évident. En avril, Emmanuel Macron avait reçu à l’Élysée une délégation de dirigeants du Rojava, la région autonome kurde de Syrie, leur garantissant le plein soutien de Paris. Cela risque de n’être désormais que des mots. La France mesure ainsi sa mise hors-jeu dans le conflit syrien, où elle dépend d’un allié américain imprévisible et peu fiable. Au-delà du manquement à la parole donnée, les signes de désengagement américain ne font que favoriser la résurgence de l’EI sur fond de chaos dans la région. "Le plus gros mensonge de cette administration est que l’EI a été vaincu", affirme Lindsey Graham, l’un des piliers de la majorité républicaine au Sénat. Un de plus, conclut Le Monde, mais celui-ci pourrait avoir des conséquences incommensurables. »

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