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    À la Une : la libération de Nabil Karoui

    Le candidat à la présidentielle tunisienne Nabil Karoui a été libéré le 9 octobre 2019 ANIS MILI / AFP

    Décidément cette élection présidentielle en Tunisie prend des allures de feuilleton à rebondissements. Dernier en date donc, la libération de Nabil Karoui, l’homme d’affaires et candidat, qui était incarcéré depuis le 23 août pour suspicion d’évasion fiscale et blanchiment d’argent. C'est une décision de la Cour de cassation. Alors que va-t-il se passer maintenant ? Le second tour de la présidentielle va-t-il avoir lieu dimanche, comme prévu ?

    Pas sûr, d’après le site d’information Tunis Webdo qui affirme qu’« à en croire maître Kamel Ben Messaoud, membre du comité de défense de Karoui, ce dernier veut reporter le scrutin. Un report destiné à permettre à Nabil Karoui de faire campagne. »

    Vers un débat entre les deux candidats ?

    En attendant, l’élection est toujours prévue dimanche. Et cette « libération de Nabil Karoui va donner un nouveau goût à la campagne électorale », s’exclame le site Tunisie Numérique. Il est vrai que les deux finalistes vont devoir se dévoiler. Jusqu’à hier, pointe le site, les tunisiens avaient le choix entre « un candidat condamné au silence et un autre qui avait choisi de se murer dans le silence. » En effet, Kaïs Saied avait « annoncé qu’il renonçait à faire campagne, du moment que son concurrent en était privé. (…) Or, relève Tunisie Numérique, « maintenant que Nabil Karoui est libéré et va entamer ses quelques heures de campagne électorale, Kaïs Saied va obligatoirement sortir de son cocon et affronter son public. C’est ce qui devrait enfin donner une touche de charme à cette campagne électorale ! »

    Et apparemment, l’impatience est grande, notamment dans les médias. Le site tunisien Réalités, rapporte que « le journaliste Elyes Gharbi a annoncé que des négociations étaient actuellement en cours en vue d’organiser un débat présidentiel opposant les deux adversaires. Techniquement, a-t-il dit, tout est prêt. »

    Report du scrutin ?

    Alors, report du scrutin pour permettre aux deux candidats de faire réellement campagne ? « Et pourquoi pas ? », lance L’Observateur Paalga au Burkina, ce serait logique : « il n’est pas interdit de penser que, tirant conséquences de cette nouvelle donne, le scrutin sera repoussé pour qu’il y ait une véritable campagne de l’entre-deux tours avec, pourquoi pas, avance également le quotidien ouagalais, un débat entre les deux finalistes pour enfin permettre aux Tunisiens de se décider en toute connaissance de cause. »

    La balance penche en faveur de Saied

    En tout cas, débat ou pas et quelle que soit la date du scrutin, « la libération de Nabil Karoui relance la campagne présidentielle », constate Le Monde Afrique.

    Le Monde Afrique qui s’interroge, « sa libération lui permettra-t-elle de remonter son handicap sur son concurrent Kaïs Saied, dont les chances d’être élu dimanche semblent a priori plus élevées, si l’on en croit du moins les sondages ? Kais Saied, enseignant en droit constitutionnel, avait su exploiter avec succès le regain d’aspiration "révolutionnaire" d’une jeunesse – notamment la catégorie des "diplômés chômeurs" – qui s’était sentie trahie par la classe politique au pouvoir depuis 2011 »

    Le conservatisme moral et religieux teinté de souverainisme sourcilleux, avait aussi valu à Kaïs Saied le soutien d’un courant d’opinion toujours vigoureux en Tunisie, celui proclamant son attachement à « l’identité arabo-musulmane » du pays. « Il reste deux jours à Nabil Karoui, pointe Le Monde Afrique, pour tenter de renverser le rapport de force en sa faveur, en mobilisant notamment dans le réservoir de la famille dite "moderniste", qui avait étalé ses divisions intestines à la veille du premier tour. »

    Il est vrai qu’à l’issue des législatives de dimanche dernier, le rapport de force politique est en faveur de Kaïs Saied, relève également Le Pays au Burkina : en effet, « les islamistes d’Ennahdha et Nidaa Tounes, la formation du président défunt, ont décidé d’apporter leurs voix au juriste Kais Saied afin qu’il accède à la magistrature suprême. Mais, s’interroge Le Pays, faut-il pour autant faire le requiem des ambitions de Nabil Karoui ? La sagesse commande la prudence car (…) cet ex-prisonnier qui respire désormais l’air de la liberté pourrait bénéficier de la sympathie des électeurs qui verraient en lui, un martyr de la démocratie et par conséquent, le porter à la plus haute cime du pouvoir. C’est dire si le jeu électoral reste toujours ouvert. »

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