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    Coup d'État: les derniers à le voir venir…

    Jean-Baptiste Placca. (Photo : Claudia Mimifir)

    Au Mali, un ex-général passé à la politique a ouvertement suggéré que, pour abréger les souffrances du peuple malien, il faut « mettre fin au régime incompétent » du président Ibrahim Boubacar Keïta. Et depuis, la notion de coup d’État semble s’être banalisée dans le discours politique, et cela vous paraît extrêmement préoccupant. Pourquoi donc ?

    Parce que la notion même de coup d’État est des plus… radioactives, et doit être maniée avec délicatesse, une extrême prudence. Or, il se trouve qu’au Mali, elle tend à se banaliser dans le discours politique. Et au sein de la population, l’on y recourt aujourd’hui à tort et à travers. C’est d’autant plus inquiétant que certains s’y réfèrent comme si c’était une option politique comme une autre, pour sortir des difficultés actuelles de leur pays, qui tournent essentiellement autour du fait que le Mali est confronté au terrorisme, comme tant d’autres États dans la sous-région et à travers le monde.

    Aussi, lorsqu’un ex-général de l’armée malienne suggère que pour abréger les souffrances de son peuple, il suffirait de mettre fin au régime d’un chef d’État réélu depuis à peine un an pour un mandat de cinq ans, l’on se demande par quel autre moyen qu’un coup d’État il espère y arriver. Et tous, nous savons que si ce sont les militaires qui commettent les coups d’État en Afrique, c’est, en général, dans l’esprit des hommes politiques que germent, en premier, les idées qui y mènent.

    Faut-il comprendre que ce sont les politiques qui poussent les militaires à faire des coups d’État ?

    Dans la plupart des cas, oui. Si l’on exclut l’ambition d’un seul homme ou d’un groupe d’officiers, le premier cas de figure est celui où les militaires constatent un désordre innommable ou une injustice insupportable et s’organisent pour agir, seuls. Autre cas de figure, les militaires sont discrètement approchés par des hommes politiques, qui n’en peuvent plus d’attendre les échéances normales, ou qui, sachant que jamais ils ne parviendraient au pouvoir par le biais du suffrage universel, cherchent quelqu’un pour leur faire la courte-échelle. Ils les convainquent d’agir, « pour le bien de la population », car le peuple est toujours l’alibi ultime, réel ou mensonger, parce qu’un coup d’État doit toujours se justifier par des motivations nobles.

    Il y a, ensuite, les cas que l’on a observés en Tunisie, en Égypte, en Libye, au Burkina et, plus récemment, en Algérie et au Soudan : le peuple est épuisé de souffrir un régime sans fin et se soulève. Mais, pour déloger le despote, il faut des armes, et les officiers les plus gradés (ou les plus audacieux) interviennent, pour parachever le travail des manifestants. Et, comme l’on a pu s’en apercevoir au Burkina, en Algérie et au Soudan, ceux qui parachèvent le travail ont souvent tendance à se muer en troisièmes larrons, pour confisquer le pouvoir.

    Au Mali, l’ex-général avait-il besoin d’en parler, si telle était réellement son intention ? Il pouvait aussi agir en secret…

    Il ne se cachait pas. Mais son « tweet » prenait prétexte du massacre d’une quarantaine de soldats par des terroristes. Et l’on se souvient que c’est à la faveur d’une humiliation du même type que des soldats et officiers de second rang avaient renversé le président Amadou Toumani Touré. Voilà sans doute pourquoi l’on a parlé d’incitation à la révolte, même si tout cela semble n’avoir pas de suite judiciaire. Parce que « IBK » est d’un niveau politique suffisamment subtil pour comprendre que faire arrêter un ex-général fera surtout la publicité de ce dernier.

    Le laisser en liberté est même une façon de le décevoir et, peut-être, de lui signifier qu’il n’a pas joué de finesse. Car le terrorisme est un mal qui n’épargne personne, même pas les grandes puissances. Alors, si les opposants, partout où sévit le terrorisme, devaient se mettre à chasser le président de la République, l’on n’en finirait pas. Et, tout général qu’il est, il ne peut garantir que plus aucun soldat malien ne sera tué, s’il venait à être porté au pouvoir.

    A cela, il faut ajouter la déclaration du ministre des Affaires étrangères, sur RFI, a prévenu que la Cédéao n’accepterait pas un éventuel coup d’État au Mali…

    Par essence, un coup d’État est un acte déraisonnable. Et ceux qui le commettent ne s’embarrassent guère de principes édictés par une Cédéao qui a, elle-même, tant de mal à respecter ses propres règles. Il vaut encore mieux ôter aux putschistes virtuels tout alibi pour leur pronunciamiento, plutôt que de s’abriter derrière une organisation qui subit davantage qu’elle n’anticipe.

    En général, ceux qui sont susceptibles d’être victimes d’un coup d’État sont les derniers à le voir venir…

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