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    Peine de mort au Pakistan, les pauvres et les enfants en première ligne

    Kamran Arif, avocat et vice président de la commission des droits de l'homme du Pakistan (capture d'écran). Kamran Arif (@KamranArif)

    Ce jeudi 10 octobre marquait la Journée mondiale contre la peine de mort. À ce jour, les deux tiers des pays dans le monde ont aboli la peine capitale, mais 55 pays continuent encore à la pratiquer. En tête des pays qui exécutent le plus figurent en 2018 la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite, le Vietnam et l’Irak. Les chiffres ont beaucoup baissé au Pakistan, mais le système judiciaire continue de prononcer des condamnations à mort, faisant de ce pays un des records en nombre de personnes dans les couloirs de la mort : il n’y a pratiquement pas de procès équitables, pas d’enquête de police approfondie, et la torture y est systématique pour extorquer des aveux. Entretien avec Kamran Arif, avocat et vice-président de la commission des droits de l’homme du Pakistan.

    Le Pakistan avait mis en place un moratoire sur les exécutions entre 2008 et 2014. Le pays avait suspendu toutes les exécutions, mais continuait à prononcer des condamnations à mort. L'attaque terroriste contre une école fin 2014 a sonné le glas de ce moratoire. Entre 2014 et 2019, plus de 1 800 personnes ont été condamnées à mort, et 520 ont été exécutées. Un chiffre gigantesque.

    RFI : En 2015 au Pakistan, il y a eu 333 exécutions, 89 l'année suivante, et depuis on observe une baisse constante, comment expliquez-vous cette tendance ?

    Kamran Arif : Le gouvernement à l'époque voulait montrer sa fermeté, à cause du nombre de morts dans ces attaques terroristes. Donc, il y a eu un pic dans le nombre d'exécutions. Et puis ce nombre s'est réduit graduellement. C'est aussi le résultat des pressions des organisations internationales.

    Ce chiffre est tombé à 14 exécutions en 2018, mais 347 condamnations à mort ont tout de même été prononcées. Il y a encore beaucoup à faire pour lever les barrières dans l'imaginaire des Pakistanais ?

    Nous sommes une société qui passe par des moments difficiles, avec beaucoup d'attaques terroristes, donc tout le monde veut se montrer ferme. Il y a eu tellement de violence, tellement de gens ont été tués, dans des milliers d'attaques terroristes, donc il n'y a pas de sympathie pour la vie de ceux qui les commettent. La sacralité de la vie s'est considérablement réduite.

    Les gens qui sont condamnés à mort sont considérés comme des criminels, même s'ils sont en fait innocents. Et puis il n'y a pas vraiment de débat, on a encore beaucoup de travail à faire. Mais la raison principale pour laquelle ce sera difficile d'abolir la peine capitale, c'est parce qu'elle est inscrite dans l'imaginaire populaire et qu'elle est considérée comme une sanction religieuse.

    Au Pakistan, la loi islamique domine. 32 infractions sont encore passibles de la peine de mort. Cela va du meurtre, au viol, au trafic de drogue, aux relations sexuelles hors mariage ou encore au blasphème. C'est une situation qui a empiré ces dernières années avec des manifestations et des lynchages par la foule ?

    Il y a 10 ou 15 ans, lorsque quelqu'un était accusé de blasphème, au moins ses avocats essayaient de faire sortir la personne de prison sous caution en attendant le procès. Mais aujourd'hui, elles sont très peu à le faire, car au moins lorsqu'elles sont en prison, elles sont en sécurité, même s'il faut les maintenir dans des cellules sous haute protection. Ça devient aujourd'hui très difficile de les défendre même lorsque les allégations de blasphème sont fausses.

    En plus de la corruption au sein de l'appareil judiciaire et policier, le véritable fléau contre lequel vous vous battez Kamran Arif, c'est l'utilisation systématique de la torture, pourtant interdite officiellement ?

    Dans les dossiers des enquêtes de police, on ne trouve pratiquement aucune preuve scientifique collectée. Il n'y a pratiquement pas d'utilisation de la police scientifique sur les scènes de crimes, sur les accusés, pas d'utilisation d'ADN, la police se base sur des déclarations orales. Et le plus facile pour qu'un accusé soit condamné, c'est d'obtenir ses aveux. La torture est très répandue. On ne peut pas avoir un système pénal correct et un procès équitable si la torture est généralisée. Je dirais qu'au Pakistan, la torture est en fait le principal système d'enquête.

    Kamran Arif a participé au dernier rapport avec la FIDH sur les enfants condamnés à mort, beaucoup n'ont jamais bénéficié de tests osseux ou de preuves scientifiques pouvant prouver qu'ils étaient mineurs au moment des faits. Et puis les pauvres et les marginalisés sont aussi les premières victimes du système judiciaire et de façon disproportionnée condamnés à mort dans le pays : ils n'ont pas les moyens de payer un bon avocat, qui peut leur éviter la torture et donc leur éviter de signer des aveux sous la contrainte.


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