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    À la Une: trente ans de débat sur le voile

    Femmes voilées à Paris. AFP PHOTO JOEL ROBINE

    « Trente ans (!) Après l’irruption du débat sur le voile à l’école, quinze ans après la loi sur le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les établissements scolaires, la France en est toujours au même point, constatent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. À se déchirer sur le foulard musulman puisque c’est uniquement de cela qu’il s’agit. »

    Et parfois, des divergences se font sentir au sein d’un même mouvement. C’est le cas de la majorité présidentielle.

    « Parler de laïcité au sein du gouvernement, c’est comme conduire une brouette pleine de grenouilles, relève Le Monde : ça saute dans tous les sens. La journée de dimanche dernier en a offert une nouvelle illustration. Elle s’est focalisée autour d’un serpent de mer du débat public : peut-on accepter, au nom de la laïcité, que des mères de famille voilées accompagnent des enfants dans le cadre de sorties scolaires ? La question, rappelle Le Monde, ressurgissait à la faveur d’un esclandre provoqué, deux jours plus tôt, par un élu du Rassemblement national au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté ; il avait bruyamment demandé à une femme voilée accompagnant des écoliers, dont son fils, de quitter l’hémicycle, avant de publier la vidéo de son coup d’éclat sur les réseaux sociaux. Dimanche midi, donc, poursuit Le Monde, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, s’est indignée contre l’attitude 'choquante' de l’élu. 'Je n’ai pas de difficultés à ce qu’une femme voilée participe à des sorties scolaires, a-t-elle assumé. L’intégration et l’inclusion, c’est faire en sorte que des femmes qui sont peut-être enfermées dans leur communauté soient au contact d’autres femmes'. Une 'position personnelle', a-t-elle précisé. Car, au même moment, pointe le journal, son collègue ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, avait lui aussi une position personnelle à exprimer. Certes, 'la loi n’interdit pas aux femmes voilées d’accompagner les enfants', a-t-il d’abord reconnu. 'Mais nous ne souhaitons pas encourager le phénomène. Le voile, en soi, n’est pas souhaitable dans notre société'. »

    Finalement, hier, « le Premier ministre Edouard Philippe a recadré sa majorité, pointe Libération : 'La France est une République qui a placé la laïcité au cœur de ses valeurs, a-t-il dit. La laïcité est un double principe : la liberté de croire et de ne pas croire, et la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant du fait religieux'. » Bref, commente Libé, « la loi, rien que la loi et pas de nouvelle loi. »

    Acte militant ?

    Toutefois la polémique n’est pas close dans la presse, avec des avis pour le moins tranchés…

    Pour L’Union, « le voile islamique est un marqueur de sécession, le symbole d’un refus des femmes d’être assimilées à la société française. Ce petit bout de tissu est le fanion de l’islam politique, séparatiste et conquérant, imposé par les islamistes. De tout cela, la majorité des Français est consciente. »

    En effet, complète Le Figaro, « le port du voile, de l’abaya et du burkini, qui se propage en France, n’est pas un effet de style vestimentaire ni un signe de respect d’une tradition. Mais un acte militant, politique, prosélyte, destiné à remettre en question notre mode de vie, nos lois, notre société. Ce ne sont pas les artifices d’une mode, mais ceux d’une idéologie - l’islamisme - qui nie les femmes et qui, partout dans le monde où elle domine, piétine les libertés. Tel un 'soft power', elle progresse insidieusement dans notre pays. »

    Et Le Figaro de s’interroger : « pouvons-nous l’accepter encore longtemps, même à l’occasion d’une simple sortie périscolaire ? »

    Confusion ?

    Non, s’exclame L’Humanité, « quoi que l’on pense du fait religieux, des rituels qui y sont attachés, de ses manifestations vestimentaires, nous sommes, avec la question de l’accompagnement des sorties scolaires, dans la confusion et dans l’instrumentalisation détestable, surtout, d’une partie de la population française. Confusion quand on confond voile et foulard, et qu’on les renvoie à l’islamisme radical. Il faudrait désormais, s’insurge le quotidien communiste, que les mères de famille musulmanes soient écartées de toute activité de partage, de rencontre, de découverte avec leurs enfants et ceux de leurs voisins au simple motif qu’elles pensent conforme à leur religion de se couvrir les cheveux ? »

    « Soyons clairs : renchérit Le Parisien, il ne s’agit pas ici d’être pour ou contre l’idée du voile, rarement synonyme de progrès pour les femmes à travers le monde. Mais vouloir à tout prix son interdiction dans l’espace public relève au mieux de la méconnaissance de la loi, au pire d’une vision étriquée de notre société. »

    Attention, prévient pour sa part La Charente Libre, « ces flots de polémiques viennent tous d’une même mer nauséabonde qu’il faut bien finir par nommer : cette vague de haine anti-musulmans de plus en plus puissante à force d’être banalisée va finir par tous nous emporter. Au seul bénéfice de nos prophètes de malheur. »

    Les profs au bout du rouleau…

    Autre sujet ce matin : « quand les profs n’en peuvent plus », une enquête de 6 pages à lire dans Libération.

    « Sentiment d’impuissance, frustration, manque de reconnaissance, absence de soutien de la hiérarchie… Le suicide il y a près d’un mois d’une directrice d’école à Pantin a mis en lumière le malaise au sein des personnels de l’éducation nationale. »

    Libération publie ce matin de nombreux témoignages, dont celui d’Annie, enseignante depuis vingt ans et directrice d’une école élémentaire dans l’académie de Dijon. « Cette rentrée, elle était confiante, c’est sa cinquième année comme directrice. 'Je pensais que ce serait plus facile. Mais non. Le volume de travail augmente encore. On prend sur le temps à la maison, mais ça ne suffit pas, ça ne finit jamais'. Elle était à bout, son médecin l’a arrêtée pour huit jours. Elle continue malgré tout à travailler à distance, soucieuse de ne pas faire peser 'la charge' sur ses collègues. 'Je pensais tenir. Je n’ai pas réussi. La mort de Christine Renon m’a vraiment bouleversée'. Sa voix se trouble. »

    Commentaire de Libération : nous avons « tenté de comprendre les ressorts la souffrance des enseignants. Ils sont divers, anciens, spécifiques à telle fonction ou discipline, liés à tel projet de réforme ou absence de moyens. Mais les mots pour dire ce mal remontent tous peu ou prou à un même sentiment d’absence de considération. Sans revenir aux temps anciens des instits tout puissants des débuts de l’école publique, c’est la place des enseignants dans la société qu’il faut restaurer. C’est leur mission qu’il faut remettre au cœur du discours politique. Une urgence qui dépasse le périmètre strict du ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer. Mais qui commence tout de même là. »

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