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    À Marseille, les mineurs isolés s'entassent au couvent Saint-Just

    Selon le collectif 59 Saint-Just, plus de 320 migrants sont aujourd'hui dans le squat. AFP

    À Marseille, le conseil départemental qui doit gérer la prise en charge des mineurs isolés se dit en manque de moyens pour gérer leur situation. En réponse, des militants de plusieurs associations ont mis en place depuis 10 mois maintenant un squat dans un bâtiment inoccupé du diocèse. Des familles sont également accueillies. 320 personnes au total à ce jour.

    L’ancien couvent Saint-Just à Marseille a repris vie de manière inattendue. Aboubakar, un adolescent originaire de Guinée-Conakry, répète inlassablement sa gratitude pour les bénévoles qui administrent clandestinement le site avec leurs maigres moyens provenant de la solidarité de particuliers ou d’associations.

    Mais aujourd’hui, avec la surpopulation, les conditions de vie sont éprouvantes. Les mineurs s'entassent à huit dans une chambre, les matelas sont envahis par les punaises de lit. Autre symbole des difficultés du quotidien, à la cuisine, une seule gazinière fonctionne encore pour cuire les repas de plus de 300 personnes.

    Cela fait un petit peu moins d’un an que ce bâtiment, appartenant au diocèse est occupé illégalement. A l’initiative de militants associatifs, comme Anne du collectif MIE13 pour les mineurs isolés pour répondre à une situation d’urgence, un bras de fer est engagé entre eux et les services du département notamment, car c’est à la collectivité territoriale qu’incombe la prise en charge des mineurs isolés. Mais selon les solidaires du squat de Saint-Just comme Géraldine, le conseil départemental, situé juste en face se défausse. Et ils comptent le dénoncer en déployant à leur fenêtre une immense banderole.

    Le sort du squat de Saint-Just se joue sur plusieurs terrains judiciaires. Un procès se tient ce jeudi 17 octobre devant le tribunal de grande instance de Marseille où plusieurs mineurs sont assignés pour occupation illégale à Saint-Just. Alors que le Conseil d’État et la justice administrative se contredisent quant à la prise en charge de ces mineurs isolés. Une occupation illégale et précaire peut-elle faire office d’accueil d’urgence reconnue par les pouvoirs publics ? Une question à laquelle l'État va devoir répondre.

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