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    En Géorgie, le projet de port d’Anaklia peine à voir le jour

    Depuis mars, le projet vacille. AFP/Seiran Baroyan

    Les ports sont des infrastructures stratégiques. En Géorgie, le projet de port en eaux profondes d’Anaklia, sur la mer Noire, l’est tout particulièrement. Il se situe à quelques centaines de mètres de la province séparatiste de l’Abkhazie, contrôlée par la Russie. Depuis mars, le projet vacille, le gouvernement s’attaquant aux investisseurs impliqués dans sa construction.

    Le gouvernement géorgien affirme encore soutenir le projet, rejetant la responsabilité sur les investisseurs privés. Cependant, de gros indices montrent sa volonté de le casser. En relançant le projet d’un autre port, quelques dizaines de kilomètres plus au sud, à Poti, le projet d’Anaklia rencontre encore plus de difficultés à trouver les 2 milliards et demi nécessaires à sa construction.

    Cette volte-face du gouvernement peut répondre à des questions de politique intérieure. Le banquier géorgien qui a remporté en 2016 l’appel d’offre pour Anaklia, Mamuka Khazaradzé, a affiché des ambitions politiques l’an passé, affirmant son souhait de déloger du pouvoir l’oligarque Bidzina Ivanichvili, qui règne sur la Géorgie. Peu après, des enquêtes contre Khazaradzé et sa banque TBC étaient lancées pour blanchiment d’argent.

    Cela a déstabilisé le projet d’Anaklia, au point que les partenaires américains de Khazaradzé, le groupe Conti International, s’est retiré du projet en août.

    Une dimension géopolitique

    Manifestement, ce projet s'inscrit dans une dimension géopolotique même si elle est tue généralement. Mais construire un port en eau profonde à deux pas d’une région séparatiste occupée militairement par la Russie ne peut qu'être stratégique. D’autant que la Géorgie, depuis le milieu des années 1990, a une politique étrangère toute orientée vers le rapprochement avec l’Occident. Dans un port en eaux profondes, des navires de l’Otan peuvent y mouiller.

    M. Khazaradzé affirme qu’en 2017 Bidzina Ivanichvili, qui a fait fortune en Russie, lui avait fait part de ses réticences à impliquer des Américains dans ce projet en mer Noire.

    Un projet mort et enterré ?

    Le gouvernement vient d’annoncer cette semaine qu’il donnait jusqu’à la fin de l’année au consortium pour remplir ses obligations. Il lui reproche aussi de ne pas avoir effectué les investissements prévus par l’appel d’offre, ce à quoi le consortium rétorque qu’il n’a pas pu le faire puisque le gouvernement n’a jamais voulu donner de garanties, quant au volume de transit passant par le port notamment.

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