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    La fausse lettre de Paul Kagame aux Camerounais

    L'Infox, visuel d'illustration. FMM

    Il y a des infox qui circulent sur internet, avec les meilleures intentions du monde. Elles n’en sont pas moins nocives. Exemple cette semaine avec ce texte intitulé « Le business de la haine » qui circule massivement sur les réseaux sociaux, et qui est présenté comme une lettre de Paul Kagame, le président du Rwanda, aux Camerounais. Tout indique qu’il s’agit d’un faux, et pourtant, il circule.

    Non, le président Kagame n’est pas l’auteur de cette lettre, comme le prétendent nombre d’internautes qui la tweetent et la partagent sur Facebook ou WhatsApp. Certains sites d’information en ligne l’ont également publiée, les uns, sous un portrait de Paul Kagame, d’autres, en marge d’un cliché datant de 2014, où l’on voit le président du Rwanda serrer la main de son homologue camerounais. L’histoire circule à travers le continent africain, de la Guinée au Cameroun en passant par le Mali et le Sénégal. Mais c’est, à proprement parler, une infox.

    Le ton de la lettre est tout sauf présidentiel. Voici comment elle commence : « Je me suis toujours demandé, en lisant les rapports de guerre communautaires sous d’autres cieux, comment des gens qui vivaient en bonne intelligence, en étaient arrivés à se massacrer comme des animaux  » et de citer ensuite les Bétés et les Dioulas en Côte d’Ivoire, les Tutsis et les Hutus au Rwanda.

    L’argumentaire est une mise en garde à l’attention des Camerounais, qui se termine par ces mots : « Tu ne diras pas que je ne t’avais pas prévenu. En limant ta machette ce matin, relis bien mes paroles, elles sont celles d’un type qui a vu ce qui s’est passé dans son pays. »

    À la première lecture, on imagine difficilement Paul Kagame s’exprimer de cette façon. Et il suffit de quelques clics pour s'en assurer. On s’aperçoit très vite que l’auteur du texte, la signature de la lettre, varie, d’un site à un autre.

    Certains internautes – parce qu’ils approuvent le contenu de la lettre –se mettent à la partager, sans s’interroger sur son authenticité et sur son attribution au président Kagame. C’est ainsi qu’un homme politique camerounais la retwitte en disant « cette lettre est tombée dans mon WhatsApp », sans mentionner le président du Rwanda. L’un des abonnés au site de ce politicien ira ensuite poster la lettre sur Facebook en l’attribuant à ce même politicien.

    On retrouve aussi le texte prétendument signé Kagame sur la page Facebook d’African Heroes. Un site qui met en exergue les grands hommes et femmes du continent, en diffusant leurs discours, leurs hauts faits. Nous leur avons donc posé la question : « Savez-vous d’où provient cette lettre ? » et voici la réponse : «  Malheureusement non ! Nous espérons que c’est authentique car ça passe un message important ! ». L’adhésion déclenche le like ou le partage, sans passer par la nécessaire étape de la vérification, c’est comme cela que se propage la désinformation.

    De quoi s’interroger sur le fond de cette lettre qui prétend dénoncer « le business de la haine »

    Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises infox, le principe même de diffuser un faux est dommageable, quelle que soit l’intention supposée. De surcroît, le texte qui est ainsi relayé se permet des comparaisons douteuses entre Côte d’Ivoire, Rwanda et Cameroun, comme si ces pays étaient interchangeables, tous soumis aux mêmes maux. On remarque que le texte n’apporte aucun élément d’information sur la situation présente au Cameroun, sur la nature des tensions qui travaillent la société et la vie politique camerounaises, on reste totalement dans le flou.

    Pire, s’agissant de la référence au Rwanda, les termes de la lettre suggèrent une responsabilité partagée des Tutsis et des Hutus. Sous couvert d’un discours anti-haine, on met victimes et bourreaux dos à dos, c’est une réécriture de l’histoire imprégnée de négationnisme. C’est donc par nature un texte dangereux, au regard de la mémoire du génocide des Tutsis au Rwanda. C’est un comble d’y apposer la signature de Paul Kagame.

    Peut-on savoir d’où provient ce texte à l’origine ?

    Il faut bien admettre que non. Nous savons ce qu’il n’est pas, mais nous n’avons pas réussi à trouver qui est l’auteur original de ce texte. Tout ce que nous avons pu établir, c’est qu’il s’agit d’une trame recyclée sur internet au gré des circonstances. C’est pour cela que le contenu est évasif concernant le Cameroun. En fait, il suffit de changer le nom du pays, et le texte peut s’adapter à toute sorte de conflits intercommunautaires, au mépris de l’histoire et de la réalité des faits.

    Selon l’un de nos auditeurs, Raphael du club RFI de Doula, une autre version de ce texte circulait déjà il y a deux ans sous la plume d’une personnalité ivoirienne.

    Un grand merci également à cet autre membre du groupe WhatsApp créé spécifiquement pour cette émission, Aman Baptiste d’Abidjan, qui nous a transmis ce texte afin d’en vérifier l’authenticité.

    Alors vous aussi, n’hésitez pas, lorsque vous voyez passer une déclaration, une vidéo qui suscite le doute, à nous en faire part sur WhatsApp quel que soit le sujet.

    Envoyez-nous vos messages au 06 89 07 61 09, si vous nous contactez de France, 336 89 07 61 09 si vous nous joignez de l’étranger.

    Faites nous part de vos doutes, des infox qui circulent dans votre région ou de par le monde. On échange et on en reparle, sur les antennes de RFI tous les vendredi dans « Les dessous de l’infox ».

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