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    Le réveil des rues arabes

    Des manifestants dans les rues de Tripoli la deuxième plus grande ville du Liban le 22 octobre 2019. REUTERS/Omar Ibrahim

    Retour sur le regain de mouvements contestataires dans plusieurs pays arabes – Algérie, Égypte, Irak, Liban. Quelles sont les motivations de ces dizaines de milliers de manifestants dans le monde arabe ?

    Elles sont certes économiques et sociales, mais aussi politiques et démocratiques. Il y avait eu les « printemps arabes » en 2011, et bien on assiste à un nouvel élan contestataire depuis le début de cette année. Que ce soit en Algérie, en Égypte, en Irak ou maintenant au Liban, les manifestants qui essentiellement représentent les nouvelles générations, très nombreuses dans ces pays, les 18-30 ans, descendent dans la rue pour dire d’abord qu’ils veulent mieux vivre.

    La difficulté, ou l’impossibilité d’accéder au marché du travail, les coupures d’eau, d’électricité, les infrastructures vieillissantes, le manque de sécurité, le recours onéreux au système de santé, les passe-droits accordés à quelques happy few, le manque de liberté d’expression, la presse et la justice aux ordres, les militaires tout-puissants et trop riches, des dirigeants souvent corrompus, usés et fatigués.

    Colère sourde et vraies frustrations

    Toute cette accumulation de maux pour la très grande majorité alors qu’une minorité au pouvoir vit dans des conditions matérielles indécentes comparées au niveau de vie général, tout cela a engendré une sourde colère et de vraies frustrations. Et voilà ce qui explose aujourd’hui avec une force incroyable – même si ce ne sont pas les premières contestations dans ces pays.

    ► À lire aussi : Algérie : les arrestations se multiplient, la presse dénonce un durcissement

    Ce qui change aujourd’hui, c’est qu’une jeunesse éduquée, très informée aussi grâce aux réseaux sociaux qui contournent la censure exercée sur les médias traditionnels, cette jeunesse dit tout simplement qu’elle n’en peut plus – qu’elle n’en veut plus. Ces jeunes, hommes et femmes, qui représentent parfois jusqu’à 40 % de la population de ces pays, ont réussi à organiser des rassemblements spontanés et massifs grâce là encore aux réseaux sociaux. Ils ont pris les autorités de leur pays par surprise.

    Ce que demande la jeunesse

    Ils demandent donc de vraies réformes économiques et sociales, une meilleure répartition des richesses, une justice qui fasse son travail et s’en prenne notamment à l’évasion et la fraude fiscale. Mais cela ne leur suffit pas. Ils veulent des actes rapides et non plus des paroles. En fait, ils ne font plus du tout confiance à des dirigeants dont la parole est démonétisée.

    ► À lire aussi : Liban : la rue dénonce toujours la corruption, un ex-Premier ministre poursuivi

    Du coup, la réaction des gouvernements en place, qui n’en mènent pas large ou tentent de réprimer ces manifestants par la force et parfois dans le sang, cette réaction est à côté de la plaque. L’annonce de réformes tombe à plat. Car ce que veulent au fond ces peuples en colère, c’est d’abord le départ de ces leaders déconnectés ou cacochymes, ensuite de vraies élections libres et transparentes, et enfin la mise en place de ces réformes, mais par des équipes renouvelées, élues à la loyale.

    Des pouvoirs en place qui tentent de sauver les meubles

    Un vrai dialogue de sourds. À l’intérieur de ces régimes conspués, certaines forces tentent de prendre le pouvoir ou de sauver les meubles – les militaires en Égypte ou en Algérie, les mouvements chiites du Hezbollah au Liban ou de Moqtada Sadr en Irak. Leur calcul, pas totalement faux, c’est que les foules de manifestants n’ont ni leader ni programme bien défini et que, la nature ayant horreur du vide, il faut gagner du temps, laisser le mouvement s’essouffler et reprendre les choses en main.

    Mais pour l’heure, les peuples assoiffés de liberté, qui veulent être reconnus et respectés, ne s’essoufflent pas. Sans savoir vraiment ce qu’ils mettront à la place, pas des militaires, pas des islamistes en tout cas. Mais qui donc ? C’est aussi tout le problème de ces révoltes qui se veulent apolitiques.

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