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    Dans le détroit d'Ormuz, les assureurs maritimes font monter les enchères

    Des tankers dans le détroit d'Ormuz, le 21 décembre 2018 (photo d'illustration). REUTERS/Hamad I Mohammed

    Le 11 octobre dernier, un tanker iranien a été touché par des missiles au large du port saoudien de Jeddah. En mai et juin dernier, ce sont des bateaux norvégiens, saoudiens et japonais qui avaient été attaqués. Résultat : les contrats d'assurance sont maintenant 30 fois plus chers pour emprunter le détroit d'Ormuz.

    La guerre entre l'Iran et l'Arabie saoudite, jusqu'ici centralisée au Yémen, se déplace en mer. Quand on sait que 30 % du pétrole mondial transite par le Golfe persique, on peut s'attendre à ce que les contrats d'assureurs soient salés.

    Rien qu'à son étagère de bureau vous devinez les passions de Frédéric Denèfle, le transport et la mer. « Encore heureux que je sois passionné »,  nous dit-il, avec son sourire de directeur de GAREX, le groupement des assureurs de guerres maritimes : « Sur ces maquettes vous pouvez voir l'éventail du transport de marchandises, des vraquiers, des gaziers et - c'est une faute pardon - je devrais aussi avoir des maquettes de tankiers pour le pétrole ! Ce sont eux qui ont été attaqués ces derniers mois dans le détroit d'Ormuz et en mer rouge. En six mois, les contrats ont été multipliés parfois par 30 par rapport à leur prix initial, le prix payé lorsqu'il n'y avait pas d'attaques. Il faut savoir qu'un passage dans le détroit d'Ormuz en ce moment peut atteindre 100 000 dollars en frais d'assurance. Couverture matérielle et de l'équipage. »

    Le marin a un droit de retrait, il peut refuser de monter à bord ou toucher une prime

    Qu'il sagisse d'acte de piraterie, d'intimidation, de sabotage ou d'enlèvement, les assureurs définissent trois sortes de risques en mer : dégâts sur le navire, dommages sur l'environnement (marée noire ou pollutions au gaz) et enfin blessures humaines (physiques et psychologiques).

    Nelly Grassin est responsable de la sécurité pour les armateurs de France. Comme tous les responsables de navires marchands, elle apprécie les guides de vigilance publiés par la Fédération internationale des armateurs mais elle mesure aussi la vulnérabilité des navires dans les zones à risque : « Dans le détroit d'Ormuz, la marine nationale nous aide beaucoup avec un hélicoptère et une patrouille qui surveillent la zone tous les jours. Mais c'est vrai que le risque d'attaque pour les bateaux s'est accru ces derniers mois. Pour y faire face nous avons multiplié les gardes et les veilles à la passerelle et nous pouvons également décider de nous éloigner de certaines côtes. Nos équipages sont couverts mais nous n'obligeons à rien. Ils bénéficient d'un droit de retrait et pour certains voyages, ils ont des primes ou une hausse de salaire. »

    Les attaques dans le détroit d'Ormuz et en mer Rouge, des intimidations de guerre

    Le pétrole et son acheminement dans le monde, Pierre Terzian connaît cela par cœur. Fondateur de la revue Petrostratégies, il fait bien la différence entre ces attaques de guerre impliquant plus ou moins officiellement l'Iran et l'Arabie saoudite et les actes de piraterie qui s'en prennent au butin des navires. À Ormuz, Saoudiens et iraniens ont du pétrole, ils n'ont donc pas besoin de le voler aux ennemis ! Là, assure ce spécialiste de géostratégie, il s'agit plutôt d'empêcher l'autre d'avancer : « Les Iraniens l'ont bien fait savoir aux Saoudiens donc... aux Américains : avec vos sanctions économiques, vous nous empêcher de vendre notre pétrole, et bien nous, nous allons faire pareil, vous n'allez pas pouvoir le transporter ! Tout ce qui se passe actuellement dans le Golfe est beaucoup plus politique que les attaques qui ont lieu ailleurs dans le monde comme en Asie par exemple près de l'Indonésie dans le détroit de Malacca. Mais le phénomène des attaques de tankers va diminuer parce que les Iraniens comme les Turcs ont trouvé la parade. Ils se sont lancés dans la course aux oléoducs, le transport de gaz et de pétrole par la terre. Ils choisissent la route, les pays à traverser. »

    Pour les prochaines années, les assureurs commencent à travailler sur ce qu'ils appellent le nationalisme maritime. Avec notamment la Turquie qui va défendre ses extractions et son transport de gaz et toute la zone asiatique où Chinois, Russes et Indiens multiplient les inspections pour sécuriser leur zones d'accès.


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