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    Donald Trump rêve de s'emparer du pétrole syrien

    Des soldats américains ont stationné leurs camions militaires sur le site pétrolier d'al-Omar dans la province de Deir Ezzor, en Syrie le 23 mars 2019. REUTERS/Rodi Said

    Dimanche dernier après avoir annoncé la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi, le chef du groupe État islamique, lors d'un raid de l'armée américaine en Syrie, Donald Trump a dit envisager de confier à ExxonMobil ou l'une des grandes compagnies américaines l'exploitation du pétrole syrien. Un projet jugé totalement irréaliste par les experts.

    Le pétrole a-t-il été l'argument des conseillers de Donald Trump pour faire passer la pilule d'un maintien militaire en Syrie ? C'est ce qu'une source officielle a confié au Washington Post. Mais l'entourage présidentiel ne s'attendait sans doute pas à ce que Donald Trump annonce publiquement : « Ce que j'envisage, c'est une alliance avec ExxonMobil ou l'une de nos grandes compagnies pour nous installer là-bas.... »

    Violation du droit international

    Le projet du président américain est illégal, selon les experts. « C'est surréaliste, estime Jean-Pierre Favennec, professeur à l'IFP School. Les puits de pétrole de Deir Ezzor sont en territoire syrien, il faut donc, quelle que soit l'opinion que l'on a de Bachar el-Assad, l'accord des autorités syriennes. »

    « On ne donne pas des blocs qui appartiennent déjà à d'autres compagnies, renchérit Philippe Sébille-Lopez, du cabinet Géopolia. Shell, Total, et des compagnies américaines plus modestes, comme Marathon Oil et Gulf Oil, ont des contrats qui sont encore actifs sur le papier en Syrie, même s'ils ne produisent plus actuellement. Ce serait une violation du droit international sur lequel les Etats-Unis sont pourtant très à cheval ». Exxon, justement, a obtenu du Venezuela près d'un milliard de dollars de dédommagements pour expropriation.

    Peu d'intérêt d'ExxonMobil

    Pas sûr non plus que les gisements syriens intéressent les « majors » américaines. ExxonMobil n'a d'ailleurs pas réagi. « Dans quel état sont les champs pétroliers, quels investissements sont nécessaires ? On est en plein flou », souligne Jean-Pierre Favennec. La production, à peine 50 000 barils par jour atteignait 500 000 barils par jour avant la guerre mais les deux tiers étaient destinés à la grande raffinerie du pays. « Pas intéressant pour une compagnie comme ExxonMobil qui de plus, souligne Philippe Sébille-Lopez, se recentre sur les pétroles de schistes américains ».

    Le Pentagone vise avant tout l'EI

    Le Pentagone a une vision plus réaliste du contrôle du pétrole syrien. L'armée américaine veut affecter 500 soldats à la surveillance des champs pétroliers. Il s'agit avant tout « d'empêcher que (le groupe) État islamique puisse reprendre le contrôle de certains gisements, (pour l'empêcher) d'accroître ses revenus, (comme dans le passé), et donc, sa capacité de nuisance. Cet objectif est précis et assez réaliste », juge Francis Perrin, directeur de recherche à l'IRIS.

    « Le contrôle des gisements pourra aussi faire l'objet de négociations avec Bachar el-Assad, imagine Philippe Sébille-Lopez, mais ce ne sera pas pour les donner à Exxon ! »


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