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    Législatives générales en Espagne (4e fois): jour J moins 6

    Un ouvrier décharge un carton contenant des bulletins de vote pour les élections législatives anticipées du 28 avril 2019 à Alcala de Henares, près de Madrid, en Espagne (image d'illustration). REUTERS/Juan Medina

    Le 10 novembre prochain, les Espagnols sont appelés à voter pour la quatrième fois en quatre ans pour des législatives générales. Toutes les enquêtes indiquent une certaine fatigue de la population. Elles indiquent aussi une nouvelle victoire des socialistes, mais trop courte pour assurer une gouvernance stable.

    À une semaine de ces législatives générales, que peut-on attendre de ce scrutin ?

    Avant tout, l’espérance d’une stabilité politique. L’Espagne avait toujours été une référence en Europe en la matière, pendant trois décennies, avec un bipartisme ultra-dominant. Mais l’apparition de nouvelles formations, et l’incapacité de bâtir des alliances et des coalitions, font que depuis 2015 le pays connait une très forte instabilité, des gouvernements précaires. A titre d’exemple, un gouvernement est tombé par motion de censure, et, plus embêtant, faute d’appuis nécessaires, les socialistes n’ont toujours pas réussi à faire voter un nouveau budget depuis trois ans !

    Les socialistes, tout le monde les donnent gagnants, comme fin avril, mais seront-ils capables de gouverner d’une manière ou d’un autre ?

    Oui, sauf énorme surprise, le socialiste Pedro Sanchez va encore emporter la mise, peut-être avec environ 120 députés. Mais la majorité absolue est fixée à 176. Donc, il ne lui reste pas beaucoup de possibilités : ou bien lui et le parti de gauche radical Podemos parviennent enfin à un accord de gouvernement (ils en sont à leur troisième échec), ou bien Pedro Sanchez obtient au minimum l’abstention des libéraux de Ciudadanos et des conservateurs du Parti populaire, le grand rival. Selon un récent sondage, 52% des Espagnols pensent qu’il y aura un gouvernement socialiste, minoritaire, précaire, avec de nouvelles élections anticipées l’an prochain. L’optimisme ne règne pas.

    Qu’en est-il de la droite ? A-t-elle des chances de gagner ?

    C’est peu vraisemblable. Les partis de gauche ensemble comptabilisent 159 sièges, la droite 151, disent les sondages. Mais une surprise est fort possible. L’électorat de droite est davantage fidèle et mobilisable, et le conflit en Catalogne apparait déterminant. Les formations de droite veulent la mise sous tutelle de cette région turbulente qui veut l’indépendance. Et tout spécialement le parti populiste d’extrême droite Vox, qui va jusqu’à exiger la proclamation de l’état d’exception en Catalogne, après les récentes violences. Vox est d’ailleurs la formation qui monte le plus en flèche, elle multiplierait le nombre de ses députés par deux et deviendrait la troisième force parlementaire du pays.

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