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    Sam Rainsy, opposant cambodgien: «Remettre le Cambodge sur la voie démocratique»

    Sam Rainsy pose sur une terrasse à Paris, le 19 juillet 2019. REUTERS/Philippe Wojazer

    Après des années d'exil en France, le principal opposant au régime cambodgien fait savoir qu'il entend passer la frontière cambodgienne via la Thaïlande ce samedi 9 novembre, jour de la fête nationale, afin de lancer un mouvement populaire pour faire chuter le pouvoir en place. Il appelle ses partisans à se mobiliser contre le gouvernement autoritaire du Premier ministre Hun Sen, qui a mobilisé l'armée pour bloquer son entrée au Cambodge. Entretien.

    RFI : Vous annoncez votre retour au Cambodge après plusieurs années d'exil en France. Quelle est votre intention ?

    Sam Rainsy : Mon but est de débloquer la situation parce que la situation est complètement bloquée. Le pays s’enfonce dans la pauvreté. Les gens perdent leurs terres. Il y a la déforestation. C’est un des pays les plus corrompus et les plus pauvres du monde. En ce moment, les Chinois achètent tout. Hun Sen laisse un néocolonialisme chinois s’installer au Cambodge et en même temps, cela menace la paix, la stabilité dans la région, parce que le Cambodge est un pays qui est censé être neutre et ne pas s’allier avec la Chine, surtout quand celle-ci mène une politique agressive et expansionniste. Donc il y a beaucoup de problèmes à résoudre. Si on ne fait rien, Hun Sen va continuer de faire la pluie et le beau temps pour le plus grand malheur du peuple cambodgien et pour le plus grand danger du Cambodge.

    Certains partis politiques, dont le vôtre, ont été dissous, l'opposition est réduite au silence, les dissidents sont emprisonnés. Comment pouvez-vous faire entendre votre voix dans ces conditions ?

    Notre parti a été dissous, mais seulement sur le papier, sans quoi il n'y aurait pas une telle panique, une telle fébrilité du gouvernement à s'opposer à notre retour au Cambodge, cette intimidation, ces arrestations, ces emprisonnements. Cela signifie que Hun Sen a peur d'un parti qu'il a dissous, que ce parti ne devrait avoir aucune activité, mais qu'il est bien vivant. Si Hun Sen en a si peur, ce que nous sommes en mesure d'amener le changement démocratique que souhaite le peuple cambodgien.

    Ce que vous entendez faire, c'est provoquer des manifestations de rue pacifiques, ou bien vous estimez qu'il faut tendre vers une insurrection plus radicale ?

    Nous n'avons plus le choix, parce que la voie démocratique, c'était avant, lorsqu'il y avait un parti d'opposition légal, officiel, et des élections. Aujourd'hui, il n'y a plus de mécanismes démocratiques, plus de démocratie, puisqu'il n'y a plus d'opposition. Il ne peut pas y avoir de démocratie sans opposition et, au Cambodge, il ne peut pas y avoir d'opposition sans le Parti du salut national (PSNC) que je représente. On est revenus en arrière, à un système de parti unique, comme sous la Guerre froide. Tout cela est contraire aux accords de Paris qui préconisent pour le Cambodge un régime démocratique, libéral et pluraliste. C'est une situation inacceptable, et la seule voie qui nous reste, c'est de provoquer une pression populaire, comme ça se fait et ça se voit dans de nombreux pays. Sans la pression populaire, ce sera l'immobilisme le plus complet.

    Vous appelez d'ores et déjà vos partisans à descendre dans la rue pour manifester leur soutien à votre cause ?

    Oui, à l'image de ce qui s'est passé aux Philippines en 1986 : le pouvoir au peuple. Cela s'est passé d'une manière non violente, complètement pacifique et très efficace. Pour nous, c'est faisable et désirable.

    Vous ne craignez pas de finir en prison, d'être arrêté et emprisonné dès votre arrivée au Cambodge ?

    Les chefs de l'opposition n'ont pas beaucoup de choix. Le sort qui leur est généralement réservé, c'est trois possibilités : ou bien la mort par assassinat ou bien la prison, ou bien l'exil. J'ai déjà été victime de plusieurs tentatives d'assassinat, et depuis que j'ai fondé mon parti, 80 de nos militants ont été assassinés. J'ai assisté à un grand nombre de funérailles, c'est extrêmement déprimant, mais je pense que lorsqu'on est atteint d'un cancer, il vaut mieux avoir une opération chirurgicale plutôt que de le traiter à l'aspirine pendant des années et des années. Il faut crever l'abcès pour remettre le Cambodge sur la voie démocratique.

    Qu'est-ce que cette « opération chirurgicale » que vous décrivez pourrait entraîner pour vous sur le plan personnel ?

    J'accepte d'en payer le prix, qui peut être la perte de ma liberté et même la perte de ma vie. Mais si on ne tente rien, on n'obtient rien.


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