GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mardi 3 Décembre
Mercredi 4 Décembre
Jeudi 5 Décembre
Vendredi 6 Décembre
Aujourd'hui
Dimanche 8 Décembre
Lundi 9 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.

    À la Une: la glissade du gouvernement dans l’huile de palme

    La production d'huile de palme menace l'existence même des orangs-outans. Getty Images/Afriadi Hikmal

    Dur, dur d’être écolo, quand on prétend l’être, sans l’être vraiment… La preuve, ce cafouillage parlementaire sur l’huile de palme, finalement mise à l’index par les députés français, après avoir initialement été réautorisée. Reprenons.

    Lors d’un vote – le second – sur le sujet, intervenu hier soir à l’Assemblée nationale sur demande du rapporteur général du budget, la majorité des députés ont finalement dit « non » à la réintroduction de l’huile de palme dans les biocarburants produits en France, après avoir dit « oui » à cette réintroduction vingt-quatre heures plus tôt.

    Plus précisément, le vote de jeudi soir devait permettre, à partir du premier janvier prochain, d’utiliser de l’huile de palme jusqu’au 31 décembre 2025, dans la production de biocarburants en France.

    Marche arrière toute, donc, pour le gouvernement, qui a fini par céder à une sorte de fronde d’une bonne partie de sa majorité, hostile à une telle mesure.

    Et ce matin, les journaux français, chacun à sa manière, accommodent leurs titres à l’huile de palme. Celui du Figaro a droit à la Une de ce journal. Lequel, par ce biais, entend souligner le cafouillage dans la majorité provoqué par cette affaire.

    « Un vote pro-huile de palme crée des tensions entre la majorité et l’exécutif », lance donc Le Figaro. Ce quotidien souligne même que ledit vote a eu lieu « en catimini » et qu’il a, selon lui, suscité un « tollé » à l’Assemblée nationale, obligeant à une « marche arrière » un gouvernement qui a « l’art de jeter de l’huile sur le feu », formule-t-il.

    Dans ce quotidien, l’eurodéputé EELV David Cormand bucheronne à qui mieux-mieux : au sujet de l’huile de palme, « que le gouvernement assume une position aussi destructrice, c’est scandaleux ! On se demande s’il y a un pilote dans l’avion…», s’indigne cet élu écologiste. Pire, l’ex-ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot était «  en colère » hier, avant la marche arrière opérée par les députés, déclarant même que « ce type de signal [...] jette un discrédit sur la politique ».

    Les lobbys de l’huile de palme

    De fait, sur ce sujet de l’huile de palme, même pour la presse dite « de gauche », il n’y a pas de doute, ce fut bien un cafouillage. Et ce matin, le journal Libération ironise. À l’Assemblée, le gouvernement « patine dans l’huile de palme », formule ce quotidien, selon lequel le vote initial en faveur de la réintroduction de cette huile à la sinistre réputation avait cueillit les députés par « surprise », l’amendement afférant ayant été voté « sans que personne ne bronche dans l’hémicycle ».

    D’un jour l’autre, d’un vote l’autre, donc, virage à 180 degrés de l’Assemblée nationale, et « marche arrière [...] d’importance », estime Libération, car lors du premier vote, jeudi soir, l’Assemblée venait de « détricoter une avancée environnementale obtenue de haute lutte par les députés il y a tout juste un an », rappelle ce quotidien. Dans le budget 2019, ceux-ci avaient en effet forcé la main du gouvernement pour sortir cette huile, principale cause de déforestation en Indonésie et Malaisie, de la liste des biocarburants bénéficiant d’un allègement fiscal. Une mesure qui devait entrer en vigueur dès le mois de janvier 2020 ».

    Les lobbys ciblés

    Libération lâche le mot ramassant généralement à lui seul ce genre de situation : les lobbys. Lesquels, selon ce quotidien, repassent toujours « par la fenêtre ». Résultat, l’amendement voté jeudi soir visait à réintroduire l’huile de palme jusqu’au 31 décembre 2025 avait été cosigné par huit députés du centre, de la droite et de la macronie, dont quatre qui sont élus du département des Bouches-du-Rhône « où se situe la bioraffinerie Total de la Mède qui carbure depuis l’été 2018 à l’huile de palme », rappelle Libé.

    Dans ce journal, la présidente (LREM) de la commission du développement durable admet du reste que, dans cet épisode parlementaire qui promet de faire tâche – d’huile de palme, s’entend - « les lobbys ont bien joué leur coup ». Barbara Pompili, c’est son nom, admet aussi ce qu’elle appelle un « relâchement de l’attention » pour expliquer le vote de jeudi soir en faveur de l’huile de palme, en remarquant cependant que, dit-elle, « tout a été fait » pour que ledit amendement défendu par les « lobbys » de l’huile de palme « passe inaperçu ». Et Barbara Pompili de confier à Libération que « ce qui a toujours freiné (le chantage à l’emploi, la pression des lobbys) persiste », tout en ajoutant « beaucoup de députés macronistes sont "accablés par ce vote" ».

    Le piège des « gilets jaunes »

    C’est l’anniversaire du mouvement des « gilets jaunes », cette fronde qui a bousculé la France et marqué oh combien la première moitié du quinquennat d’Emmanuel Macron. Un an après, « que reste-t-il des gilets jaunes ? », se demande en Une Le Parisien, à l’occasion de cet anniversaire « sous tension », estime ce quotidien, car ce mouvement appelle aujourd’hui et demain à toute une série d’actions en France.

    Mais au-delà de ce nouvel hiver du mécontentement qui, peut-être, s’annonce, c’est aussi un « piège » que les « gilets jaunes » ont tendu sans y prendre garde au chef de l’État, « le piège du pouvoir d’achat », estime Le Parisien. Car lors de la campagne électorale de la présidentielle, en 2017, Emmanuel Macron avait « fait miroiter » l’augmentation du pouvoir d’achat, comme son prédécesseur, François Hollande, avait, en son temps, fait miroiter l’inversion de la courbe du chômage, « un piège qui l’a empêché de se représenter ». Selon Le Parisien, le « piège » de Macron et « encore plus grand ». Un an après, sur leurs ronds-points, les «  gilets jaunes », de nouveau, montent la garde…

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.