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    Amadou Ba (Sénégal): «Mieux coordonner les initiatives au Sahel»

    Amadou Ba, ministre sénégalais des Affaires Etrangères. sec.gouv.sn

    Le Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique s'est achevé mardi soir, mardi 19 novembre. Pendant deux jours, dirigeants, chercheurs et ONG ont échangé sur la réponse à apporter face au terrorisme, notamment dans le Sahel. La situation sécuritaire se dégrade au Mali et au Burkina Faso. Il a beaucoup été question durant ce forum du renforcement du mandat de la force des Nations unies au Mali. Le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Amadou Ba est notre invité. Il insiste sur une meilleure coordination des initiatives et salue aussi la relation avec la Mauritanie voisine.

    RFI : Nous en sommes à la sixième édition de ce Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. Le constat est là, la situation s’aggrave au Sahel. Comment doit évoluer la réponse ?

    Amadou Ba : La réponse est d’abord militaire. Je pense qu’aujourd’hui il faut que le mandat des forces qui sont en place soit renforcé pour faire évoluer le rapport de force en faveur des États, premièrement, et deuxièmement, je pense, engager et voir sous un autre prisme la question du développement qui est une question importante.

    On a entendu le président Macky Sall, à l’ouverture du Forum, appeler à un mandat plus robuste pour les casques bleus engagés au Mali. Qu’est-ce qui bloque au Conseil de sécurité de l’ONU ?

    Je pense qu’il faut se réjouir d’abord de l’intérêt que la communauté internationale porte au Sahel. Et cela a pour conséquence de démultiplier les initiatives. Il est maintenant temps de s’arrêter un peu, de faire une évaluation et d’essayer de mieux coordonner ces initiatives. L’appel du président Macky Sall, c’est justement que l’on puisse renforcer le mandat des forces en présence. D’ailleurs, il a donné des exemples précis. Nous avons aujourd’hui près de 20 000 hommes qui sont stationnés dans cette zone et qui ne parviennent pas à inverser de manière durable la situation sur le plan militaire. Cela est dû certainement à l’absence de mandat clair, de mandat fort, de mandat précis, qui puisse permettre à ces forces de travailler dans de meilleures conditions pour régler cette question. La coordination s’impose et la coordination devrait commencer. D’abord, il faut que les Nations unies écoutent. Je parle de tous les partenaires, d’ailleurs. Qu’on écoute plus les pays africains qui font face à ces difficultés, qui connaissent très bien la problématique interne. Il y a encore quelques blocages au niveau du Conseil de sécurité. Je pense que les consultations sont en cours.

    Le président Macky Sall a directement interpelé la Russie et la Chine. Pourquoi ces deux membres permanents du Conseil de sécurité bloquent-ils ce renforcement du mandat ?

    Je crois que c’est à titre d’exemple. Je pense que nous connaissons la position de la France, les États-Unis, on le voit, la position évolue. Je pense qu’il appartient aux pays africains de se rapprocher de l’ensemble des pays membres du Conseil de sécurité, pour essayer de mieux faire comprendre la situation qui prévaut à l’intérieur de ces pays, et ensemble, faire converger ces puissances pour une prise de décision devant permettre de renforcer le mandat des Nations unies.

    Le Sénégal va être appelé à intégrer le P3S - Partenariat, stabilité et sécurité au Sahel - donc un nouvel outil. Quel sera précisément son rôle ?

    Le Sénégal continuera de jouer son rôle au niveau de la sous-région, nous sommes très ouverts et très solidaires. Mais le président Macky Sall continuera de demander à ce que toutes ces initiatives que nous saluons puissent être mieux coordonnées, que ces initiatives soient à l’écoute des organisations régionales, comme la Cédéao. Aujourd’hui, avec cette initiative franco-allemande, l’objectif nous le comprenons, c’est d’élargir un peu toutes ces initiatives à l’ensemble des pays de l’Europe. Je pense aussi du côté africain, en tout cas pour ce qui concerne l’Afrique de l’Ouest, la Cédéao, de notre point de vue, devrait jouer un rôle beaucoup plus déterminant en matière de coordination, pour que ces initiatives puissent enfin avoir les résultats qui sont absolument nécessaires dans le contexte actuel. Sinon, on risque de faire face à une situation qui pourrait aller jusqu’à la désintégration de certains pays ou de l’espace même.

    Concrètement, comment cela va se traduire pour le Sénégal ? Est-ce qu’il y aura des militaires, des policiers sénégalais engagés dans ce P3S, en plus de la Minusma ?

    Nous attendons d’avoir un peu les déclinaisons du P3S. Ce que je veux dire, c’est que le Sénégal joue et continuera de jouer un rôle dans la sous-région. Le préalable c’est que l’on ait une déclinaison assez complète et que le P3S ne soit pas un élément additionnel de complication, ce qui ne semble pas en tout cas être le cas pour le moment, mais il va falloir qu’on aille dans le détail.

    Le président de la Mauritanie était ce lundi l’invité d’honneur du Forum. Est-ce que c’est là un signe de normalisation entre vos deux pays ?

    Un signe de normalisation c’est trop dire, parce que les relations sont normales. Il n’y a aucun problème entre le Sénégal et la Mauritanie. Et dans certains domaines, nous montrons d’ailleurs des exemples en matière de gestion de ressources communes. Je pense à l’Eau Invest, qui est une organisation qui permet de gérer l’eau, de partager de l’énergie. Nous avons aussi des relations aujourd’hui en matière de pétrole, nous avons une découverte commune à la frontière et c’est tout à fait normal, tout à fait logique, que le président mauritanien venant d’être élu, qu’il soit l’invité du président Macky Sall, un invité spécial à l’occasion de ce 6e Forum.

    Est-ce que cela augure une nouvelle dynamique entre les deux pays ?

    Oui, une dynamique de renforcement. Dans un contexte d’incertitude, nos chefs d’État se coordonnent pour renforcer tous les jours une relation déjà exemplaire entre nos deux pays.


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