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    Madagascar relance sa filière de miel pour l'export notamment

    De retour de 2 semaines en brousse, sur la côte Est, la « Miellerie mobile » doit être déchargée de ses fûts, remplis de miel de litchi et de miel de Mokarano. 150 apiculteurs ont été mobilisés lors de cette récolte. RFI/Sarah Tetaud

    C’est un projet aussi délicieux qu’innovant qui a vu le jour en 2016 à Madagascar. En 2011, l’Union européenne lève son embargo sur les produits d’origine animale. Suite à cette décision, un entrepreneur belge, sur l’île depuis deux décennies, se met dans la tête de relancer la filière miel du pays, laissée à l’abandon. Trois ans après le début de l’aventure et plus d’un million et demi d’euros investi, la miellerie « Ilanga Nature » collabore avec 1500 agriculteurs-apiculteurs répartis sur toute l’île et a fait du nectar malgache un produit haut de gamme exporté vers les plus grandes tables du monde. Reportage.

    À l’heure où de plus en plus d’études révèlent la présence quasi-systématique de traces de pesticides et métaux lourds dans les miels européens et asiatiques, le miel malgache, aux essences endémiques et 100 % naturelles, pourrait bien conquérir de nouveaux marchés et de nouveaux palais …

    Opération déchargement

    « C’est lourd, ça fait 350 kilos à peu près »

    Didier Andrianasolo, le responsable de la collecte de miel chez Ilanga Nature, revient de deux semaines en brousse du côté de Manakara. A bord du camion extracteur, près de 3500 litres de miel de litchi et de mokarano.

    Extracteur, décanteur, chambre froide, le véhicule tout terrain est un bijou de technologie.

    « L’avantage de la miellerie mobile, c’est de pouvoir aller partout dans Madagascar, même dans les zones les plus enclavées et ça nous permet de contrôler de A à Z toute la partie ' récolte du miel en brousse ' et surtout l’extraction. Nous, dans ce camion, on a des règles très strictes d’hygiène. Tout ça pour éviter de contaminer le miel et aussi de faire augmenter le taux d’humidité du miel. Parce que le taux doit être en dessous obligatoirement de 20% arrivé à la miellerie. Ce sont des normes que l’on doit respecter pour exporter le miel dans l’UE. »

    Et pour faire baisser le taux d’humidité élevé, propre aux miels tropicaux, la société a fait fabriquer des machines à la mécanique unique sur l’île.

    « Le principe, c’est on met le miel à 40° dans le déshumidificateur et on ne va pas dépasser les 45°, nous explique Sitraka Rasolofoarisoa, le responsable de la production. C’est comme la température dans la ruche. Et en faisant tourner les cylindres dans le miel, ça évapore l’eau dans le miel. Puis il y a les déshydrateurs, qui aspirent l’eau du miel et qui condense et évacuent l’eau.

    C’est pour cela que dans la salle, il fait 36 degrés. Ce n’est pas facile. »

    On endure la température pour avoir un bon miel !

    Un bon miel, voire un miel d’exception. Car c’est bien cela, l’ambition que s’est fixée Olivier Laurent, le fondateur de Ilanga Nature à Mada. Depuis 2016, il a complètement restructuré la filière dans le pays.

    « Au départ, les ONG ont financé des ruches pour les agri-apiculteurs. Les apiculteurs produisaient un miel, le conditionnaient en bidon et essayaient de trouver des clients. Mais ils n’avaient pas toujours des clients pour le vendre. Donc le travail des ONG a été fait mais pas de bout en bout. Donc nous on est arrivé et on a continué cette idée. Mais on commercialise. On rachète le produit aux apiculteurs, on leur garantit, on fait un contrat annuel, en leur disant : toute votre production de cette année sera achetée avec un prix déterminé qui tourne aux alentours de 2-3 euros le kilo. C’est un prix plus cher que le marché européen car les miels qui viennent de Chine sont vendus à des gros faiseurs entre 1euro 50 et 3 euros livrés sur port européen. Tandis que nous on arrive en brousse presque au prix du miel asiatique livré en Europe. »

    En 2019, 100 tonnes de miel d’espèces endémiques de Madagascar se seront retrouvées sur les tables européennes, nord-américaines et arabes. Soit le double de l’an dernier. Les défis de 2020 : conquérir le marché de bouche japonais et obtenir le label bio.

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