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    Mohamed El Hacen Ould Lebatt (UA): «L’Afrique doit appartenir aux Africains»

    Mohamed Hacen Ould Lebatt est le conseiller stratégique spécial du président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat. (Capture d'écran) UA/Minusca

    Mohamed El Hacen Ould Lebatt, le conseiller principal stratégique du président de la Commission de l’Union africaine, est une voix qui porte sur le continent africain. Quel regard porte-t-il sur la situation au Sahel ? Qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans la réponse apportée au jihadisme ? L’Union africaine est-elle suffisamment associée à la lutte contre le terrorisme ? RFI a rencontré l’ancien ministre des Affaires étrangères mauritanien à Dakar où il participait en début de semaine au Forum sur la paix et la sécurité en Afrique.

    RFI : La situation au Sahel ne cesse de se dégrader alors que beaucoup d’actions sont entreprises pour tenter d’endiguer la menace jihadiste. Qu’est-ce qui ne fonctionne pas selon vous ?

    Mohamed El Lacen Ould Lebatt : Je pense, ce n’est peut-être qu’un petit début de réponse, que ce qui manque c’est une vraie coordination de l’effort. On ne travaille pas suffisamment ensemble à l’échelle nationale, à l’échelle régionale et à l’échelle internationale. Ça, c’est un premier niveau de blocage. Deuxième facteur, c’est que l’engagement international en faveur des mécanismes nationaux et sous-régionaux de maintien de la paix et de lutte contre les nouvelles violences et contre le terrorisme, cet engagement reste déficitaire. Troisième niveau de blocage, il faut aussi que les populations, les acteurs civils de la société civile, les acteurs politiques, les acteurs traditionnels, les acteurs religieux soient suffisamment informés, galvanisés pour les aider à s’orienter dans une direction de solidarité avec les efforts des États. États et sociétés doivent agir ensemble. États, sociétés et communautés internationales doivent agir ensemble. C’est pourquoi j’ai appelé à la composition d’une structure intégrant tous les forums qui émergent çà et là. Nous, nous avons notre retraite pour la paix et la sécurité qui vient d’avoir lieu à Djibouti. À Paris, il vient de se tenir un autre forum. Ici, il y a ce forum. Tout cela, c’est beaucoup de diversité, c’est beaucoup, je ne dirai pas de désolidarité, mais c’est beaucoup d’atomisation. Il faut regrouper l’ensemble des éléments du puzzle de lutte contre le terrorisme, contre les nouvelles violences. Et puis, il y a la grande réforme. Celle de réformer le système onusien et en particulier le dispositif de maintien de la paix dans le monde. Ça, c’est une nécessité, mais ça dépasse l’Afrique.

    Vous trouvez, au sein de l’Union africaine, que l’ONU ne vous écoute pas assez, ne prend pas assez en compte votre diagnostic de la situation ?

    Non, je ne dis pas ça. Nous avons de très bons rapports, et ce n’est pas une expression diplomatique. Nous avons de très bons rapports à l’échelle du leadership, ce n’est pas ça. C’est que les procédures des Nations unies sont trop lentes. On ne marche pas au même rythme. Évidemment, ça n’exclut pas qu’ici ou là nous ayons quelques différences d’appréciation, de perception. Par exemple, il est clair aujourd’hui, ce n’est un secret pour personne, que nous ne sommes pas d’accord sur l’approche à suivre pour la situation de la crise libyenne. Nous sommes pour une centralité de l’Union africaine, de l’Afrique, dans ce dossier. Et cette centralité nous est contestée. Et vous savez par qui elle nous est contestée.

    Par Ghassan Salamé ?

    Non, non, je ne voudrais pas personnaliser. Ghassan Salamé est une personne particulièrement valeureuse. Non, je ne dis pas ça. Ce n’est pas une question de personne, c’est une question d’institution. C’est que l’approche des Nations unies n’est pas la nôtre.

    Mais vous-même vous avez demandé qu’il y ait un émissaire conjoint des Nations unies et de l’Union africaine pour la Libye…

    Pourquoi vous employez le passé composé ? Nous l’avons demandé, nous le demandons, nous le demanderons encore.

    Ça vous a été refusé ?

    Oui, mais combien de choses nous ont été refusé et nous nous sommes battus et nous avons fini par les obtenir ? On nous a refusé les indépendances dans les années 1950. Nous avons continué à lutter. On a mis en doute notre approche africaine pour la solution de la crise soudanaise. Nous y avons réalisé un succès éclatant et reconnu par tout le monde. Ce n’est pas parce qu’on nous refuse ici ou là la centralité de l’Union africaine dans un dossier que nous allons désarmer et baisser les bras. Il faut savoir qu’en Afrique la volonté est très forte à tous les niveaux pour assurer la centralité de l’Afrique dans le traitement des dossiers africains. Ceux qui s’y opposent finiront je l’espère par comprendre qu’ils sont dans le tort et qu’ils reviendront à la raison. Cette raison ne veut pas dire qu’il faut exclure qui que soit d’autre. Nous avons travaillé avec les Nations unies, avec l’Union européenne, avec les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité sur le Soudan. Ça a très bien marché. Nous l’avons fait en RCA, ça a très bien marché. Nous l’avons fait en RDC, ça a très bien marché. Affirmer la centralité de l’Union africaine dans un dossier africain ne veut pas dire que l’on va travailler en solo, mais il faut reconnaître à César ce qui appartient à César. L’Afrique doit appartenir aux Africains qui doivent travailler leurs dossiers avec leurs amis et partenaires stratégiques.

    Concernant le Sahel, il y a ce partenariat pour la sécurité et la stabilité qui, visiblement, est une initiative franco-allemande, qui associerait à la fois des pays européens et des pays frontaliers au Sahel. Quel regard vous portez là-dessus ? Ce n’est pas une initiative africaine. Est-ce que vous êtes critique ? Est-ce que vous vous dites c’est une strate de plus ?

    Certains me disent 13, d’autres me disent 15, cet après-midi j’ai entendu dire qu’ils sont 17. Permettez-moi de douter de l’efficacité de cette diversité de stratégie qui n’ont de stratégique souvent que le nom. L’Allemagne est un très grand pays, qui a de très bons rapports avec l’Afrique, qui prend des initiatives heureuses, comme la France, comme les États-Unis et évidemment comme la Chine et la Russie, mais vous permettez que j’émette des doutes sur toutes ces stratégies qui ne sont pas suffisamment associatives de l’Afrique et des États africains, et des mécanismes africains.


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