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    Mort de 13 soldats français au Mali: le général François Lecointre invité de RFI

    Le chef d'état-major des armées, le général François Lecointre sur RFI à Paris, le 29 novembre 2019. © RFI

    Le général François Lecointre, chef d'état-major des armées, était ce vendredi 29 novembre, l'invité du matin de RFI. Réagissant à la mort de 13 militaires français de l'opération Barkhane au Mali, il répond aux questions de Frédéric Rivière et Christophe Boisbouvier.

    Général Lecointre : Non, c’est absolument faux. Ce qui est vrai, on l’a dit, et dans l’état actuel des connaissances que l’on a, je ne m’aventurerai certainement pas au-delà, il y a eu collision entre deux hélicoptères, dans une opération de combat, je l’ai dit, sur une autre radio hier, très complexe, qui nécessite dans une opération et dans une ambiance dure de concentration de combat de mesure des risques, une très fine coordination. Et cette coordination qui est rendue complexe par le combat, qui fait partie même du combat, a entrainé cet accident. Mais pour autant, il n’y a pas eu de prise à partie par les jihadistes, qui étaient poursuivis et qui étaient marqués d’une certaine manière au sol. Et il n’y a pas eu donc de retrait d’un appareil face à un tir de jihadistes. L’armée française dit la vérité. Je pense que c’est important de bien le mesurer. Elle dit la vérité, d’abord, parce nous devons la vérité à nos soldats et nous devons la vérité aux familles de nos compagnons d’armes qui sont morts. D’abord, il y a des enquêtes. Il y a des enquêtes techniques, des enquêtes de commandement, des enquêtes qui permettent de tirer des enseignements de ce combat et de cette période, de ce moment d’engagement opérationnel très intense. Ces enquêtes ne sont pas terminées. Les boîtes noires vont être exploitées pour avoir des détails précis de la manière dont nos soldats sont morts. En tout cas, ce dont je peux absolument témoigner aujourd’hui, et je ne m’aventurerai jamais à dire quelque chose qui ne soit pas strictement vrai, c’est qu’il n’y a pas eu de tirs des jihadistes sur noshélicoptères.

    Aucun tir n’a pu faire dévier l’un des deux hélicoptères de sa trajectoire, par exemple ?

    Non, il n’y a pas eu de prise à partie des jihadistes sur nos hélicoptères.

    Il y a une idée qui se répand au Sahel, une rumeur qui va grandissante, c’est que les Français ne sont pas là pour lutter contre le terrorisme, mais pour faire en quelque sorte main basse sur le pétrole, l’uranium et l’or dans le nord du Mali. Qu’est-ce que vous avez envie de dire à ceux qui le croient ?

    D’abord, je vous remercie de poser cette question. Parce que, si j’ai accepté de venir ce matin sur RFI, qui est une radio que j’ai beaucoup écoutée dans tous les pays d’Afrique où j’ai été engagé, c’est parce que je ne supporte plus ces rumeurs, ces allégations et accusations mensongères, qui font un mal absolument terrible et des ravages dans les opinions publiques des pays que nous venons aider. Le chef militaire que je suis, et qui perd des hommes au combat, vous dit qu’évidemment, ce n’est pas le sens de notre action. Les armées françaises sont au Mali pour restaurer une situation dont dépend à la fois notre sécurité, à nous, Français, dont dépend la sécurité et la stabilité de l’Europe, parce que c’est la stabilité de toute l’Afrique sahélienne et de toute l’Afrique de l’Ouest, qui est en jeu aujourd’hui. Et donc, c’est d’abord un impératif de sécurité qui nous fait agir. Et, encore une fois, je le disais à l’instant, un impératif qui me semble être ce qui sous-tend et oriente l’action de la France en permanence dans le monde, un impératif de respect, de la dignité de l’homme et de respect des valeurs que porte la France. C’est le sens de notre engagement. C’est pour cela que je suis devenu militaire, c’est pour cela que nos soldats français sont fiers de porter leurs trois couleurs. Et quand j’entends des accusations comme celles-là, je trouve que c’est parfaitement injurieux, grave et dramatique. Donc je veux dire à tous les auditeurs des pays africains qui nous écoutent que les vraies raisons de nos engagements sont là. Elles sont aussi, peut-être, une dette que nous avons contractée à leur égard le jour où ces Africains sont venus par milliers défendre notre sol en 1914-1918, en 1939-1945. Voilà où est ma dette et voilà où est mon souci. Mais imaginez que nous sommes là pour exploiter des richesses qui justifieraient simplement ou qui permettraient de compenser le coût de nos engagements, le coût humain, mais aussi le coût financier, cela me paraît tellement dérisoire que, je ne peux pas vous dire autre chose que ce que je vous réponds là.

    Ce que vous reproche un certain nombre de Maliens et notamment d’hommes politiques maliens, c’est d’avoir commis, peut-être, une erreur tactique en 2013, au moment du lancement de l’opération Serval. C’est-à-dire d’être entré en connivence avec des groupes armés touaregs pour reconquérir le nord du Mali et ce serait la raison pour laquelle depuis bientôt sept ans, Kidal au nord du Mali échappe à toute autorité de l’État.

    Très honnêtement, la France, quand elle a lancé l’opération Serval, elle n’est entrée en connivence avec personne. Elle a conduit une opération militaire extrêmement audacieuse, vigoureuse, qu’elle a conduite, d’ailleurs seule, avec ses alliés européens qui assuraient une partie importante de la logistique, et des alliés américains par ailleurs. Mais au sol, c’était les soldats français seuls. Il n’y avait aucune connivence. Il y avait une opération avec un raid blindé dans la profondeur. Imaginer qu’il ait pu y avoir la moindre connivence me paraît dérisoire. Par ailleurs, la France a ensuite tout fait pour que soit mis en place l’accord de paix et de réconciliation. Je n’ai pas d’autre chose à dire. Il n’y a pas de connivence avec des groupes armés en particulier.


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    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.