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    J-P Lacroix (ONU): en RDC, «mieux adapter notre réponse aux défis»

    Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l’ONU en charge des opérations de maintien de la paix était en visite en RDC (photo d'illustration juillet 2017). ASHRAF SHAZLY / AFP

    Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations, a achevé ce dimanche 1er décembre sa mission dans l’Est de la RDC. Il s’est rendu à Boikene et à Beni, où une des bases de la Monusco a été incendiée. Il s’est également rendu à Biakato, où un poste de lutte contre Ebola a été attaqué. Le n°2 de l’ONU a également rencontré les autorités civiles et militaires locales après une semaine de violence dans la région. Jean-Pierre Lacroix est notre invité.

    RFI : Pourquoi c’était si important pour vous de vous rendre dans la région de Beni en ce moment ?

    Jean-Pierre Lacroix : C’est important parce que les événements que vous connaissez viennent de se produire, avec des conséquences malheureusement très graves pour la population et aussi pour nos collègues du système des Nations unies. Donc il est important, à la fois de venir pour transmettre ce message de détermination, de solidarité avec tous nos collègues. C’est un message du secrétaire général des Nations unies, qui m’a demandé de le transmettre à tous mes interlocuteurs. Et puis aussi de regarder, encore une fois, quels sont les moyens de mieux travailler ensemble, de mieux adapter notre réponse aux défis. C’est vraiment le sens de cette visite.

    Les États-Unis, via leur envoyé spécial, disent que ce n’est pas possible d’aider la RDC, vu que certains officiers sont toujours en place. Qu’est-ce que vous en pensez ?

    Ce que nous constatons, c’est qu’il y a, de la part du président, qui l’avait dit très clairement au secrétaire général des Nations unies, lorsqu’il s’est rendu en RDC il y a quelques mois, une volonté très claire de travailler avec nous, avec la Monusco. Il y a, au niveau des responsables que j’ai rencontrés, le gouverneur de cette province, le chef d’état-major des FARDC, une volonté très claire de travailler avec nous. S’il y a des problèmes du côté de certaines institutions, il est de la responsabilité des autorités nationales de traiter ces problèmes. Nous, ce que nous voulons, c’est un partenariat qui soit de tous les instants, qui soit solide, qui soit fiable. Et encore une fois, regarder chacun de notre côté ce qui peut être amélioré.

    Cela fait deux mois que les populations du Nord et du Sud-Kivu parlent d’incursion des armées rwandaises et burundaises. La Monusco dit que ce n’est pas son travail de vérifier les allégations de présence des armées étrangères. Est-ce votre avis, aussi ?

    Je crois que, ce qui est certain, c’est qu’une dynamique régionale forte, qui d’ailleurs a été amorcée avec les contacts du président Tshisekedi avec ses homologues de la région, est indispensable pour mieux traiter les problèmes de sécurité de la région. Je pense qu’il faut que cette dynamique se développe. Nous avons un collègue des Nations unies qui est le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la région des Grands Lacs, qui travaille à encourager cette dynamique régionale. Pour ce qui concerne la Monusco, nous travaillons avec les autorités du Congo, nous travaillons avec les FARDC, nous travaillons avec la police. Ce sont nos partenaires. C’est avec eux que nous devons poursuivre ce travail, ce combat, et comme je le dis, renforcer le partenariat.

    Et puis il y a cette interpellation du mouvement citoyen Lucha. « Vingt ans après l’arrivée des casques bleus en RDC, d’abord à travers la Monuc et ensuite la Monusco, la contribution de l’ONU à la réunification et au processus de paix est aussi indéniable que son échec à neutraliser les groupes armés et à assurer la protection des civils ». Qu’en dites-vous ?

    L’histoire du Congo et l’histoire des Nations unies sont inextricablement liées. Je crois que les succès qui ont été rencontrés sont en partie, aussi, les succès des Nations unies. Et les échecs sont certainement aussi, en partie, les échecs des Nations unies. Aujourd’hui, en République démocratique du Congo, chacun est libre d’exprimer son opinion et c’est le propre d’une société démocratique. Lorsque nos collègues et moi-même engageons avec les responsables de la société civile, il y a ce type d’opinion qui est exprimé. Il y a aussi beaucoup d’opinions qui sont exprimées et qui comprennent l’importance de notre partenariat, l’importance de l’engagement des Nations unies. Il y a des demandes et des attentes à notre égard. Nous les entendons, nous les respectons. Nous allons faire le maximum, encore une fois, pour mieux y répondre. Et en même temps, la clé c’est, à a fois ces efforts et le partenariat de tous les instants. À la fin, la responsabilité première c’est celle des autorités de la République démocratique du Congo. Mais encore une fois, ces autorités soulignent l’importance de ce partenariat, reconnaissent que ce partenariat avec la Monusco reste important et donc nous nous sentons un devoir de répondre à cette attente.


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