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    Jean-Paul Delevoye, un «Monsieur Retraites» électron libre au gouvernement

    Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites, le 30 septembre 2019. AFP/Eric Feferberg

    En cette semaine sociale chargée en France, avec la grève entamée jeudi, RFI dresse le portrait du haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye, 72 ans. Figure historique du chiraquisme, il a rejoint très tôt le mouvement En marche ! d’Emmanuel Macron et défend désormais vaille que vaille la réforme contestée des retraites, promesse de campagne du président.

    Entré au gouvernement en septembre dernier, Jean-Paul Delevoye est en première ligne face à la rue qui s’inquiète d’un projet dont les contours n’ont toujours pas été fixés. Preuve que sa méthode de concertation et de consultation des partenaires sociaux et des citoyens qui s’achèvent cette semaine officiellement n’a pas suffi à lever les doutes. Pour faire la pédagogie de la réforme, il a pourtant passé les deux dernières années à rencontrer les syndicats et le patronat, consulter et débattre partout en France, répondant aux internautes sur une plateforme en ligne à propos de ses recommandations pour la réforme rendues publiques en juillet.

    Sur sa méthode, Christian Leroux qui fut son chef de cabinet à plusieurs reprises, au temps où Delevoye était médiateur de la République, puis président du conseil économique social et environnemental - le CESE, mais aussi en 2003 en tant que ministre sous Raffarin. À l’époque, il menait déjà une réforme des retraites, celle des fonctionnaires destinée à les aligner sur le privé :

    « Il a fait une longue concertation avec tous les syndicats et partenaires sociaux de la fonction publique. Mais derrière, il est allé en province pour expliquer inlassablement les intérêts de la réforme et comment la réforme allait se mettre en place. C’est pour cela qu’il a mis en place pendant toutes ces années 2017, 2018, cette discussion permanente sur tous les points en mettant tous les sujets sur la table sans aucun tabou parce qu’il est convaincu qu’il faut tout mettre à plat. »

    Les syndicats appréciaient cette approche au départ

    En effet, car Jean-Paul Delevoye prend le temps de les écouter. Ce géant d’1,92 mètre tout en rondeur est apprécié pour sa bonhommie mais aussi sa connaissance du terrain et des problématiques sociales. Il y a dix ans, il alertait sur le burnout qui guettait la société française. Il a vu monter ce mal en tant que médiateur de la République, mais aussi dans son Pas-de-Calais natal en tant que maire, député et sénateur.

    Sur cette terre de gauche où il a été élu pendant quatre décennies, il appelle même à voter pour le PS contre son propre camp afin d’éviter la percée de l’extrême droite. Cette réforme des retraites, le haut-commissaire la voit comme l’héritière des efforts des gaullistes et des communistes pour fonder un nouveau modèle social au sortir de la deuxième guerre mondiale.

    Mais l’été est passé et le brouillard a recouvert le projet de réforme.

    Plus rien n’est clair et les syndicats - même ceux qui défendent l’idée d’une remise à plat du système comme la CFDT - ne savent plus qu’en penser. La CGT qui n’a jamais soutenu la réforme, est depuis jeudi dans la rue. Serge Mezzasalma y est responsable du dossier des retraites :

    « Il sait enrober les choses mais c’est un peu un bonimenteur. Il est très talentueux dans cette façon de faire. Pour autant, il n’a apporté aucune réponse à plusieurs propositions pour améliorer le système actuel. Il n’en a repris aucune. Il est de toute façon avec une feuille de route qui a été uniquement de faire jouer la montre et d’essayer de faire en sorte de disqualifier le mouvement social. Sauf qu’il est en train d’échouer. »

    Pour éviter l’affrontement dans la rue, déjà occupée par les « gilets jaunes », l’exécutif laisse fuiter des pistes.

    Appliquer la réforme seulement aux nouveaux entrants sur le marché du travail, c’est ce qu’on a appelé la clause du grand-père. « Hors de question ! » dénonce publiquement Jean-Paul Delevoye quitte à laisser paraître au grand jour les fissures dans l’exécutif. Mais c’est plus fort que lui, il faut qu’il dise ce qu’il pense, nous explique le compagnon de route de ce chiraquien historique Christian Leroux :

    « Il est toujours parti d’un principe : ne rien attendre, ne rien demander. D’ailleurs c’est pour cela que Chirac lui disait :"Tu m’emmerdes parce que tu ne me demandes jamais rien". Ce à quoi il répondait : "Oui, mais comme ça je peux tout te dire". Et donc, cette indépendance, il y tient beaucoup, mais à côté de ça, c’est un homme qui veut servir son pays et qui a toujours été un homme de mission. » Au cœur de l’été, alors qu’il est sur le point de remettre ses premières conclusions, les rapports se tendent une première fois avec l’exécutif, il menace de rendre son tablier.

    Le doyen au gouvernement, Jean-Paul Delevoye semble encore avoir la confiance d’Emmanuel Macron qu’il a rejoint dès avant la présidentielle puis aidé à faire élire de nombreux jeunes députés marcheurs en tant que responsable des investitures. La semaine prochaine, il rendra les ultimes conclusions issues de ses concertations avant que le gouvernement ne tranche. Jean-Paul Delevoye aura-t-il à avaler son chapeau ou portera-t-il le projet jusqu’au bout ? En tout cas, d’après ceux qui le connaissent, s’il échoue, ce retraité retourné aux affaires rentrera dans son Pas-de-Calais natal pour s’occuper de ses douze petits-enfants.


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