Rencontre manquée entre le pape et le mufti de Chypre-Nord
Au dernier jour de son voyage à Chypre, le pape Benoît XVI a lancé dimanche 6 juin 2010 un appel pour la paix au Proche-Orient, réclamant un effort international « urgent » afin d'éviter « de plus grandes tragédies ». Avant son départ de Chypre, le pape devait rencontrer le chef de la communauté musulmane du nord occupé de Chypre, Yusuf Suicmez, mais celui-ci est arrivé en retard au rendez-vous.
Avec notre envoyé spécial à Nicosie, Antoine-Marie Izoard
Le pape et le leader musulman du nord de l’île auraient dû se rencontrer en terrain neutre à la Nonciature Apostolique du Vatican sur la ligne verte, contrôlée par l’ONU, qui sépare Gréco-Chypriotes et Turcs.
S’il avait la veille annoncé qu’il souhaitait recevoir la visite du pape de son côté de la zone tampon, Yusuf Suicmez y a repensé au cours de la nuit et s’est présenté au check-point pour rejoindre le Sud. Mais les autorités chypriotes grecques ont bloqué sa voiture. Pendant ce temps, Benoît XVI a quitté Nicosie en direction de Larnaca, d’où il devait ensuite s’envoler pour Rome.
Dans son dernier discours, adoptant un ton plus décidé que ces derniers jours, Benoît XVI a alors particulièrement déploré la partition de Chypre : « J’ai vu de mes yeux la triste division de l’île », a confié le pape. Fatigué par trois journées chargées, par une chaleur accablante, le pape a quitté Chypre en dénonçant la destruction, par les Turcs, de nombreux édifices chrétiens au nord de l’île et en demandant aussi que le sang cesse de couler au Proche-Orient.

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