Dernières infos
Belgique - 
Article publié le : lundi 14 juin 2010 - Dernière modification le : lundi 14 juin 2010

Avenir incertain d'une Belgique, une et indivisible

La Belgique se déchire. Tintin ne sait plus où donner de la tête.
La Belgique se déchire. Tintin ne sait plus où donner de la tête.
H. Maurel/RFI, d'après Hergé

Par Piotr Moszynski

Le parti indépendantiste Nouvelle alliance flamande, la N-VA, devient le premier parti de Flandre. En conséquence, la formation d’un nouveau gouvernement fédéral belge risque d’être longue et compliquée, et l’existence de la Belgique en tant qu’Etat risque, à terme, d’être mise en cause.

Si l’avenir de la Belgique ne dépendait que de la N-VA, le pays deviendrait d’abord un Etat confédéral, avec l’essentiel des pouvoirs transférés du niveau de l’Etat à celui des régions. L’étape suivante serait la disparition pure et simple de la Belgique.

Le temps presse

Cependant, pour l’instant, la Belgique existe toujours et les principales forces politiques doivent trouver une solution pour la faire vivre décemment et tranquillement. Si possible, trouver rapidement, car le temps presse. En effet, se mettre à exercer la présidence tournante de l’Union européenne dans un peu plus de deux semaines sans un nouveau gouvernement stable serait techniquement possible, mais signifierait pour la Belgique une catastrophe en termes d’image.

En outre, une éventuelle instabilité politique prolongée pourrait vite se transformer en instabilité économique. Selon les spécialistes cités par l’agence Reuters, « à court terme, le pays dispose de nombreux atouts pour faire face à la situation, mais les investisseurs pourraient commencer à devenir plus nerveux à partir de septembre si aucun gouvernement n’est en place ». D’autant plus nerveux qu’ils se souviennent encore des élections de 2007, suivies par neuf mois (!) d’attente de la désignation d’un nouveau Premier ministre. Il est très peu probable qu’ils veuillent renouveler l’expérience. Pas plus d’ailleurs que celle des démissions à répétition du même Premier ministre.

La N-VA en première ligne

La N-VA se retrouve donc en première ligne pour gérer la situation en essayant de former un nouveau gouvernement fédéral, ou alors en devenant un pilier de l’opposition. Ceci dit, il paraît difficile d’imaginer le charismatique leader des indépendantistes flamands Bart De Wever se contenter de cette deuxième solution et ne pas tenter de rentabiliser politiquement son succès aux urnes en prenant activement part à une coalition gouvernementale.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le partenaire le plus probable d’une telle coalition semble le Parti socialiste wallon, qui obtient le meilleur score dans la partie majoritairement francophone de la Belgique. Bart De Wever pourrait l’encourager à coopérer en cédant le poste de Premier ministre à son leader, Elio Di Rupo. Celui-ci pourrait ainsi devenir le premier chef du gouvernement belge francophone depuis trente-six ans.

Pourtant, les élections anticipées, conçues comme moyen de résoudre la crise politique, risquent plutôt de l’aggraver. Le succès de la N-VA contribuera sans doute à creuser davantage le fossé entre les Flamands et les Wallons. La formation d’une coalition gouvernementale viable et crédible peut donc s’avérer très difficile.

Trois scénarios

En pratique, trois scénarios semblent désormais envisageables pour la Belgique, dans l’ordre décroissant de probabilité :

─ Compromis entre Flamands et Wallons sur une décentralisation accrue de l’Etat belge, avec des transferts de ses compétences vers les régions et le glissement progressif vers un modèle confédéral.
─ Eclatement sous la pression de radicaux flamands. Difficile à mettre en œuvre, surtout à court terme. En effet, comment diviser la sécurité sociale, le système des retraites, l’armée et la dette belge ? Et si la Belgique se divisait en deux nouveaux Etats, que faudrait-il faire avec Bruxelles qui constitue actuellement une région à part, de surcroît siège des principales institutions de l’Union européenne et de l’Alliance atlantique ? Un troisième nouvel Etat ? Une ville libre ? Un espace extraterritorial ?
─ Rien ne change. Un gouvernement de coalition est formé dans l’ancien cadre institutionnel. Hypothèse peu plausible, dans la mesure où le signal politique envoyé par l’électorat flamand a été trop fort pour pouvoir l’ignorer sans risquer de grosses tensions.

Aux hommes politiques belges maintenant de prouver leur maturité et responsabilité politique en trouvant une solution viable, juste, raisonnable, efficace et durable.

tags: Belgique
Fiche Pays :
Sur le même sujet :

Commentaires (3)

Si l'on est deux, et on ne s'entend pas...

...et on a essayé pendant des années de trouver une entente, sans y arriver, que faire encore? Les francophones disent qu'ils sont les défenseurs de l'unité belge, mais les quelques milliers de francophones qui vivent en territoire flamand, prés de Bruxelles mais en territoire flamand, ne veulent pas s'adapter, veulent avoir des privilèges linguistiques pour toujours, ne veulent pas respecter le monolinguisme de la Flandre; monolinguisme qu'ils défendent à bout portant et sans trêve s'ìl s'agit de la Wallonie. Sans respect pour l'autre, un "mariage" est-il vraiment possible? Et s'ìl n'y a pas de respect réciproque, un mariage a encore un sens? Vous n'êtes que deux, et vous n'arriver pas à vous entendre, et à vous respecter: s'il s'agissait de deux personnes, le conseil serait: séparez-vous!

La Belgique divisée, pas de surprise… Car tout est conséquence…

Voila des gents qui, pendant des décennies, voire des siècles ont passé leur temps à s’entendre pour encourager les autres à se combattre et à s’entre-tuer pendant qu’ils puisaient gratuitement et á loisir dans les ressources naturelles. Les exemples parlent d’eux-mêmes dans les différentes colonies (Rwanda, Burundi, Congo Belge etc…). Aujourd’hui les données ne sont plus les mêmes… A présent que la gratuité se fait rare et une crise économique sans précédent aidant, une moralisation de globalisation á tout égard s’impose, et les Belges trouvant du mal á s’adapter n’arrivent plus á s’entendre pour gérer les maigres ressources locales dont ils disposent en fait. Conséquences immédiates : les uns trouvent que certains sont égoïstes et ceux-ci trouvent aux premiers des fainéants par excellence, mais ensemble ils sont d’accord pour s’acharner sur l’immigration, moteur économique sous d’autres cieux… Que faire quand ça va mal et qu’il n’ya plus moyen de s’entendre pour diviser ailleurs et puiser á loisir ? L’on se limite aux moyens de bord. Mais est-ce vraiment une solution logique, positive et futuriste que de se diviser ? Je ne le pense pas honnêtement, car l’union a toujours fait la force…. Belges, “Arrêtez d’avoir la mémoire courte…Comme par le passé vous-vous entendiez pour diviser les autres et puiser á loisir, entendez-vous désormais pour affronter les nouvelles donnes mondiales. Plus de cadeaux “… Merci !

Belgique indivisible ? !

Je pense que l´Europe dispose assez d´expériences en la matière et pourquoi avoir peur. La Tchéquie est divisée, L’ex Yougoslavie est divisée. Pourquoi arrêter la vague. En plus, la politique européenne depuis des siècles est de diviser une nation. Les expériences de l´Afrique ou ailleurs pratiquée aussi par la Belgique "Unie" et commanditée de l´Europe, la division de l´Union soviétique, ce sont des faits qu´on pourrait être inspirés pour la nouvelle Belgique divisée. En Avant la politique européenne de division. Le temps est maintenant à l´Europe de l´Ouest développée. L´Europe doit goutter aussi le résultat d´une division territoriale, ethnique ( cela existe mais on en parle pas souvent en Europe ). C´est un peu humoristique mais il faut avoir un monde non pas seulement libre mais surtout juste.
A bás la division.

Réagissez à cet article

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
To prevent automated spam submissions leave this field empty.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier que vous n’êtes pas un robot afin de prévenir le spam automatique.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères (sans espaces) indiqués dans l'image.
Fermer