Le retour au Caucase des Tcherkesses du Kosovo - Europe - RFI

 

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Le retour au Caucase des Tcherkesses du Kosovo

media La statue de Lénine domine la vaste esplanade du Soviet suprême de Maykop. L.Geslin/RFI

Au XIXe siècle, des milliers de Tcherkesses, fuyant la conquête russe du Caucase, se sont installés au Kosovo, alors sous autorité ottomane. Pris au piège du conflit serbo-albanais, certains de ces Tcherkesses ont choisi de revenir sur la terre de leurs ancêtres en 1998-1999. Ils vivent aujourd’hui près de Maykop, la capitale de la République autonome des Adyghéens.

 

A n’importe quelle heure du jour et de la nuit, les larges rues de Maykop paraissent vides. Cette petite ville de maisons basses compte à peine plus de 100 000 habitants. En cherchant bien, on peut trouver à Maykop deux hôtels, trois restaurants, un café Internet et, dominant la vaste esplanade du Soviet suprême, une grande statue de Lénine.
 
La République des Adyguéens n’était autrefois qu’une région autonome de Russie. Elle a été érigée au statut de République autonome en 1993. C’est un sujet de la Fédération de Russie, administrativement rattaché au Territoire de Krasnodar. On est ici déjà dans le Caucase, mais pas encore dans la montagne. Depuis Maykop, la steppe immense s’étend vers le nord, des collines fertiles descendent vers le Kouban.
 
Isak Cej L.Geslin/RFI
La majorité de la population est russe, principalement d’origine cosaque. Les Adyguéens, ou Tcherkesses, ne représentent qu’environ 20% des 450 000 habitants de cette petite république. Autrefois, avant la conquête russe, le territoire tcherkesse s’étendait des rives de la mer d’Azov à celle de la mer Noire, mais le colonisateur russe a massacré ou expulsé ce peuple. Des tribus entières ont disparu, et l’immense majorité des Tcherkesses survivants a fui vers les territoires ottomans après la terrible bataille de Krasnaya Poliana, en 1864, qui vit l’extermination de la tribu des Ouybours.
 
Après 1864, les Tcherkesses ont donc pris massivement la route de l’exil, et certains sont arrivés jusque dans les Balkans. « Nos ancêtres ont marché près d’un an, depuis la Bulgarie, en butte à l’hostilité des populations locales, avant de s’installer au Kosovo », raconte Isak Cej. Les Tcherkesses se sont établis dans plusieurs villages de la plaine du Kosovo, entre Mitrovica et Pristina. Au début du XXe siècle, la communauté était forte de plusieurs dizaines de milliers d’âmes.
 
En 1998, pris au piège du conflit serbo-albanais, les Tcherkesses du Kosovo sont revenus sur la terre de leurs ancêtres, en République des Adyghéens. Isak Cej ne veut guère parler des années 1990, et des lourdes pressions qui ont commencé à peser sur le peuple tcherkesse du Kosovo : « chacun nous enjoignait de choisir un camp. Nous étions musulmans comme les Albanais, mais nous avions de très bonnes relations avec nos voisins serbes de Priluzje »… Les Tcherkesses n’ont pas choisi de rallier les « institutions parallèles » mises en place par les Albanais, ce qui leur a valu une dangereuse réputation de « collaborateurs » des autorités serbes.
                                                                                                                 
Binas Cej, un neveu d’Isak, qui habite dans la maison voisine, se souvient du voyage et de l’arrivée à Maykop, le 1er août 1998, quelques jours avant qu’il ne fête son seizième anniversaire. « Nous avons d’abord été hébergé dans un immeuble collectif géré par le Comité pour les rapatriés, dans le centre de Maykop, au 133, rue Lénine. Deux ans plus tard, nous avons pu emménager dans nos nouvelles maisons de l’aoul de Mafekhabl. Toutes ces maisons ont été entièrement financées par le gouvernement adyguéen ». Cet aoul – le village traditionnel du Caucase - situé à quelques kilomètres de Maykop compte aujourd’hui 21 maisons, vastes et bien bâties, disposant toutes d’un grand jardin.
 
Au 133, rue Lénine, quelques familles vivent toujours dans le centre collectif, principalement des personnes âgées, et un petit bureau est supposé répondre à tous les besoins particuliers des rapatriés. Dans la salle d’attente, on peut voir un plan du village de Mafekhabl, tel que les autorités adyguéennes l’avaient imaginé : l’aoul aurait dû compter plusieurs centaines de maisons, disposer d’un centre administratif, d’un centre culturel, d’une école, d’un centre commercial… Le retour n’a concerné que quelques dizaines de familles, et le village est resté bien plus modeste, mais l’effort consenti demeure notable, à l’échelle des moyens de la République des Adyguéens.
 
Binas avait commencé ses études en albanais avant de les poursuivre en serbe. Arrivé à Maykop, il a dû se mettre au russe, le tcherkesse qu’il parle en famille ne lui permettant pas de poursuivre ses études ni de s’intégrer dans son nouvel environnement. « Le plan de retour prévoyait un an de cours de russe pour les nouveaux arrivants, mais j’ai préféré m’inscrire tout de suite à l’école secondaire. Le russe est venu tout seul », explique le jeune homme.
 
Binas a pu s’inscrire à la Faculté de médecine de Krasnodar et poursuivre une spécialisation en chirurgie faciale. Il vient d’être embauché comme chirurgien à l’hôpital de Maykop. Pour lui, la Russie est le pays de tous les possibles. « Au Kosovo ou en Serbie, les étudiants n’ont jamais l’occasion de passer aux travaux pratiques. Ils étudient dix ans dans les livres, sans rien savoir faire. Dès le début de mes études, j’ai commencé à opérer, et j’ai eu les meilleurs professeurs. Certains avaient enseigné à Paris ou aux USA », explique fièrement Binas, en faisant défiler sur son téléphone portable des photos de lourdes opérations de chirurgie faciale.
 
Binas assure que son frère est « très serbophile ». « Quand le musicien serbe Goran Bregovic est venu donner un concert à Krasnodar, tous les jeunes Tcherkesses de Maykop y sont descendus », se souvient-il. « Quelle fête cela a été ! »
 
L’intégration n’a pourtant pas été facile pour tous les Tcherkesses. « Mon père, comme tous les vieux du village, ne comprend toujours pas le russe. Il ne parle que tcherkesse, serbe, albanais ou turc », explique Binas.
 

Isak montre la plaine immense qui s’étend derrière l’aoul de Mafekhabl. « Ici, l’horizon est infini. Le Kosovo est surpeuplé, nous vivions serrés les uns contre les autres. Ici, tout est grand », explique-t-il. « Il y a quelques années, des représentants du ministère de l’Agriculture sont venus admirer mes courges. Il n’en avait jamais vu d’aussi grosses, mais ils ont été surpris par la façon dont je les plantais, en rangs serrés. Au Kosovo, nous sommes habitués à utiliser le moindre centimètre carré de terre, tandis qu’ici, l’espace ne se compte pas. Vivre à l’étroit a aussi marqué nos mentalités, nos enfants verront certainement le monde d’une autre manière »…

Retrouvez toutes les étapes du voyage dans notre dossier spécial

 

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