Dernières infos
Espagne - 
Article publié le : mercredi 16 juin 2010 - Dernière modification le : mercredi 16 juin 2010

Espagne: la descente aux enfers de Zapatero

Le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero durant le vote du plan d'austérité du gouvernement au Parlement, le 27 mai 2010.
Le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero durant le vote du plan d'austérité du gouvernement au Parlement, le 27 mai 2010.
Reuters / Sergio Perez

Par Tudor Tepeneag

Le Conseil des ministres espagnol a adopté, ce mercredi 16 juin, une réforme censée rendre le marché du travail plus flexible. Confronté à la crise économique et soumis à la pression de Bruxelles, du FMI et des marchés boursiers, le Premier ministre socialiste José Luis Zapatero est en grande difficulté. Son gouvernement pourrait même tomber si le texte de loi, adopté aujourd’hui, ne recueille pas la majorité simple au parlement, la semaine prochaine.

L’opposition espagnole de droite  appelle à des élections anticipées. Elle est convaincue que le gouvernement Zapatero ne tiendra pas jusqu’aux législatives prévues au printemps 2012. Après les récentes mesures d’austérité, l’exécutif espagnol a perdu une grande partie de ses alliés traditionnels : les syndicats, les partis de gauche, la presse de centre gauche…  Seulement 33,5% des Espagnols lui font encore confiance, alors que le Parti Populaire, la principale formation de la droite espagnole, bénéficie de près de 46% d’opinions favorables.  

La chute de popularité du Premier ministre socialiste est principalement liée au plan d’austérité adopté à la fin du mois de mai. A une voix près, les députés espagnols avaient voté  la réduction de moitié des chantiers publics, un gel des retraites et une baisse de 5 % des salaires dans la fonction publique. 2,8 millions de fonctionnaires espagnols pourraient perdre ainsi jusqu'à 220 euros par mois.
 
Risques politiques, mouvements sociaux et inquiétudes financières persistantes
 
Malgré les réactions négatives au plan d’austérité, le Premier ministre Zapatero a mis sur la table une réforme du marché du travail, dont la rigidité était critiquée par les milieux d’affaires internationaux. Les négociations avec les syndicats n’ont pas permis de trouver un compromis et l’exécutif a décidé de passer en force. Si le décret-loi adopté aujourd’hui à Madrid n’est pas validé par un vote au parlement, le 22 juin, le gouvernement risque de tomber. S’il survit, il devra affronter une grève générale, convoquée pour le 29 septembre.
 
Attendu vendredi à Madrid, le directeur du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, a essayé de dissiper  les rumeurs sur un plan de sauvetage économique de l’Espagne, similaire à celui mis au point pour la Grèce. Le président de la Banque d’Espagne a insisté à son tour sur la nécessité d’une application rapide des réformes structurelles. Autre signe inquiétant, les banques espagnoles  ont emprunté auprès de la Banque centrale européenne, pendant le mois de mai, un montant record de plus de 85 milliards d’euros. Ce chiffre confirme les difficultés grandissantes des établissements du pays à se financer sur le marché interbancaire.

tags: Crise économique - Espagne
Sur le même sujet :

Commentaires

Réagissez à cet article

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
To prevent automated spam submissions leave this field empty.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier que vous n’êtes pas un robot afin de prévenir le spam automatique.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères (sans espaces) indiqués dans l'image.
Fermer