José Manuel Barroso tacle les Etats européens à propos des Golden Share
« Les Golden Share sont contraires au Traité de Lisbonne ». C’est l’avis du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso qui s’exprimait, vendredi 9 juillet 2010, en marge d’un forum organisé à Estoril dans la banlieue de Lisbonne au Portugal. Les Golden Share, c’est le droit de veto dont disposent les Etats dans certaines entreprises. Et ce droit va contre le principe de libre-circulation dans l'Union européenne pour la Commission. Une prérogative qui tient pourtant à cœur aux gouvernements européens et dont le Portugal avait justement fait usage la semaine dernière.
Le président de la Commission européenne a enfoncé le clou : les actions spécifiques ou Golden Share (action en or) que détiennent les Etats pour verrouiller le capital des entreprises qu'ils jugent d'intérêt national, sont contraires aux traités européens.
L'objectif est de protéger une entreprise contre une OPA hostile ou l'arrivée d'actionnaires dont les ambitions seraient redoutées à terme. Ce droit de veto n'est admissible que dans des situations très exceptionnelles pour des raisons de sécurité nationale, selon José Manuel Barroso.
La cour de justice européenne vient d'ailleurs de condamner le gouvernement portugais qui en avait fait usage pour mettre en échec une décision de la majorité des actionnaires de Portugal Télécom.
Les gouvernements avaient pris l'habitude de mettre en avant ces actions dotées de droits spéciaux pour rassurer leur opinion publique lors de la privatisation de fleurons de leur industrie nationale ou de services publics. C'est d'ailleurs l'attitude qu'avait adoptée le gouvernement français en 2006 au moment de la privatisation peu populaire de Gaz de France.

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