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Article publié le : dimanche 18 juillet 2010 - Dernière modification le : lundi 19 juillet 2010

Ouverture de la 18e conférence mondiale sur le sida

Le Parlement de Vienne orné du ruban rouge, emblème de la lutte contre le sida à l'occasion de la 18e Conférence internationale sur le sida, le 18 juillet 2010
Le Parlement de Vienne orné du ruban rouge, emblème de la lutte contre le sida à l'occasion de la 18e Conférence internationale sur le sida, le 18 juillet 2010
REUTERS/Herwig Prammer

Par RFI

A partir de ce dimanche 18 juillet 2010, plus de 20 000 personnes vont participer à Vienne à la 18e conférence mondiale sur le sida. Cette rencontre organisée tous les deux ans se tient cette année en Autriche. Et la crise économique s’invite dans les débats avec une question : pourrait-elle remettre en cause le financement de la lutte contre le sida ?

Avec notre correspondant à Vienne, Blaise Gauquelin

La communauté scientifique et les organisations de lutte sont unanimes à condamner un grave recul des financements. Les pays riches compressent leurs budgets et cela pourrait fragiliser les progrès accomplis ces dernières années, notamment en Afrique subsaharienne, dans la prise en charge des personnes séropositives.

Il y a 4 ans à l’Onu, tous les pays du monde s’étaient pourtant engagés à offrir un accès universel aux traitements pour les séropositifs. Pour atteindre cet objectif, il faut 25 milliards de dollars pour l’année 2010, or il n’y a pour le moment que 11 milliards seulement dans les caisses et tout le monde se demande qui va faire les frais des coupes budgétaires.

Les Etats-Unis sont notamment pointés du doigt. Barack Obama avait promis de tripler l’aide aux pays pauvres, mais crise oblige depuis son élection, rien n’a été fait.

Progression du sida en Europe de l’Est et en Asie centrale

Cette décision d’organiser cette conférence à Vienne avait fait polémique il y a deux ans parmi les ONG qui voulaient un retour de la conférence en Afrique, puisque c’est toujours la région du monde la plus touchée, malgré les progrès en matière de prévention et de réduction des risques.

La Société internationale du sida a choisi Vienne parce que cette ville est considérée comme la porte de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale. C’est cette région qui est désormais la seule à subir une progression du sida, et c’est dû à une politique répressive de lutte contre la drogue par injection. Les toxicomanes sont considérés comme des délinquants et ils restent largement exclus des programmes de prévention.

Vienne est prosaïquement la ville d’Europe la plus à l’Est où un tel sommet géant puisse-être organisé, elle est très bien reliée par avion à l’Europe de l’Est et à l’Asie centrale. Les infrastructures de Vienne sont exemplaires, tout comme la politique de lutte contre le sida de cette ville. C’est l’une des plus efficaces au monde avec un engagement de la première heure de la municipalité auprès des victimes. Et là c’est important symboliquement, alors que l’épidémie, en 27 ans, a fait plus de 25 millions de morts.

En Russie, le nombre de cas a doublé en 10 ans

Avec notre correspondante à Moscou, Madeleine Leroyer

En Russie, deux tiers des nouvelles contaminations se font entre usagers de drogues injectables. Il y a dans le pays entre un million et demi et trois millions de toxicomanes et dans certaines régions russes, 80% d’entre eux sont infectés par le VIH.

A cela, le gouvernement répond par la répression : prison, amendes… et reste profondément hostile à ce qu’on appelle les programmes de réduction des risques liés à la toxicomanie. C’est tout ce qui concerne l’échange de seringues et l’accès aux traitements de substitution aux opiacés ; la Russie continue à interdire la méthadone.

Pour les ONG russes qui participent à la conférence de Vienne, l’enjeu est clair : infléchir cette politique ultra répressive. C’est d’ailleurs le sens de la déclaration de Vienne, un appel signé par de grands noms de la lutte antisida à travers le monde. Un appel qui reconnaît que la criminalisation des toxicomanes est un échec patent, et qu’il faut introduire massivement ces programmes de réduction des risques. Le travail est immense. A Moscou, capitale de 13 millions d’habitants, il n’existe qu’un seul centre d’échanges de seringues.
 

tags: Autriche - Santé et Médecine - Sida
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