Drame de Duisbourg : municipalité et organisateurs se renvoient la balle
La polémique continue en Allemagne après le bilan meurtrier de la Love Parade samedi 24 juillet 2010, à Duisbourg (ouest). Le bilan s'est alourdi ; on est maintenant à 20 morts et à plus de 500 blessés. Une cérémonie pour les victimes aura lieu samedi dans la ville de Duisbourg en présence de la chancelière allemande, Angela Merkel. Le maire de la ville est au cœur des critiques. Le parquet qui a saisi des documents liés à l'organisation du festival techno a ouvert une enquête pour soupçon d'homicides par négligence.
Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibault
Vingt morts, plus de cinq cents blessés et personne n’est responsable. Le maire de Duisbourg, Adolf Sauerland, affirme aujourd’hui dans une interview « ne pas avoir été au courant des états d’âme de la police ou des pompiers sur les conditions de sécurité en amont de la Love Parade ». Et ce, alors que de plus en plus d’informations en ce sens s’accumulent.
Un quotidien de Cologne ce matin révèle que l‘autorisation n’a été accordée par la municipalité que samedi matin, des critiques ayant été émises lors d’une réunion préparatoire la veille. L’organisateur de la Love Parade, Rainer Schaller, lui, reproche à la police de ne pas avoir limité l’afflux des participants et ainsi indirectement contribué à la catastrophe.
La stratégie des différents acteurs consiste à se rejeter la faute et, refusant de tirer les conséquences issues d’une responsabilité morale, cette stratégie provoque la colère des médias et de l’opinion publique. Le fait que la police de Duisbourg se soit vu retirer le dossier au profit de son homologue de Cologne témoigne bien des soupçons pesant sur l’impartialité des acteurs locaux.

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